Matricide de Lunel : la fille de la retraitée en examen et écrouée

palais justice montpellier

INFO MÉTROPOLITAIN. L’institutrice âgée de 40 ans en garde à vue depuis mardi pour le meurtre présumé de sa mère -matricide- une retraitée de 67 ans, étouffée et étranglée dans la nuit du 6 au 7 décembre dernier dans la maison familiale de Lunel, a été déférée au parquet de Montpellier ce jeudi après-midi, après 48 heures de garde à vue dans les locaux de gendarmerie de la section de recherches de Montpellier.

À 20h, on a appris que la quadragénaire a été mise en examen pour homicide volontaire avec la circonstance aggravante qu’il s’agit de sa mère -par ascendant- par le juge d’instruction chargée de la procédure judiciaire ouverte donc au criminel. Le procureur adjoint, Jacques-Philippe Redon a requis le mandat de dépôt. La décision n’était pas encore rendue à 20h15 par le juge de la liberté et de la détention, le JLD.

La quadragénaire a été placée sous mandat de dépôt criminel à 23h45. Elle a été incarcérée à la maison d’arrêt de Nîmes.

>> Le rappel de l’affaire

Rebondissement dans l’enquête sur le meurtre, début décembre dernier, de la retraitée de Lunel, une femme de 67 ans qui avait été retrouvée étouffée, puis étranglée à son domicile de la rue de la cité d’Endrausse : sa fille, une institutrice âgée de 40 ans a été interpellée par les gendarmes mardi et placée en garde à vue dans les locaux de la section de recherches de Montpellier. Depuis sept mois, elle était fortement soupçonnée d’avoir tué sa mère.

Toutes les autres pistes et notamment celle d’un rôdeur avaient été écartées rapidement, après que les gendarmes de la section de recherches de Montpellier et de la compagnie de Lunel aient relevé des indices troublants : d’abord, dans la nuit du mercredi 6 au jeudi 7 décembre, des voisins de la maison de la septuagénaire qui vivait avec sa fille avaient entendu des éclats de voix, puis des cris synonymes d’une violente dispute, ce qu’ils avaient aussitôt révélé aux enquêteurs quand ils avaient appris la macabre découverte.

Ensuite, aucune trace d’effraction n’avait été relevée et les gendarmes ont acquis que la sexagénaire, méfiante, n’avait ouvert sa porte à personne. Enfin, le comportement de sa fille, institutrice dans une école à la Grande-Motte, mère d’un enfant en garde alternée avec le père -le couple vit séparé- était rapidement devenu suspect. Depuis le meurtre, la quadragénaire était discrètement surveillée.

Disputes fréquentes

Les investigations menées sur commission rogatoire d’un juge d’instruction du tribunal de grande instance depuis l’ouverture d’une information judiciaire ont établi que la mère et sa fille se disputaient régulièrement, notamment à cause de la vie privée de la quadragénaire qualifiée de dissolue. Sa mère n’acceptaient pas certaines relations et fréquentations régulières entretenues par sa fille. Et il existait entre elles un contentieux d’ordre financier.

La maison qui était placée sous scellés judiciaires depuis les faits a été perquisitionnée en présence de la suspecte. Selon nos informations, elle nie les faits. Sa garde à vue s’achève aujourd’hui. Les détails que la victime ait été étouffée sans doute avec un oreiller, puis étranglée pourraient indiquer que l’auteur (e) présumé (e) ait agi au terme d’une énième et dernière violente dispute.

Des profilers de la gendarmerie

Le juge d’instruction et les gendarmes de la section de recherches ont fait appel à des profilers de la Gendarmerie nationale basés à Paris pour cerner le comportement de la suspecte, avant son placement en garde à vue. Ces profilers ont longuement et minutieusement étudié les procès-verbaux de la procédure criminelle pour s’imprégner de l’homicide volontaire, avant de s’intéresser à celle qui est soupçonnée d’avoir tué sa mère.

Depuis 2003, une demi-douzaine de gendarmes, spécialistes du comportement, apportent leur précieux concours à la résolution d’enquêtes. Ils sont basés à l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale -IRCGN- installé dans l’enceinte du fort de Rosny-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. Ils travaillent au « département des sciences du comportement » -DSC-, rattaché au pôle judiciaire national de la gendarmerie. Une aide très précieuse pour les enquêteurs.

Sa fille a donné l’alerte…

Lors de la macabre découverte le 7 décembre dernier, la sexagénaire était décédée depuis plusieurs heures, la veille au soir ou dans la nuit, rue de la cité d’Endrausse, dans le lotissement du même nom. Ils étaient intervenus à la demande de sa fille, hébergée dans ce logement. Elle était absente semble t-il, quand sa mère a été sauvagement tuée. C’est du moins ce qu’elle avait déclaré. Détail curieux : la porte d’entrée était verrouillée. Aucune trace d’effraction n’a été, en effet relevée.

Les techniciens de la cellule d’identification criminelle du groupement de gendarmerie de l’Hérault avaient gelé la scène de crime durant de longues heures pour prélever des indices scientifiques, très utiles à l’orientation de l’enquête vers une piste exploitée par la section de recherches de Montpellier et la brigade de recherches de la compagnie de Lunel.

Simulacre de fouille ?

La retraitée présentant des plaies à la tête gisait sans vie dans l’appartement, qui aurait été sommairement fouillé. Il pourrait s’agir, en réalité d’un simulacre pour faire croire à un meurtre commis par un rôdeur. Les gendarmes du groupe homicide de la section de recherches de Montpellier, en charge des investigations ne croient pas à un crime de rôdeur.

L’hypothèse d’un crime commis par une personne que connaissait la sexagénaire, peut-être même un familier, dont elle ne pouvait pas se méfier a été rapidement privilégiée. L’autopsie qui a conclu à un décès provoqué par un étouffement -à l’aide d’un oreiller appuyé sur le visage ?- et d’une strangulation conforte cette thèse d’un acte perpétré par un ou une personne très proche…Reste le mobile. Une violente dispute entre le meurtrier et la victime n’est pas exclue.

Le mystère du crime de la retraitée de Lunel devrait être levé dans les heures qui viennent.

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