Pompier mort au feu : des gardes à vue « éprouvantes »

Vingt-deux mois après la mort au feu du caporal Jérémy Beier, 24 ans, sapeur-pompier professionnel au Sdis 34, lors du violent feu de forêt entre Gabian et Roquessels, onze pompiers professionnels et volontaires, dont des officiers ont été placés en garde à vue, mardi matin, à la caserne Lepic, à Montpellier et entendus jusque tard, hier soir, par les gendarmes de la section de recherches de Montpellier.

Des gardes à vue supervisées pr le juge d’instruction en charge de l’information judiciaire pour homicide involontaire, blessures involontaires contre X et qui vise à établir un éventuel délit pénal. En clair, y a t-il eu des dysfonctionnements graves ce 10 août 2016, quand le groupe d’intervention feux de forêt -GIFF- a été engagé sur une crête, où se propageait une barrière de flammes attisé par un vent fort ? Et les engins CCF à bord desquels se trouvaient Jérémy Beier et trois autres « soldats du feu » étaient-ils équipés des équipements d’auto-protection ?

Ce mercredi matin, le Sdis 34 diffuse un communiqué : « Les auditions de 11 des 12 sapeurs-pompiers qui ont été convoqués hier matin par les autorités judiciaires dans les locaux de la section de recherche de la gendarmerie de Montpellier sont terminées. Comme l’a indiqué Yvon Calvet, le procureur de la République de Béziers, un des sapeurs-pompiers convoqué a pu obtenir un report de son audition pour des contraintes personnelles. Les sapeurs-pompiers ont donc répondu point par point aux différentes questions des enquêteurs durant plusieurs heures en apportant des éléments de réponse précis. À l’issue des différentes auditions et au vue des éléments fournis aux enquêteurs, il n’y a pas de présentation à un juge d’instruction et par conséquent pas de mise en examen. De source judiciaire, d’autres sapeurs-pompiers seront entendus prochainement sous le même régime de garde à vue. « Ils sont juste entendus. Il y a des gardes à vue pour que chacun d’eux puissent s’expliquer sur son rôle exact… afin de comprendre comment cela a pu arriver et à partir de là déterminer les éventuelles responsabilités de chacun », a déclaré Yvon Calvet. Il a ouvert une information judiciaire au cabinet d’un juge d’instruction qui a été désigné par une ordonnance du président du tribunal de grande instance -TGI- de Béziers, lequel juge d’instruction a confié les investigations aux gendarmes, afin de procéder aux recherches qui permettront la manifestation de la vérité tant attendue à la fois pour les familles, mais aussi pour les personnels du service départemental d’incendie et de secours de l’Hérault durement éprouvés dans ce tragique et douloureux accident. L’épreuve de la garde à vue a été longue et éprouvante pour les 11 agents interrogés, qui ont mis à disposition de la justice les éléments nécessaires pour l’avancement de l’enquête. Compte tenu de la sensibilité de ce dossier tant pour les familles que pour les personnels concernés par l’enquête et pour le bon déroulement de celle-ci, il est demandé de ne pas véhiculer de fausses rumeurs ou informations ».

Le juge d’instruction de Béziers conserve un crédit de 30h de garde à vue pour les onze pompiers, au cas où l’instruction serait amenée à se développer après l’analyse et le croisement des déclarations faites hier et à la suite des nouvelles gardes à vue prévues. Les autres pompiers du Sdis 34 devraient être convoqués la semaine prochaine dans les locaux de la section de recherches de Montpellier.

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