Exposition à Montpellier : « Là où je peux être somnambule sans erreur »

Notre critique culturelle Manon Haddouche, que vous retrouvez ici chaque dimanche, a été séduite cette semaine par l’exposition de Johan Larnouhet, qui expose à la galerie Iconoscope, à Montpellier.

Dans la blancheur immaculée de la galerie Iconoscope, sont visibles jusqu’au 13 juillet, les oeuvres de l’exposition personnelle de Johan Larnouhet, « Là où je peux être somnambule sans erreur ». L’architecture même du lieu s’y prête et permet une projection rapide dans les grands formats visibles de l’extérieur. Un plus pour cette exposition autour de la problématique de l’espace. 

Natif de Marseille, l’artiste vit et travaille à Paris. Ses sources d’inspiration sont diverses, réelles et/ou fictives, elles trouvent leurs origines suite à des observations d’architectures existantes par exemple, mais aussi d’images de médias électroniques, entre autres. Il peint parfois après une modélisation virtuelle de l’espace. Un lien avec l’ère du numérique qu’on retrouve dans sa démarche, poussée ici dans la réflexion et l’exécution artistique. 

Un univers au croisement de la réalité et de la fiction

Ici, les peintures exposées sont majoritairement des grands formats, facilitant l’immersion du visiteur. Jean Larnouhet créé des espaces intérieurs et extérieurs, tantôt ouverts ou fermés offrant une esthétique harmonieuse. Inhabités par l’humain, ils ne sont pour autant pas inhospitaliers. Les formes géométriques colorées y ont en revanche délicieusement élu domicile.

L’aspect de la matière est façonné avec précision. Détaillées ainsi de façon picturale, les différentes textures donnent un aspect réaliste à certains éléments, qui s’accordent parfaitement avec le résultat final des oeuvres. Les ombres sont également travaillées et éclaircissent notre vision : on comprend de façon claire d’où vient la source lumineuse. Des références à la fois à la Renaissance italienne mais aussi plus contemporaines sont visibles. Perspectives, formes et ombres sont ici la recette de ces espaces aux allures oniriques.

Architecte de l’esprit 

Comme il a élaboré ses espaces, on peut aussi voir ici la construction d’une réflexion intéressante ayant lieu avant l’exécution. Si l’artiste utilise parfois des matériaux technologiques dans son processus de création, il est néanmoins conscient que cette époque, cette société de consommation d’informations (parfois continue) provenant du numérique, peut brouiller la perception que nous avons des espaces et plus largement du réel.

Dans ses oeuvres Johan Larnouhet donne l’impression de redéfinir sa  perception du monde contemporain dans lequel il évolue et la définition de ses propres espaces mentaux, ici offerts, à découvrir. Réalité virtuelle et environnante s’entrecroisent alors, nous confrontant à notre vision.

De l’interprétation possible de l’intitulé de l’exposition

La prise de connaissance de l’intitulé « Là ou je peux être somnambule sans erreur » déclenche une réflexion. Il y a des rêves au sein desquels, le sujet se trouve dans un espace existant dans la réalité et donc connu, mais réinventé par son subconscient. Cet espace reste tout de même tout à fait cohérent dans l’esprit du rêveur.

« Sans erreur » pourrait ramener à cette sorte de pureté émanant de l’oeuvre de l’artiste, non encombrée de trop d’éléments, où il serait difficile d’être perturbé en y naviguant. Tout comme souvent dans les rêves, l’esprit va dans sa peinture, à l’essentiel : sols, murs, quelques meubles, des couleurs et motifs, dont on se souvient forcément.

>> Exposition à voir jusqu’au 13 juillet du mercredi au samedi, de 14h à 19h, à la Galerie Iconoscope, 25 rue du Faubourg Courreau -entre Gambetta et le Jeu-de-Paume- à Montpellier. Tél. 06.20.36.57.47 

Photos Manon Haddouche pour Métropolitain.

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