Pompier mort au feu : l’ex-directeur du Sdis 34 en garde à vue

Après la vingtaine de gardes à vue de sapeurs-pompiers professionnels et volontaires de tous les grades, officiers compris, placés en gardé à vue en deux vagues, ces derniers jours dans l’instruction sur la mort au feu de Jérémy Beier en août 2016 à Gabian-Roquessels, lors d’un feu de forêt, les gendarmes de la section de recherches de Montpellier ont convoqué ce mardi matin Christophe Risdorfer.

Aujourd’hui contrôleur général à la direction générale de la Sécurité civile, à Paris, il est entendu parce qu’à l’époque du drame, il était directeur du Sdis de l’Hérault. Il a été placé en garde à vue jusque tard mardi soir, avant de quitter la caserne de gendarmerie, libre.

Vingt-deux mois après la mort au feu du caporal Jérémy Beier, 24 ans, sapeur-pompier professionnel au Sdis 34, lors du violent feu de forêt entre Gabian et Roquessels, une vingtaine de pompiers professionnels et volontaires, dont des officiers ont été placés en garde à vue récemment à la caserne de gendarmerie Lepic, à Montpellier.

Des gardes à vue supervisées pr le juge d’instruction en charge de l’information judiciaire pour homicide involontaire, blessures involontaires contre X et qui vise à établir un éventuel délit pénal. En clair, y a t-il eu des dysfonctionnements graves ce 10 août 2016, quand le groupe d’intervention feux de forêt -GIFF- a été engagé sur une crête, où se propageait une barrière de flammes attisé par un vent fort ? Et les engins CCF à bord desquels se trouvaient Jérémy Beier et trois autres « soldats du feu » étaient-ils équipés des équipements d’auto-protection ?

« Gardes à vue éprouvantes »

« Il y a des gardes à vue pour que chacun d’eux puissent s’expliquer sur son rôle exact… afin de comprendre comment cela a pu arriver et à partir de là déterminer les éventuelles responsabilités de chacun », avait déclaré Yvon Calvet. Le procureur de la République de Béziers a ouvert une information judiciaire au cabinet d’un juge d’instruction qui a été désigné par une ordonnance du président du tribunal de grande instance -TGI- de Béziers, lequel juge d’instruction a confié les investigations aux gendarmes, afin de procéder aux recherches qui permettront la manifestation de la vérité tant attendue à la fois pour les familles, mais aussi pour les personnels du service départemental d’incendie et de secours de l’Hérault durement éprouvés dans ce tragique et douloureux accident. « L’épreuve de la garde à vue a été longue et éprouvante pour les agents interrogés, qui ont mis à disposition de la justice les éléments nécessaires pour l’avancement de l’enquête. Compte tenu de la sensibilité de ce dossier tant pour les familles que pour les personnels concernés par l’enquête et pour le bon déroulement de celle-ci, il est demandé de ne pas véhiculer de fausses rumeurs ou informations », avait indiqué le Sdis 34 dans un communiqué.

Des suites judiciaires ?

Le juge d’instruction de Béziers conserve un crédit de 30h de garde à vue pour tous les sapeurs-pompiers entendus, au cas où l’instruction serait amenée à se développer après l’analyse et le croisement des déclarations faites hier et à la suite des nouvelles gardes à vue prévues. Une source proche de l’enquête avait indiqué à la mi-juin que l’ex-directeur du Sdis 34, Christophe Risdorfer serait entendu en dernier, avant que toutes les auditions soient analysées par le juge d’instruction.

Selon nos informations, des suites judiciaires pourraient être données par le juge d’instruction dans les prochaines semaines après certaines déclarations. Des pompiers devraient être convoqués dans son cabinet du palais de justice de Béziers.

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