Interview : Abracadabrantesque Barbara Pastre !

Barbara Pastre, la cheville ouvrière qui s’agite pour La Montpellier Reine depuis 10 ans, revient à grandes foulées, fin juin, avec le festival Abracadabra dédié aux enfants et aux parents. Un événement « 100% digital detox » organisé en pleine nature, pour replonger dans les jeux de notre enfance. Un projet qui, comme les précédents, est chargé de sens pour cette touche-à-tout militante.

La cheffe d’entreprise multi-tâche, qui édite également le magazine Nine, a fait de la transmission, une des vertus cardinales de son engagement. Pétroleuse au cœur tendre et meneuse de troupe charismatique, la Parisienne s’est créée en dix ans une seconde famille dans le Sud. Rencontre avec l’abracadabrantesque Barbara Pastre !

>> Abracadabra, est-il une suite logique à ce que vous proposez, depuis plus de quatre ans, avec le magazine Nine, conçu pour et par les enfants ?

On va retrouver les ingrédients qui composent la recette du magazine, comme proposer des ateliers manuels, développer le goût des plus jeunes pour l’art, ou encore les intéresser aux enjeux environnementaux, au « bien-manger », etc. Tout cela de la manière la plus ludique possible.

Mais l’idée de ce festival je l’ai eu bien avant Nine. Ça fait maintenant six ans que je l’ai en tête. J’ai attendu de trouver l’endroit idéal, je voulais un lieu en lien avec la nature.

 >> Chose faite avec le domaine de Biar, une folie montpelliéraine nichée dans un écrin de verdure…

Oui, on a eu la chance de trouver l’écrin rêvé pour organiser un week-end 100% digital detox ! Les enfants vont pouvoir courir dans la nature, tricoter ou jouer de la musique sous les arbres, ils vont apprendre à faire des cabanes, il y aura également des chasses au trésor, et même une boom en plein air.

 >> Ça a tout l’odeur d’une madeleine de Proust…

Oui dans le sens, où je veux transmettre avec ce festival le plaisir de jouer ensemble, et là je parle « enfants/parents ». Quand j’étais petite, tous les dimanches on jouait aux jeux de société par exemple, et je trouve que la notion de jeu est très importante. En plus de créer un moment de partage dans l’amusement, on apprend aussi aux enfants les règles de vie. Quand je parlais de digital detox, c’est cela, et c’est l’objectif principal de cet événement. Aujourd’hui, on voit des enfants de dix-huit mois avec des tablettes dans les mains. Pour moi, un enfant il doit regarder la nature, découvrir ce qui l’entoure, échanger avec son environnement, mais surtout, ne pas être focalisé sur un écran.

L’autre objectif, et qui est lié au premier, part du constat qu’un parent sur deux culpabilise de ne pas passer assez de temps avec ses enfants. Durant Abracadabra, toutes les activités seront proposées pour que les adultes et les petits s’amusent ensemble. Et des moments comme ceux-là, il me semble qu’il est important de se les offrir.

 >> Vous parliez des activités, que va-t-on retrouver ?

On a 5 hectares de verdure à notre disposition donc on va pouvoir proposer une multitude d’ateliers. On aura 35 espaces différents, avec notamment des activités manuelles, du « do it yourself », des jeux en bois, des classes de yoga, de danse, d’apprentissage musical, des parcours de ninja, un coin littérature avec des auteurs en dédicaces, des parcours sportifs, mais aussi des stands de prévention sur le bien manger, les risques domestiques, le recyclage, etc. Mon but n’est pas de faire la morale, mais si en venant à Abracadabra on en ressort en ayant appris des choses, tout en ayant rigolé, alors j’aurais atteint mon objectif.

>> Comme pour La Montpellier Reine, où vous avez réussi à créer un événement festif et familial autour d’une cause très sérieuse ?

Pour La Montpellier Reine, l’envie était d’offrir un moment à part aux enfants qui avaient perdu leur maman. Qu’ils puissent courir avec d’autres enfants, qu’ils se sentent soutenus, je voulais qu’ils ne se retrouvent pas isoler. Tant mieux si cela s’est fait de manière joyeuse. Ce qui me plaît, c’est l’idée de partage. Les enfants, c’est notre « suite » et j’ai envie de leur transmettre des choses.

>> Comment était la nine Barbara ?

Très timide, complexée, trop émotive. Et un peu isolée au niveau de ma famille… J’ai sûrement des choses à réparer, ça doit être ça ! (rires). Mais malgré ça, j’ai toujours été très entourée par des amis. L’amitié c’est quelque chose de primordiale pour moi. Je suis très fidèle dans mes relations, y compris dans mes relations professionnelles. Ça m’aide énormément pour bâtir de tels projets d’événements.

 >> Et avec vos équipes vous êtes plutôt du genre « management matriarcal » ?

Oui, il m’arrive d’avoir ce type de management et d’appeler mes stagiaires « mes filles » (rires). Ce que j’aime, encore une fois, c’est la transmission. Cela vient d’une rencontre avec un homme extraordinaire, André Fournet. Avant de venir m’installer à Montpellier, je travaillais à Paris pour Bercy-Expo et j’ai eu la chance de tout apprendre sur l’événementiel à ses côtés. Il pratiquait un management très patriarcal et bienveillant. Cette dimension humaine dans le travail, c’est très très important dans ma société.

 >> Justement, revenons à votre société Vu d’en Face. Vous travaillez toujours sur une multitude de projets, en plus de Nine, Abracadabra, et La Montpellier Reine ?

J’ai gardé notre activité liée aux salons professionnels, notamment mon agence d’hôtesses car ça fait bosser des étudiantes et des étudiants, et je connais cela, de payer ses études soi-même. Nous organisons aussi des conventions d’entreprises, des colloques médicaux, des séminaires, ainsi que des évènements privés tels que des mariages et des anniversaires. On fait aussi du mécénat d’artistes, pour aider des jeunes à se faire connaître, comme dernièrement avec Clémentine Rosset qui a pu exposer au salon Élan d’Art. Je le fais comme je peux, en m’investissant bénévolement.

 >> Et le bénévolat va loin. Si l’on parle de Nine, vous avez sorti un numéro sans aucune pub ! Vous donnez raison à vos stagiaires qui vous ont surnommée « Mère Teresa »…

Oui, mais c’est un magazine qui est attendu par les enfants. Quand je le distribue dans les Maisons pour tous, et que vous les voyez se jeter dessus, ça fait quelque chose. Et on reçoit de plus en plus de lettres d’enfants qui veulent écrire dans Nine. L’objectif avec ce magazine c’était de donner goût à la lecture et à l’écriture. Pour ce qui est de la publicité, mon objectif n’est pas d’en avoir le plus possible. J’essaie juste que le magazine soit rentabilisé. Ce que j’aimerais, c’est développer plus de partenariats comme ceux que l’on a avec Adrea Mutuelle et l’UFSBD qui sponsorisent des rubriques.

 >> Malgré cette hyperactivité, vous passez quand même du temps avec les vôtres, d’enfants ?

J’ai une règle d’or : à 17h, j’arrête tout et je suis avec mes trois filles. Cela n’empêche pas de retravailler le soir. Préserver une vie de famille, c’est primordial dans mes choix.

>> Propos recueillis par Arnaud Boularand / Photo : Mario Sinistaj / Vidéo : Arnaud Boularand

>>> Festival Abracadabra, ce samedi 23 et ce dimanche 24 juin au domaine de Biar à Lavérune, à dix kilomètres au sud-ouest de Montpellier. Toute la programmation

Interview parue dans Métropolitain n°1906

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