Montpellier : la police judiciaire s’attaque à la prostitution

Une nouvelle unité a été créée au sein du Service régional de police judiciaire -SRPJ- de Montpellier : il est spécialement chargé de lutter contre la prostitution. Les policiers de la PJ viennent de frapper pour la première fois depuis l’existence de ce nouveau groupe.

Un Roumain de 28 ans et un Français de 43 ans ont été mis en examen en fin de semaine dernière pour le délit présumé proxénétisme aggravé à l’issue de leur garde à vue, indique Christophe Barret, le procureur de la République de Montpellier, entouré du commissaire divisionnaire Jean-Philippe Fougereau, directeur du SRPJ.

Une information judiciaire a été ouverte pour proxénétisme aggravé, recel de vol et détention de faux documents, ajoute Christophe Barret, révélant que le parquet avait requis et obtenu la détention provisoire pour le Roumain et le placement sous contrôle judiciaire pour son complice présumé.

Julot casse-croûte

L’enquête, confiée au SRPJ de Montpellier a débuté en mai dernier, à la suite de renseignements portant sur des faits de prostitution dans un établissement de nuit de l’agglomération montpelliéraine. Les enquêteurs ont discrètement multiplié planques et filatures, jusqu’aux arrestations. Le Roumain, arrivé en France en 2012, est soupçonné d’avoir gagné des milliers d’euros en prostituant au moins deux femmes roumaines, dont sa compagne. Un julot casse-croûte dans le jargon des flics spécialisés.

Lors d’une perquisition à son domicile, des bijoux et de l’or « d’origine suspecte », ainsi que de faux documents ont été retrouvés, précise le procureur de la République. Le proxénète présumé faisait par ailleurs l’objet d’un mandat d’arrêt européen émis par la Roumanie, pour purger une peine d’emprisonnement de 21 mois pour vol.

Colère avenue de Toulouse

Le quadragénaire français, qui avait une autre activité professionnelle, est pour sa part soupçonné d’avoir été rétribué pour conduire « sur leur lieu de travail » une dizaine de jeunes femmes, qui se prostituaient dans des établissements de nuit ou sur le bord des routes secondaires de l’agglomération de Montpellier.

Après cette première affaire, les policiers du SRPJ vont-ils s’attaquer au réseau structuré des prostituées africaines, mises sur les trottoirs -et les stations de bus !- de l’avenue de Toulouse, à Montpellier ? Les riverains ne décolèrent pas, surtout en saison estivale où ils tentent de trouver le sommeil, les fenêtres ouvertes. Ces résidents, dont certains doivent se lever tôt pour aller travailler dénoncent cette présence nocturne qui génère des troubles récurrents. Ils ont alerté les autorités compétentes et espèrent un coup de filet radical.

À Montpellier, la Sécurité publique possède également une brigade chargée de lutter contre le proxénétisme au sein de la sûreté départementale de l’Hérault.

Christophe Barret, à gauche en compagnie du commissaire divisionnaire Jean-Philippe Fougereau, directeur du SRPJ de Montpellier. Photo JMA. Métropolitain.

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