Montpellier : le cambrioleur au marteau écroué, sa victime libérée

La rocambolesque affaire de violences avec armes dans le quartier des hôpitaux-facultés de Triolet, jeudi soir à Montpellier a connu des prolongements judiciaires, ce week-end : un propriétaire avait surpris un cambrioleur dans sa véranda, lequel lui a porté deux coups de marteau sur la tête, avant d’être poignardé à l’abdomen.

Le propriétaire, âgé de 33 ans a été convoqué au commissariat central vendredi, après avoir quitté les urgences du CHU Lapeyronie, où il est d’ailleurs infirmier. Il a été entendu sous le régime de la garde à vue pour violences volontaires avec arme, avant d’être remis en liberté sur les instructions du procureur de la République. Sa version selon laquelle il n’a pas porté le coup de couteau, mais du cambrioleur qui s’est « empalé » sur la lame a été jugée convaincante.

Un multirécidiviste

Samedi, c’est au tour du cambrioleur, un toxicomane notoire de 51 ans, qui a été interpellé par les policiers de la sûreté départementale de l’Hérault au CHU Lapeyronie, après qu’un médecin ait autorisé un placement en garde à vue, son état de santé s’étant amélioré. Entendu pour le délit présumé de tentative de vol et violences volontaires avec arme, il a été déféré au parquet de Montpellier et placé en détention provisoire.

Il s’agit d’un multirécidiviste qui cambriole des habitations pour faire main basse sur de l’argent et sur des objets qu’il revend pour se payer sa dose de drogue quotidienne.

Vive émotion

Cette affaire a entraîné une vive émotion, dans le quartier Triolet, entre les hôpitaux de la Colombière et de Saint-Éloi-Gui de Chauliac, où la jeune buraliste avait été poignardée à mort ces dernières années par un SDF, ainsi qu’au CHU Lapeyronie, où exerce la victime. Âgé de 33 ans, cet infirmier était seul quand il est rentré chez lui à l’improviste pour se retrouver face à un cambrioleur agressif et armé d’un couteau, d’un marteau, d’un tournevis et d’une hache, des armes redoutables saisies dans son sac, alors qu’il gisait dans la rue, après avoir poignardé par le propriétaire, qui a répondu aux coups de marteau qui lui ont ouvert le crâne.

Un proche du propriétaire raconte :  « L’infirmier a vécu l’enfer pendant de longues minutes, se trouvant enfermé dans la maison avec ce cambrioleur qui s’est jeté sur lui en hurlant. Après avoir pris 2 coups de marteaux sur le crâne, il a pris le dessus et avec l’énergie du désespoir a désarmé son agresseur, qui lui a alors dit qu’il se rendait…Mais, à proximité de la cuisine, il s’est alors saisi d’un couteau pour lui porter un coup. Après l’avoir à nouveau désarmé il a tenté d’appeler la police. Il a alors repris un autre couteau et s’est jeté sur lui, alors qu’il avait encore à la main le couteau que l’agresseur avait utilisé précédemment.

En se jetant sur lui, le cambrioleur s’est infligé des blessures à l’abdomen et bien que blessé et perdant du sang, s’est enfui par l’ouverture qu’il avait s’était créée pour rentrer par effraction. La police nationale a retrouvé l’agresseur effondré dans la rue. Il avait aussi un tournevis et une hache dans son sac…Malgré toutes ces péripéties, l’infirmier a proposé aux forces de l’ordre de bilanter -établir un bilan médical en urgence- son agresseur dans l’attente des secours. Ce qu’il a fait. Il a ensuite conduit les policiers à mettre l’individu en pli, lorsque ce dernier a sombré dans l’inconscience et enfin transmis son bilan aux équipages des sapeurs-pompiers, de l’infirmier du Sdis 34 et du Samu, dès leur arrivée sur place. Ce jeudi soir, il y a eu une chance, si l’on peut dire que la maison était vide quand le propriétaire est arrivé, car il est papa de deux enfants en bas âge qui auraient pu être présents quand le cambrioleur s’est introduit par effraction ».

Quatre policiers ont porté secours

Avec l’aide précieuse de l’infirmier qui a dicté les gestes à accomplir pour compresser la plaie faite au couteau, quatre policiers de la Sécurité publique de la division Nord -bureau de police de la Mosson-la Paillade-, appartenant à la brigade spécialisée de terrain -BST- ont prodigué les premiers secours au cambrioleur, qui était inanimé quand les pompiers et le Samu sont arrivés.

Dans un communiqué, le syndicat Alliance Police nationale du commissariat central de Montpellier a félicité ces policiers, « qui ont fait preuve d’un grand professionnalisme » face à cette situation.

8 Comments

  1. Ce quartier devient de +Ce quartier devient de + en + dangereux avec tous ces toxicomane en + dangereux avec tous ces toxicomanes qui passent par l’hôpital de la colombière pour des soins . Il serait bien que la police fasse des passages dans ce quartier .

  2. Et ben dis donc……………..
    Pour une fois qu’on relâche une victime en état de légitime défense.
    En tout cas félicitation pour le courage de cet infirmier qui a échappé à une mort certaine.
    Tout compte fait c’est un héros non ?
    Va t’il être reçu par Macron et nommé infirmier en chef.

    1. contrairement à d’autres cas, ici il s’agit vraiment de légitime défense. Il y avait danger de mort. Le cambrioleur a été touché de face, pas de dos quand il s’enfuyait.

  3. Nous savons le motif de la garde à vue concernant la victime (« violences volontaires avec arme ») mais pas le motif de l’incarcération du presumé coupable. Ce serait intéressant de le mentionner systématiquement afin de comparer les charges retenues contre les uns et les autres dans ce genre d’histoire, et de ne pas laisser penser que c’est la victime qui est mal intentionnée ou qui a un mauvais comportement général. Quand on lit ça, on pourrait croire qu’il est normal de taper quand on est cambrioleur (puisqu’on est méchant) et qu’il est normal de se laisser tuer ou défigurer quand on est cambriolé (puisqu’on est gentil).

    1. Bonsoir, vous avez mal lu : on indique bien le chef de la mise en examen du cambrioleur.

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