Bébé torturé et tué à Lunel : le couple a refait ses terribles gestes

L’affaire avait provoqué une très forte émotion à l’époque, à Lunel certes, mais également en France : le meurtre après des tortures du petit Kenzo âgé de 20 mois dans la chambre d’un hôtel de Lunel, en février 2017. Ce jeudi, le juge d’instruction a organisé la reconstitution, dans cet hôtel de l’avenue du Vidourle, en bordure de la RD 613. Le couple qui est mis en examen et qui est en prison depuis les faits a refait ses terribles gestes, en présence d’un magistrat du parquet de Montpellier, des gendarmes du groupement de l’Hérault, dont les techniciens et scientifiques de la cellule de l’identification criminelle et les avocats.

La présence de ces acteurs judiciaires n’est pas passée inaperçue ce jeudi matin. Riverains et automobilistes qui ont emprunté l’avenue du Vidourle à Lunel pendant plusieurs heures ont remarqué la présence de nombreux véhicules de gendarmerie, devant et dans l’hôtel. Un Héraultais de 33 ans et sa compagne de l’époque, mère biologique du bébé, âgée de 21 ans ont été invités à refaire les scènes de violences, jusqu’à la torture mortelle, infligées au petit Kenzo. Le couple s’était acharné sur l’enfant, des sévices qui ont duré quatre mois.

Lui est mis en examen pour meurtre sur mineur de 15 ans par personne ayant autorité –il est le compagnon de la mère- avec tortures et actes de barbarie, violences volontaires habituelles sur mineur de 15 ans, elle, une Gardoise pour complicité de violences volontaires habituelles sur mineur de 15 ans par ascendant, complicité de tortures et d’actes de barbarie, non assistance à mineur en péril, non-dénonciation de crime sur un mineur de 15 ans.

Pendant 4 mois, l’enfant était devenu le souffre-douleur du compagnon de la mère, passive sur les violences récurrentes. Jusqu’à l’effrayante mise à mort dans cette chambre d’hôtel.

Brûlures et morsures

En février 2017, le procureur adjoint du parquet de Montpellier, Jacques-Philippe Redon et le général Jean-Philippe Lecouffe à l’époque commandant en second de la région de gendarmerie d’Occitanie et commandant le groupement de gendarmerie de l’Hérault avaient évoqué cette « mise à mort » : Kenzo a vécu un véritable calvaire depuis que le couple s’était rencontré, en octobre 2016. Il était martyrisé avec des humiliations et des coups récurrents, souvent violents portés à la tête, aux bras et aux jambes, dans des hôtels bon marché, où le couple s’installait souvent, ou à bord de la voiture, lorsqu’il passait des journées et des nuits en errance.

L’autopsie du corps de l’enfant attestait que le bébé a été brûlé, avec un briquet, selon la mère qui a été plus coopératrice en garde à vue que son concubin, qui nie les faits présumés qu’on lui reproche.

Kenzo présentait également des marques évidentes de morsures, attribuées par la mère à son compagnon, déjà connu dans le passé par les gendarmes de la compagnie de Lunel pour des violences volontaires, mais beaucoup moins graves.

Effrayant huis clos

Le procureur Redon et le général Lecouffe avaient évoqué « un effrayant huis clos, tant dans les chambres d’hôtels, qu’à bord de la voiture du couple durant ces quatre derniers mois, avec des coups qui pleuvaient sur l’enfant ». Le couple avait amené Kenzo dans leur famille respective, dans le Gard Rhodanien pour la mère, dans un village proche de Lunel pour le compagnon, des parents qui s’étaient interrogées sur les blessures. À ces parents, comme aux amis qui s’étonnaient de ces traces de coups visibles sur le bébé, le couple donnait toujours la même explication : Kenzo était turbulent et chutait régulièrement.

« Le fait que l’enfant se trouvait avec sa mère et son concubin sur les routes de la région, sans point de chute stable et qu’il n’était donc pas scolarisé a fait qu’il n’avait pas pu être suivi, notamment par du personnel d’une crèche ou médical », avait souligné le procureur Redon.

Hémorragie foudroyante fatale

Le calvaire a sans doute paru une éternité au nourrisson, jusqu’à la terrible issue mardi, en cette journée de la Saint-Valentin. Une véritable « mise à mort », puisque de l’aveu de la mère aux gendarmes de la section de recherches de Montpellier, son compagnon avait tenu des propos accréditant l’intention de tuer, lorsqu’il s’est littéralement acharné sur Kenzo, en fin d’après-midi. Le procureur Redon avait confirmé que la volonté homicide présumée du concubin était retenue.

Le bébé a succombé des suites d’une hémorragie foudroyante causée par de violents et répétés coups sur le thorax, sur l’abdomen et au ventre portés par le trentenaire. Affolé en constatant que Kenzo était inanimé, le couple avait appelé les sapeurs-pompiers. Trop tard, la mort avait fait son oeuvre.

La mère s’auto-mutile

Avant l’arrivée des pompiers et du médecin du Smur-Samu de Lunel, le compagnon avait obligé la mère de Kenzo à s’auto-mutiler dans la chambre d’hôtel, pour inventer une version accidentelle du décès : le couple serait allé promener sur les bords du Vidourle dans l’après-midi, avec le nourrisson qui aurait fait une lourde chute sur les berges, tandis que la mère aurait été victime d’une agression par un inconnu, qui avait pris la fuite…

C’est la maman de l’enfant qui a fini par expliquer aux enquêteurs l’origine de légères blessures sur son corps : une agression inventée pour masquer le meurtre du bébé. Le médecin légiste appelé sur place pour constater le décès de Kenzo avait d’ailleurs indiqué aux gendarmes, que les blessures relevées sur la mère n’étaient qu’un simulacre.

Jugés devant la cour d’assises

Le jeune couple ne travaillait pas. La mère de Kenzo et son concubin perçoivent le RSA. À l’époque, les investigations avaient attesté que le meurtrier présumé du bébé n’était ni alcoolisé, ni sous l’effet de stupéfiants, lors de l’effrayant huis clos dans cet hôtel de Lunel.

Ce jeudi, les deux tortionnaires de ce petit bout de chou, victime innocente de la folie d’une mère, passive devant les agissements de son compagnon ont participé à la reconstitution, une des ultimes étapes de l’instruction avant que le juge ne prenne son ordonnance de renvoi devant la cour d’assises de l’Hérault. Ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Le procès devrait être fixé l’année prochaine.

Le père biologique du bébé avait fait une confiance aveugle au couple, quand il lui racontait que Kenzo était un bébé turbulent.

4 Comments

  1. Il faut qu. Ils souffrent autant que ce petit bout . C est honteux affreux.et honte à ceux qui ont eu des doutes et n on rien fait. La peine de mort à ces gens là il faut la retablir

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