Feux de forêt dans l’Hérault : 183 communes classées en risque

Dans l’Hérault, 183 communes sont classées en risque feux de forêt et 17 plans de prévention de risque incendie et forêts, le PPRIF ont été approuvés, selon la préfecture, deux statistiques communiquées ce lundi matin, lors du lancement officiel du dispositif de prévention et de lutte contre les feux de forêt à la tour de guet de la Gardiole qui culmine dans ce massif boisé entre Fabrègues et Mireval.

Le préfet de l’Hérault, Pierre Pouëssel, son directeur de cabinet, Mahamadou Diarra, le président du Département de l’Hérault et du conseil d’administration du Sdis 34, Kléber Mesquida, le colonel Éric Florès, directeur du Sdis 34, honoraient de leur présence cette cérémonie, qui a vu quelques « soldats du feu » être médaillés de la Sécurité intérieure.

Jusqu’à début ou mi-septembre sont opérationnels : les détachements d’interventions préventifs -DIP- composés de quatre camions-citernes feux de forêt et d’un véhicule de liaison tout terrain -18 hommes/femmes- appartenant à des centres de secours -71 dans le département avec 130 véhicules de lutte contre les feux de forêt-, les forestiers-sapeurs, les vigies, via 19 tours de guet, la cellule aérienne départementale dotée de trois bombardiers d’eau légers, les Air Tractor qui larguent des produits retardants, l’hélicoptère de commandement du Sdis 34 qui peut lâcher de l’eau sur des feux naissants, le poste de commandement spécialement dédié à la gestion des feux -activé au centre départemental des appels d’urgence, le CDAU à Vailhauquès, à l’ouest de Montpellier et tous les moyens associés -les bénévoles des 37 comités départementaux feux de forêts, CCFF, l’ONF, l’ONCFS, les gardes champêtres de la police rurale, la police nationale et municipale, la gendarmerie et Météo France. Coût du dispositif estival : 2,5 M€.

50 véhicules par jour sur le terrain

« Il n’y a pas que les sapeurs-pompiers sur le front des feux de forêt l’été dans l’Hérault, il y a tous les autres partenaires au quotidien, ce qui constitue un maillage fort et performant, a dit le colonel Éric Florès, directeur du Sdis 34, Surveiller la forêt pour détecter les feux naissants et les étouffer dans l’oeuf, éviter les imprudences et intervenir rapidement,une attaque massive dès qu’un front de flammes se propage dangereusement, tels sont les objectifs prioritaires. Ce sont chaque jour 50 véhicules qui assurent la surveillance et l’attaque des incendies naissants, le cas échéant. En cas de gros feu ou de plusieurs feux, le nombre de personnel peut grimper de 500 à 700″.

694 hectares en 2017

Le préfet de l’Hérault a rappelé que l’été dernier, 135 feux ont calciné 694 hectares de végétation, avec des feux urbains et péri-urbains qui ont menacé le quartier de la Valsière, à Grabels, aux portes nord de Montpellier et une vaste zone boisée ayant brûlé entre Villeveyrac et Saint-Pons-de-Mauchiens, autour de l’abbaye de Valmagne : « On va essayer de faire mieux cette année », a déclaré Pierre Pouëssel.

Au niveau national, en 2017, quelque 24’500 hectares de broussailles, pinèdes, chênes-verts, landes, garrigue ont été la proie des flammes, contre 16’100 en 2016. En 2013, seulement 3 230 hectares avaient été rayés de la carte.

Canadair, Tracker et Dash

La base de la Sécurité civile, désormais implantée à Garons, entre Nîmes et Saint-Gilles-du Gard est armée chaque été pour venir appuyer les sapeurs-pompiers confrontés à des feux importants : 12 Canadair, 9 Tracker et 2 Dash sont ainsi disponibles, ainsi que 3 BeechCraft B200 qui assurent une double mission, de liaison et de reconnaissance, à travers la coordination en vol des opérations aériennes.

Les premiers largages des bombardiers d’eau nationaux ont eu lieu il y a une dizaine de jours pour stopper un feu de végétation à Aramon, dans le Gard. Ils ne sont pas encore intervenus dans l’Hérault.

Recherche des causes

Selon le directeur du Sdis de l’Hérault, « 90% des causes des incendies de végétation sont désormais connues grâce aux moyens techniques et scientifiques. On sait ainsi que l’été dernier, près de 50% des causes étaient malveillantes ». On doit ces données aux investigations de la cellule technique pluridisciplinaire de recherche des causes, la CTRC 34- composée d’un gendarme, d’un forestier -ONF ou direction départementale des territoires et de la mer- et d’un sapeur-pompier.

Créée en 2009, cette cellule est réquisitionnée par les procureurs de la République de Montpellier et de Béziers ou peut intervenir sur initiative propre sur les départs de feux de végétation, tout au long de l’année. Après un incendie, ces experts installent un périmètre de sécurité autour du lieu d’où les flammes sont parties et isolent tous les indices, jusqu’à un infime mégot. Depuis cinq ans, ce dispositif est complété par un chien de la gendarmerie spécialisé dans la détection de produits accélérateurs à la mise à feu, notamment les hydrocarbures.

Cette cellule technique constitue un précieux outil aux enquêteurs de police et de gendarmerie qui traquent les inconscients -barbecue allumé en plein bois, par exemple- et les pyromanes.

>> Pratique : en cas d’incendie avéré, composez le 18 ou le 112, en donnant l’adresse exacte et l’importance du sinistre.

>> Notre vidéo et notre reportage

Anthony MONTARDY.
Anthony MONTARDY.
Le colonel Éric Flores, directeur du Sdis 34 – Anthony MONTARDY.
Anthony MONTARDY.
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Anthony MONTARDY.
Photo Antony MONTARDY
Démonstration : un départ de feu isolé par les techniciens de la cellule de recherche des causes. Photo JMA. Métropolitain.

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