Tombes vandalisées à Vendargues : le parcours du combattant des victimes

Un habitant de Vendargues, une commune située à une quinzaine de kilomètres à l’Est de Montpellier ne décolère pas. « On lit partout que, désormais, la gendarmerie, la police nationale et les tribunaux prennent en compte les cas des victimes qui, brutalement, se retrouvent confrontées à des situations difficiles à gérer. En clair, le message qui est distillé aux citoyens, on traite la procédurevous écoute, on agi vite dans ces moments de détresse. Eh bien, je peux vous dire que c’est faux. Depuis près de six mois, le dossier concernant des dégradations volontaires commises sur une tombe familiale, dans le cimetière de la commune est au point mort », dénonce Bruno Rouquette.

Ce Vendarguois doit accomplir un véritable parcours du combattant depuis fin décembre dernier pour obtenir réparation, alors que l’auteure des faits a été identifiée, placée en garde à vue le lendemain et remise en liberté, sans aucune poursuite pour l’heure… « Ce qui est insupportable pour une victime, c’est d’être baladé : les gendarmes ont refusé d’enregistrer ma plainte, ils m’ont dit, voyez directement avec les services du procureur. La compagnie d’assurance me répète depuis des mois qu’elle ne peut prendre en charge le dossier pour se rapprocher de l’assurance de l’auteure des faits, sans un dépôt de plainte en gendarmerie ou sans une plainte au procureur. Je viens donc d’écrire au procureur de la République de Montpellier, ce qui me fait perdre un temps fou », tempête Bruno Rouquette. D’autres familles ont eu leurs sépultures vandalisées, en cette nuit de Noël.

Silence radio

Dans un premier temps, la mère de Charlotte M., -la jeune femme qui a dégradé la tombe la nuit, pendant la messe de Noël célébrée en l’église de Vendargues, jouxtant le cimetière-, « dont le portail d’accès avait été anormalement laissé ouvert », relève Bruno Rouquette, a pris attache avec lui, avec promesse de rembourser les frais. Mais, depuis, c’est le silence radio…

Bruno Rouquette attend beaucoup de la réaction du procureur de la République de Montpellier, à qui il vient d’écrire : Le 24 décembre dernier, la tombe familiale a été profanée et vandalisée, comme d’autres sépultures, dans le cimetière de la commune de Vendargues. La gendarmerie de Castries a été appelée le 24 décembre 2017 par des riverains voisins du cimetière, alertés par des bruits de casse. À leur arrivée, ils ont procédé à l’arrestation de Charlotte M. en pleine action de détérioration des tombes. Ils ont aussi pu constater que le cimetière municipal qui aurait du être fermé à cette heure la, ne l’était pas. Nous avons appris cet événement par la presse. Nous nous sommes alors rendus au cimetière et nous avons constaté les dégâts. Nous avons alors pris la direction de la brigade de gendarmerie de Castries. Nous avons été reçus par le gendarme G. pour déposer une plainte. Celui-ci a refusé de prendre notre plainte au motif que Mlle Charlotte M.n’était pas responsable de ses actes et que le procureur de la république n’engagerais pas de poursuites. Le gendarme nous a ensuite dit que cette affaire se traiterait à l’amiable et que la mère de Mlle M. qui réside à Vendargues, prendrait à sa charge très rapidement l’ensemble des détériorations faites par sa fille. Nous sommes rentrés en contact avec cette personne, quelques semaines plus tard pour procéder au remboursement des dégâts occasionnés. Nous avons fourni à celle-ci un état détaillé des détériorations, via un devis. (NDLR : le devis est joint à la plainte).

Madame M. nous alors demandés de prendre contact avec son assurance pour régler cette affaire. Quelle n’a pas été notre surprise d’apprendre, que la déclaration auprès de son assurance n’avait été faite que le 2 mars 2018, soit trois mois après les faits. Différents échanges téléphoniques et par courriers ont alors eu lieu.  Il nous semble aujourd’hui que cette affaire prend une tournure et une longueur, environ six mois, qui nous déplaît fortement. Nous ne sommes plus dans des dispositions de conciliation et de patience. Monsieur le procureur, le 24 décembre 2017, notre famille a été très peinée de ce sacrilège, de ce manque de respect du à nos morts. Aujourd’hui nous demandons réparation immédiate, comme madame M. s’y était engagée au départ ».

Six mois après cette profanation, la famille Rouquette espère qu’en tant que victime, sa détresse va enfin être prise en compte.

Des objets funéraires endommagés volontairement dans le cimetière de Vendargues. Photo Métropolitain.
Le cimetière de Vendargues était ouvert dans la nuit. Photo Métropolitain.

                                                                                                                                  

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