Montpellier, capitale du logiciel libre avec l’Adullact

Pendant deux jours, jeudi 13 et vendredi 14 juin, l’hôtel de la métropole de Montpellier accueille le congrès de l’association française du logiciel libre. Près d’une centaine de collectivités sont attendues du côté d’Antigone. L’enjeu pour celles-ci : gagner en performance, avec des outils adaptés à leurs besoins, et économiser de l’argent public, grâce au principe de gratuité du logiciel libre.

Ce jeudi matin, et jusqu’à vendredi soir, Montpellier accueille le 7ème congrès de l’Adullact. Cette structure, en l’occurrence une association nationale, est unique en Europe : créée en 2002 à l’initiative d’élus de collectivités territoriales, son rôle est de promouvoir la création et l’utilisation de logiciels libres pour les administrations des collectivités… En une quinzaine d’années, l’Adullact a permis la création de dizaines de logiciels libres, régulièrement enrichis de nouvelles fonctionnalités et « désormais utilisés dans 15 000 collectivités et administrations en France », annonce Pascal Kuczynski, le délégué général de l’Adullact dont le siège social est à… Montpellier !

Garder la main

L’association, qui compte une dizaine de permanents, agit comme un organisateur : « Il y a un peu plus de 15 ans maintenant, les collectivités ont refusé de céder au monopole d’une poignée d’éditeurs de logiciels. Elles ne voulaient pas se retrouver en situation de dépendance vis-à-vis de grands groupes internationaux pour faire fonctionner leur administration. D’où cette volonté de développer le logiciel libre pour garder la main sur leurs outils informatiques », raconte le délégué général de l’Adullact qui se rappelle d’une des premières initiatives : « En 2004, la ville d’Arles a connu un gros problème. Des orages intenses ont provoqué des coulées de boue qui ont ravagé des cimetières. Impossible pour la ville de remettre de l’ordre dans tout cela car l’outil informatique ne le permettait pas. La Ville a donc décidé de développer un logiciel spécifique de gestion des cimetières, et l’Adullact a accompagne la ville dans ce projet ».

Des logiciels qui évoluent

Arles a mis au point son logiciel et cette nouvelle solution, selon la philosophie du logiciel libre, a ensuite été proposée gratuitement aux autres collectivités qui s’en sont emparées et, à leur tour, au fil des ans, l’ont fait évoluer. « Aujourd’hui, ce logiciel de gestion, baptisé Open Cimetières, est utilisé par des centaines de collectivités en France », confirme Pascal Kuczynski : « L’intérêt du logiciel libre est double : les collectivités perfectionnent régulièrement leurs outils et réalisent des économies considérables ». Pour profiter des logiciels libres, en effet, il suffit d’adhérer à l’association, et les cotisations s’échelonnent de 100 € (pour les plus petites collectivités) à 6000 € pour les plus grosses (les Régions).

Les représentants d’une centaine de collectivités françaises sont attendue pendant les deux jours du congrès de l’Adullact à Montpellier.

Economiser l’argent public

« Ces coûts sont très très vite amortis », précise le délégué général qui annonce plus de 300 adhérents pour l’Adullact, soit, au final, plus de 15 000 collectivités concernées. Le responsable évoque également un système virtueux : « Dans tout le pays, pour tous les projets développés par les collectivités, l’association jouerle rôle de coordinateur et d’organisateur pour, notamment, les groupes de travail qui planchent sur le développement des nouvelles solutions logicielles ». Au final, le deal permet à la force publique de sortir gagnante : avec des outils performants adaptés à leurs besoins, et gratuits.

Montpellier, place forte nationale

Pascal Kuczynski rappelle aussi que Montpellier est une place forte du logiciel libre : « Dès les années 2000, l’agglomération dirigée par Georges Frêche s’est lancée dans la divulgation du logiciel libre. Comme Montpellier était en pointe dans ce domaine, l’association nationale Adullact s’est installée ici où nous organisons notre congrès tous les deux ans ». Les liens qui unissent l’association et la collectivité dans la philosophie du logiciel sont forts : le 7ème congrès de l’Adullact se tient dans les murs de l’hôtel de la métropole, où, durant deux jours, les représentants d’une centaine de collectivités françaises sont attendus.

L’anecdote : l’Adullact plus fort que la Caisse des Dépôts
Une partie de l’administration montpelliéraine, Ville et Métropole, est donc aujourd’hui gérée par des logiciels libres. Comme la dématérialisation pour le contrôle de la légalité des documents, une initiative de l’Etat prise en 2006 : « A l’époque, les collectivités envoyaient des agents à la préfecture avec les documents pour les faires contrôler », raconte Pascal Kuczynski : « Ce n’était pas très pratique et les collectivités ont réclamé un outil informatique pour cela. L’Etat a confié cette mission à la Caisse des Dépôts qui a créé le logiciel « Fast », payant pour les collectivités. Nous, à l’Adullact, nous avons travaillé avec des collectivités selon le principe du logiciel libre que nous avons appelé « Slow » (rires). Notre logiciel a dépassé celui de la Caisse des Dépôts ».

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