Montpellier : quelle police de sécurité du quotidien…au quotidien ?

Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb avait choisi Montpellier, on s’en souvient, pour lancer la police de sécurité du quotidien, la fameuses PSQ, énième projet d’une police de proximité. Date butoir pour le lancement au niveau national, le 1er septembre. Depuis, des réunions ont lieu, notamment à Montpellier.

« Nous travaillons dans la discrétion, mais nous avançons, c’est incontestable. Il s’agit d’adapter cette PSQ à la réalité du terrain. Il faut savoir que la délinquance, celle qui empoisonne le quotidien des Héraultais et notamment à Montpellier, comme les vols de voitures, les dégradations des véhicules, les vols de vélos, les vols avec violences, notamment l’arrachage de bijoux en or n’est pas du tout la même qu’à Lyon, Strasbourg, Lille ou encore Rennes. L’étude qui est menée va permettre de cibler les secteurs où il conviendra de renforcer des patrouilles de la police nationale, l’Écusson, bien sûr et d’autres quartiers, comme les faubourgs. Nous nous y attelons », assure t-on à l’état-major de la direction départementale de la Sécurité publique de l’Hérault, la DDSP 34.

Syndicats chez le préfet

Une mobilisation technique dans les murs de l’hôtel de police, dans les services du contrôleur général Jean-Michel Porez, directeur de la DDSP 34, supervisée par le préfet de l’Hérault. Justement, lundi, Pierre Pouëssel, le préfet, a reçu les organisations syndicales pour évoquer les avancées de la PSQ.

« La parité syndicale a été conviée en préfecture à une réunion d’information visant à présenter les déclinaisons de la police de sécurité du quotidien sur notre territoire. À cette occasion, le directeur départemental de la Sécurité publique de l’Hérault, devant le préfet, a présenté son projet de reconquête républicaine, véritable récitation de la doctrine nationale. En préambule, le patron de la police héraultaise n’a pu faire l’économie du bilan des années passées », relève le syndicat Unité SGP Police-FO.

« Constat d’échec »

Le délégué régional, Bruno Bartoccetti, « constate que c’est un cruel constat d’échec. S’il est nécessaire, aujourd’hui, de reconquérir les quartiers, voire la ville, c’est qu’ils ont été abandonnés ». Et d’ajouter : « Au-delà des annonces politico­complaisantes précisant les contours du concept de la PSQ, notamment la mise en place de partenariats avec les élus, la gendarmerie, la police municipale, les sécurités privées, les associations, les bailleurs sociaux, le préfet et le DDSP ont été incapables de nous garantir l’arrivée des 21 fonctionnaires supplémentaires, pourtant promis par le ministre de l’Intérieur le 22 février dernier. Bien que la sécurité reste une mission régalienne, on constate les efforts consentis et la nouvelle volonté de mettre en scène tous les acteurs de la sécurité. On considère juste qu’il est dommage que la parité syndicale n’ait pas été associée aux études et aux réflexions préalables à la mise en place de cette PSQ, ce qui aurait sûrement permis une déclinaison plus concrète de la sécurité des Montpelliérains ».

Retraites et mutations

Unité SGP Police-FO s’interroge : « Plusieurs questions restent en suspend : nous dirigeons ­nous bien vers 21 effectifs supplémentaires, ou ce renfort est­-il voué également à pallier les départs prévus d’ici septembre, via des mutations et des retraites, au sein de la septième ville de France ? Les missions de nos collègues vont­-elles être redéfinies ? Et, encore une fois, la réussite du projet ne repose ­t­-elle pas uniquement sur l’engagement et la conscience professionnelle de nos collègues ? On espère que cette nouvelle doctrine sécuritaire ne se matérialise pas qu’au travers d’un énième saupoudrage des services de police existants ».

Les syndicats de police de l’Hérault, notamment Unité SGO Police-FO et Alliance Police Nationale estiment qu’il manque cent policiers de la Sécurité publique pour réaliser les missions. Ultime réaction de Bruno Bartoccetti : « J’espère que la police de sécurité du quotidien ne se fera pas exclusivement, et une nouvelle fois, au détriment du quotidien des policiers de l’Hérault ».

Le directeur de la DDSP 34 et le préfet de l’Hérault vont continuer à peaufiner la PSQ à Montpellier, mais également dans les zones où elle va être implanter. Pas de répit estival pour présenter la mouture début septembre. Avec ou sans les 21 gardiens de la paix promis…

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