Montpellier : au revoir l’Altrad Stadium, bienvenue au GGL Stadium

C’est peut-être un détail pour vous, mais pour Philippe Saurel cela veut dire beaucoup. L’Altrad Stadium portera à compter du 1er juillet le nom de GGL Stadium. Si le naming était depuis 2014 gratuit pour l’entreprise Altrad, le président du MHR ne s’est pas montré intéressé au moment du renouvellement qui, par une ordonnance, devait désormais nécessité un appel d’offres.

La décision sera définitivement adoptée lors du conseil de métropole du 20 juin. Le groupe GGL donnera son nom au stade Yves du Manoir pour trois saisons et reversera 480’000 € TTC à la Métropole de Montpellier.

L’entreprise Altrad absente des candidatures

Seuls deux candidats avaient répondu à l’appel d’offres lancé par la Métropole de Montpellier en février dernier. GGL Groupe et Groupe Immobilier Angelotti. « On n’aurait pu s’attendre à ce que l’entreprise Altrad candidate. Ce sont eux les titulaires du naming aujourd’hui. 300’000 € comparés aux 7 M€ donnés pour le nom sur le maillot de l’équipe de France à Monsieur Laporte c’est peanuts. Je ne rentre pas dans les affaires et les choix des chefs d’entreprise. Mais c’est illogique », commente Philippe Saurel qui, même s’il salue les deux candidats, regrette qu’il n’y en ait pas eu plus.

Tandis que le plancher affiché par la métropole était de 300’000 €, l’offre de GGL Groupe s’élève à 400’000 € HT, soit 480’000 € TTC. Une commission composée d’experts juridiques de la métropole a estimé ce dossier meilleur que celui du Groupe Immobilier Angelotti. Philippe Saurel, qui ne faisait pas partie de la commission, précise que le choix « est basé essentiellement sur la somme ».

« C’est le jeu politique »

Pour les trois prochaines saisons, le stade Yves du Manoir portera ainsi le nom de GGL Stadium. À la charge de l’entreprise Altrad d’enlever son nom à l’intérieur et à l’extérieur de l’enceinte et à celle de GGL d’apposer le sien pour que tout soit en ordre au 1er juillet. Et nul doute, après « l’affaire du sondage », que Philippe Saurel sera attentif : « Pour enlever les affiches du stade cela va coûter cher. Peut-être ne veut-il pas que le naming soit intégré dans ses frais de campagne à l’éclairage des éléments nouveaux ».

Le président de la Métropole poursuit « Mohed Altrad est un des 20 candidats potentiels à la Ville », en précisant pour convaincre que sa porte est toujours ouverte au dialogue, « Je différencie les choses. Mohed Altrad, président de l’entreprise Altrad, aide le rugby et je le remercie. Après, il y a l’homme politique et c’est un autre problème. C’est le jeu politique ».

Acquérir une notoriété nationale

Alain Guiraudon, un des trois fondateurs de GGL, explique les raisons pour lesquelles son groupe s’est montré intéressé par le naming du stade Yves du Manoir : « Nous sommes une entreprise historiquement régionale qui existe depuis 40 ans et travaille localement dans les métiers de l’immobilier. Cela fait quelques années que l’on travaille sur le territoire français en promotion et en aménagement mais quand on répond sur les grands projets d’aménagement urbain dans des grandes métropoles, où on est en concurrence avec des groupes comme Vinci, Bouygues, Eiffage…, on a un déficit de notoriété. Cela fait quelques temps que l’on cherche à le combler. L’opportunité du naming, car c’est une opportunité, nous permet de nous investir et d’éviter de faire des campagnes de publicité tous azimuts que l’on maitrise mal et dont l’efficacité est moins tangible ».

Le chef d’entreprise a déjà des plans en tête : « Dans les équipes que rencontrent le MHR dans le Top 14, il y a huit métropoles ou villes qui nous intéressent particulièrement. Certaines où l’on travaille déjà et d’autres dans lesquelles on veut travailler à l’avenir et en tout cas grandir. Montpellier bien sûr, Perpignan où on a déjà une agence, Bordeaux, Toulouse, Toulon, Lyon, Paris. C’est une formidable opportunité ».

En 2017, le groupe immobilier GGL a réalisé environ 200 M€ de chiffre d’affaires. Sur le montant de l’offre, bien au dessus du plancher proposé par la Métropole, Alain Guiraudon commente, en précisant qu’il faut prendre en compte que l’entreprise récupère la TVA : « Ce sont des dossiers qui sont lourds à développer, à produire. Si on fait uniquement une offre pour participer… Pierre de Coubertin c’est sympa mais on joue pour gagner. Il fallait mettre un chiffre qui puisse permettre de remporter ce dossier car on le voulait avec toute notre force. On le compare à un coup de publicité équivalent d’une stratégie évoquée précédemment ».

Déjà investi dans le sport

Le groupe GGL, qui investi également dans la culture, ne fait pas ses premiers pas dans le sport. Il fait partie des 17 actionnaires du MHB, est le principal sponsor du BLMA depuis une dizaine d’années et soutien également l’Arago de Sète. Alain Guiraudon précise que ce nouvel investissement ne va pas les amener à se désengager des autres clubs : « Ce serait un très mauvais calcul de considérer que l’on va déshabiller Paul pour habiller Jacques. Nous sommes partenaires des gens. Un partenaire c’est sur le long terme, comme un ami, cela ne part pas du jour au lendemain ».

C’est tout de même un nouveau défi qui ne manque pas d’enjeux pour le groupe immobilier : « Si on a décidé d’investir c’est pour aller développer des affaires au-delà de Montpellier. On n’a pas un besoin supplémentaire de notoriété montpelliéraine. En revanche, investir en notoriété sur une activité et un bâtiment montpelliérain pour irradier ailleurs, c’est doublement gagnant pour nous. On verra si on est suffisamment bon pour faire fructifier cet investissement. À nous de nous retrousser les manches ».

Cette première étape est déjà une victoire, motif de fierté pour Alain Guiraudon : « Quand on est sur le fronton d’un stade cela veut dire que l’on est crédible parce que l’on a des moyens. Que l’on est identifié, car on est plutôt réservé dans notre communication. C’est une des premières fois, si ce n’est la première, où l’on vient au contact. C’est un investissement très important pour l’entreprise mais qui correspond à l’ambition nationale qui est la nôtre ».

Une ambition qui va de paire avec celle du MHR. Et peut-être qu’un jour les joueurs présenteront aux supporters montpelliérains le bouclier de Brennus au coeur du GGL Stadium…

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