Montpellier : le docteur Macron au chevet d’un système malade

Emmanuel Macron était présent à Montpellier ce mercredi matin à l’occasion du 42e Congrès de la Mutualité Française. Une tradition pour les présidents de la République qui était particulièrement attendue cette année. L’actuel pensionnaire de l’Élysée devait y tenir un discours fort sur sa politique de santé et notamment annoncer une de ses promesses de campagne, le reste à charge zéro.

Un discours attendu

Ce congrès qui se tient au Corum durant trois jours est l’occasion pour les mutualistes de se pencher sur leur situation mais également sur leur avenir et les défis à relever pour être en adéquation avec une population en pleine révolution démographique. Une enquête Harris Interactif montre que 50 % des Français ont renoncé à des soins l’année dernière avec pour raisons principales le manque d’argent ou un remboursement insuffisant. Le discours d’Emmanuel Macron était donc particulièrement attendue et le storytelling bien étudié. Dans la nuit, Sibeth Ndiaye, la chargée de presse et communication de l’Élysée, envoya sur les réseaux sociaux une vidéo où l’on voit le président de la République reprendre ses conseillers et annoncer énergiquement le fil directeur de ses intentions. Ou comment illustrer par le geste l’importance de la prévention…

Changer le système

Pendant un peu plus d’une heure, Emmanuel Macron a montré l’orientation qu’il voulait donner d’ici 2021 à la politique de santé et notamment en matière de protection sociale. Son état des lieux est sans appel : « Notre système est plus inégal aujourd’hui qu’il y a 30 ans », reprochant « un système trop centré sur ses acteurs et pas assez sur nos compatriotes ».  Le président de la République questionne l’assistance : « Si nous ne regardons pas en face les échecs qui sont les nôtres, comment peut-on trouver des solutions ? ». Il appelle ainsi à « soit être fidèles à un système qui n’atteint plus ses objectifs, soit à être fidèles aux valeurs qui nous unissent ». Des valeurs qu’auront rappelé Carole Delga et Philippe Saurel dans leurs discours d’ouverture du Congrès. « La Mutualité n’est ni de gauche, ni de droite, car la Mutualité tient avant tout de l’humanisme ! » lança le maire de Montpellier.

Une vie digne

Le président de la République annonce « une loi sur le financement de la dépendance avant fin 2019 pour répondre à la vulnérabilité du grand âge » accompagnée d’un grand débat national. Les députés se pencheront également l’année prochaine sur les retraites. Emmanuel Macron souhaite « maintenir la retraite par répartition et la solidarité entre les générations » et veut faire « converger l’ensemble des régimes existants qui s’étaient construits dans des différences aujourd’hui devenues inexplicables ». Il annonce également son intention de réformer l’hôpital, de faciliter l’accès aux professionnels de soin, de repenser les conditions de vie des plus âgés… « Notre État-providence ne garantit pas suffisamment les conditions d’une vie digne. C’est ce combat que je veux mener pour ce quinquennat : une vie digne ». Pour y parvenir, dans un premier temps l’accent sera mis sur la prévention : « Notre système soigne bien mais prévient mal. Avoir un système qui prévient mieux est préférable pour son efficacité et la santé des Français ».

Le reste à charge zéro d’ici 2021

Face à un discours énonçant beaucoup de généralités, les murmures se font plus insistants et les annonces font quelques déçus. Un mutualiste résumera plus tard : « Il a dressé un constat que nous faisons depuis plusieurs années mais il n’a rien annoncé de concret ». Parmi les annonces du président de la République, il y a tout de même un changement à venir pour les Français avec le reste à charge zéro qui rentrera progressivement en application d’ici 2021. Si la question du financement fait encore débat auprès des mutualistes, d’autant que selon la volonté d’Emmanuel Macron cela ne devrait pas entraîner une hausse des mutuelles, le chef de l’État appuie sur « la responsabilisation plus efficace que de l’argent mis sur la table ». De l’argent que justement les Français n’auront plus à mettre sur la table pour des prothèses dentaires, auditives ou des lunettes permettant ainsi un accès à ses équipements pour tous d’ici trois ans. « Une conquête sociale essentielle » a t-il lancé comme l la promesse d’une grande espérance à ne pas décevoir.

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