Akram Khan va enflammer Montpellier Danse

Une grande figure de la danse internationale, Akram Khan, est programmé cette année au festival Montpellier Danse. C’est la cinquième fois que l’un des chouchou du public montpelliérain revienr sur les planches locales. Et comme à chacun de ses passages, le danseur anglais d’origine indienne et spécialiste du kathak réalise un carton plein.

Le Corum affiche complet pour ses deux représentations de Xenos, son dernier solo. « Dernier solo, cela ne signifie pas que je ne danserai plus, mais cela veut dire que mon corps ne peut plus assumer un solo pendant plus d’une heure », s’amusait le danseur qui va se consacrer à la chorégraphie en conférence de presse mardi : « On pourra me revoir danser à Montpellier, je l’espère. J’aime beaucoup venir dans cette ville et participer à ce grand festival ».

Première au Corum

Cette année, pour la première, Akram Khan dansera sur les planches du Corum. Son décor, énorme, ne rentre pas sur la scène de l’opéra Comédie, sa scène préférée. Donc, direction le Corum pour installer un décor gigantesque transporté par deux semi-remorques, sans ublier les 5 musiciens qui accompagnent le danseur, pour donner Xenos, l’un des moments phare du festival. D’autant plus fort que la « charge émotionnelle » évoquée par le danseur est profonde : « Xenos, c’est l’étranger. Cette pièce rend hommage aux soldats anglais étrangers engagés dans la 1ère guerre mondiale, et oubliés… J’ai écrit cette pièce comme une réflexion sur la destinée, et sur ce qui fait de nous des êtres humains. C’est une pièce sur la guerre, sur la condition humaine. La danse, c’est le mouvement, et le mouvement, c’est la rébellion, c’est la vie ».

Akram Khan et Clare Hart, élue montpelliéraine et traductrice du danseur

Se souvenir et refuser la xénophobie

Guidé par ses origines bangladeshi, Akram Khan illustre donc sa vision du monde à travers le destin des cipayes, ces paysans-guerriers issus du Nord et du Nord-Ouest de l’Inde enrôlés de force dans les armées de l’Empire britannique pour combattre en Europe : « Sur scène, ils deviennent les symboles de tous ceux qui n’ont pu retourner au pays », précise le danseur qui porte un message de deuil, d’espoir et de rédemption : « L’Humanité traverse une période difficile marquée, même en Angleterre, par le retour de la Xénophobie. Le Brexit en est une illustration, rien d’autre. Xenos est un message d’espoir pour rappeler que nous devons préparer l’avenir. J’ai deux jeunes enfants : je ne veux pas qu’ils grandissent dans un monde xénophobe ».

>> Pratique : Xenos, ce mercredi à 20h, au Corum à Montpellier

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