Insécurité au Plan Cabanes : 80 commerçants signent une pétition

INFO MÉTROPOLITAIN. C’est une première dans le quartier du Plan Cabanes et de Gambetta, à Montpellier : 80 commerçants, soit la quasi-totalité, viennent de rejoindre un collectif porté par l’association des Faubourgs du Sud pour dénoncer l’insécurité qu’ils vivent au quotidien et de signer une pétition envoyée ce jeudi au préfet de l’Hérault et au maire de la ville, Philippe Saurel, président de la métropole. Enquête.

Les gérants et patrons des plus grandes enseignes qui ont pignon sur rue à Plan Cabanes, notamment dans la rue Daru et sur le cours Gambetta ont tous signé sur le tampon de leur entreprise, comme Métropolitain a pu le constater sur la pétition de six pages, c’est dire si le ras le bol est général. Ces 80 commerçants en colère représentent 250 salariés : ils sont coiffeurs, cafetiers, restaurateurs, propriétaires ou gérants de bazars petits et grands, d’auto-école, bouchers, charcutiers, banquiers, boulangers, buralistes et tabac-presse, épiciers etc.

Selon un responsable du collectif, « tous les jours, des commerçants sont menacés par des jeunes oisifs, qui n’hésitent pas à sortir un couteau et de menacer de nous planter, parce qu’ils n’acceptent pas qu’on leur demande d’aller faire leur trafic de drogue et de cigarettes de contrebande ailleurs. Les transactions se déroulent près de l’entrée de certains magasins et des terrasses des bars. Et ne me posez pas la question de savoir pourquoi ils ne déposent pas plainte. Je vais vous dire pourquoi : d’abord, par crainte de représailles, ces individus armés sont dangereux; ensuite, parce que la police nationale et la police municipale font bien leur travail en procédant aux interpellations des suspects quand nous faisons le 17, mais, le lendemain, ils sont de retour dans le quartier et ils viennent nous narguer. C’est la justice qui ne fait pas son boulot »…

« Altercations et batailles rangées »

Dans le courrier expédié au préfet, le responsable du collectif donne le ton : « Nous, à titre personnel pour chacun, et professionnel pour tous, le collectif de commerçants du Plan Cabanes-Gambetta à Montpellier, vous prie de mettre en œuvre de manière efficace les actions nécessaires en matière de sécurité et de maintien de l’ordre. La petite délinquance omniprésente ne nous permet plus de vivre la ville ensemble. Le paradoxe est que les associations grassement alimentées par nos impôts nous nuisent, jusqu’au point de blocage, car aujourd’hui nous ne fonctionnons plus dans nos activités, dans la rue Daru et sur le cours Gambetta. Les agressions quotidiennes des commerçants et de nos clients, les altercations et batailles rangées sont plus que jamais insupportables ».

Il ajoute : « Je tiens à apporter à votre mémoire les difficultés de maintien de l’ordre que nous avions constatées lors des années précédentes, pendant la période de jeûne du ramadan, qui se déroule en ce moment, c’est pourquoi nous serions très sensible à une présence policière permanente localisée exclusivement sur le secteur du Plan Cabannes / rue Daru / cours Gambetta, évitant en amont tous les problèmes liés aux ventes à la sauvette, en plus de la drogue et du tabac, celles de fruits et légumes avariés et autres denrées. Outre une concurrence déloyale sans norme ni hygiène, cette période est très propice à l’installation sauvage de cuisines et d’étals sur les trottoirs, c’est le bon ordre public que nous commerçants, voulons retrouver ».

Philippe Saurel a reçu sa lettre aussi, avec en annexe la pétition, bien sûr. Le maire et le président de la métropole ne cesse de rappeler que, « la sécurité, le maintien de l’ordre et la lutte contre le trouble public est du domaine de l’État, donc du préfet et donc de la police nationale, la Sécurité publique ici », soulignant que les policiers nationaux reçoivent l’appui de la police municipale qui a été renforcée et que le dispositif des caméras de vidéoprotection permet régulièrement des interpellations.

Positionnement des caméras

Le responsable du collectif a écrit au maire : « Je tiens, à titre personnel, professionnel et à celui du collectif de commerçants du Plan Cabanes à Montpellier, que je représente, à vous remercier de toute l’écoute et la mise en œuvre de vos actions en matière de sécurité et de maintien de l’ordre. En ce qui concerne les nouvelles caméras de vidéosurveillance que vous avez votées, c’est avec un grand enthousiasme que la nouvelle a été accueillie, cependant nous voudrions participer activement à leur positionnement pour accroitre leur efficacité et la satisfaction de tous. C’est avec impatience que je vous invite à nous communiquer leur calendrier de mise en place ». Il semble, en effet, que des caméras implantées dans le faubourg de Figuerolles, au Plan Cabanes et sur le cours Gambetta soient mal orientées, du moins pas en direction des zones où opèrent les trafiquants.

« Je tiens à apporter à votre mémoire les difficultés de maintien de l’ordre que nous avions constatées lors des années précédentes pendant la période de jeûne du ramadan, c’est pourquoi nous serions très sensible à une présence d’un binôme à pied, de la police municipale, tous les jours de 14h à 20h, localisé exclusivement sur le secteur du Plan Cabannes / rue Daru / cours Gambetta, évitant en amont tous les problèmes liés aux ventes à la sauvette en plus de la drogue et du tabac, celles de fruits et légumes avariés et autres denrées », précise le collectif dans le courrier à Philippe Saurel. Ces commerçants inquiets devraient recevoir une réponse rapidement.

Des commerçants réagissent

Christophe .L : « La police municipale est aléatoirement présente, mais les agents n’ont pas toutes les prérogatives juridiques pour faire cesser la vente à la sauvette et la vente de stupéfiants ! Nous attendons avec impatience les nouvelles caméras qui vont être mise en place par la mairie, ce qui est une excellente décision, car, c’était un besoin réel, on les a demandé, ont les a eu, il faut qu’on continue dans ce sens ».

Mohamed G : « Je n’arrive pas à comprendre comment on n’arrive pas à arrêter cette petite délinquance, qui est permanente. Elle est présente sur un trottoir qui fait 150 m de long ! ».

Rachid.T : « Je comprends que cela ne fait pas rêver la police d’attraper des petits revendeurs qui vendent des doses de stupéfiants de dix euros, mais tout de même en quantité et des paquets de cigarettes devant le buraliste, qui à la moindre remarque ce fais agresser. Il est à bout, le pauvre. Mais, aujourd’hui nous sommes victimes de cette petite délinquance de ces agressions permanentes, on paye les mêmes impôts et taxes dans ce quartier, autant que dans les autres rues commerçantes de Montpellier. On paye des cotisations sociales qui sont d’ailleurs reversées sous forme d’aides sociales à ces gens qui viennent nous faire de la concurrence déloyale à même le trottoir, alors qu’ils sont au RSA et autres aides … Je ne vois pas pourquoi on nous laisse dans cette situation qui perdure. À l’aide ! ».

Brahim l : « Je ne comprends pas comment cela se fait, quand la police interpelle des gens en situation irrégulière qui ont commis des délits dans la rue, ils font un petit séjour au centre de rétention à Sète ou à Nîmes et ils sont remis en liberté au bout d’un mois, avec un papier leur demandant de quitter le territoire, ce qu’ils ne font pas bien sûr. Et ils recommence le lendemain.
C’est le ras-le-bol général ».

M.Ajouri : « Aujourd’hui, vous avez une quarantaine de revendeurs à la sauvette uniquement pour les fruits et légumes qui sont positionnés sur le cours Gambetta qui crée une concurrence déloyale aux commerçants qui ont des loyers et des charges permanentes et qui sont eux en conformité et à qui l’on demande d’être à jour sur les différents impôts et URSSAF et autres cotisations. En plus des revendeurs de fruits et légumes, vous avez des gens qui viennent faire de la friture dans des bains d’huile sur un morceau de trottoir avec des bouteilles de gaz apparentes, posées au milieu de la foule, alors même que nous sommes actuellement en plan Vigipirate élevé au maximum ».

Un commerce saccagé

Ces commerçants qui vivent dans la peur au quotidien sont au bout du rouleau. C’est un véritable appel au secours qu’ils lancent aux autorités préfectorales et municipales, « pour éviter que ce quartier commerçant très fréquenté devienne une zone de non-droit. Le nombre de blessés à l’arme blanche et de bagarre depuis le début du ramadan et au delà ne se compte même plus. Aujourd’hui les commerçants sont prêts à travailler main dans la main avec la police nationale et la police municipale ».

Au Plan Cabanes, il se passe toujours quelque chose, comme ce jeudi en fin d’après-midi : un adolescent poursuivi par une quinzaine de jeunes armés de couteaux qui voulaient le détrousser s’est réfugié au fond d’un magasin de fruits et légumes du cours Gambetta. Les agresseurs ont alors saccagé les étals. À l’arrivée des policiers de la Sécurité publique, le groupe de vandales avaient disparu. Et l’adolescent a refusé de déposer plainte.

La peur de porter plainte

« C’est la grosse problématique de ces affaires et de la situation qui se passe au Plan Cabanes, rue Daru et cours Gambetta, les victimes ne veulent pas porter plainte, comme cet homme qui a reçu récemment deux coups de couteau à la jambe, dans sa voiture, rue Daru. Il a quitté le CHU sans signer de décharge et depuis, il n’est pas venu déposer plainte. Il faut que les victimes de menaces avec arme, d’agressions et que les témoins de faits précis n’hésitent pas à venir à l’hôtel de police. On sent que les gens ont peur de parler, mais, notre mission est difficile à accomplir. Il faut briser l’omerta. Quand nous avons des signalements précis, nous les prenons en compte et des investigations sont discrètement diligentées », réagit-on à l’état-major de la direction départementale de la Sécurité publique de l’Hérault, la DDSP 34.

La scène de violences d’hier a encore un peu plus fait monter la colère des commerçants de ce quartier, à deux pas de l’Écusson.

Vente de fruits et légumes à la sauvette au Plan Cabanes : quelle hygiène ? Photo JMA. Métropolitain.
Mercredi soir, un groupe de jeunes qui poursuivait un adolescent a saccagé un magasin de fruits et légumes sur le cours Gambetta. Photo JMA. Métropolitain.

11 Comments

  1. Je vois que la police fait son travail à fond ya des contrôles presque tous les jours C est un problème qui touche les quartiers arabes dans tous les grandes ville de France

  2. Albanie, Albanais, … Vous connaissez ?
    Ancien temple protestant cu cours Gambetta, cela vous dit quelque chose ?
    Mélangez les deux questions, vous aurez compris !

  3. OK , la sécurité est bien dévolue aux services de l’Etat appuyé par la police municipale; mais l’occupation illégale du domaine public est du ressort de la commune. Faute d’avoir été déterminé pour intervenir depuis des années, la situation est devenue incontrôlable et les trafics ont changés d’ampleur, le « marché » s’est organisé et l’argent des petits trafics alimente désormais une chaîne de petits caïds qui défendent « leur » territoire. Un modèle d’intégration verticale d’économie (parallèle) apportant sa contribution à l’argent du crime….

  4. Bravo au commerçant pour cette pétition. Ce lever le matin pour gagner 4 sous alors que la racaille foute le bordel de toute sorte . Et la justice que fait t elle …. elle ce protege de la racaille peur des représailles. C et sa nôtre belle France … et ben …

  5. Cet article me fait très plaisir constatant au quotidien les trafics de cigarette et de drogue rue Daru. Quand je vois ces vendeurs à la sauvette de tabac devant le bureau de tabac, je me demande si on est en France. Quand je vois des trafiquants de drogue créer un bouchon rue Daru le temps d’aller chercher la drogue dans un de ses immeubles attenants et la livrer à un automobiliste qui s’est arrêté rue Daru pour cela, j’hallucine. Ces trafiquants bénéficient d’un laxisme incroyable.

  6. Fabrice B
    Et il faut savoir que tout s ‘est phénoméne ce propage dans la ville bien sûr dans certains quartiers à une allure allucinente…..!

  7. J’habité à côté de l’Eglise Réformée de la rue Brueys, et ce lieu est devenu un véritable marché de la drogue où les traffics se font en plein jour et aux yeux de tous. Vers qui peut on se tourner afin de controller et enrailler cette situation ?
    De plus même si « la sécurité, le maintien de l’ordre et la lutte contre le trouble public est du domaine de l’État, donc du préfet et donc de la police nationale, la Sécurité publique ici » comme se plait à le répéter à qui veut bien l’entendre monsieur Saurel, il est bon de rappeler qu’en vertu de l’articleL2212-1 du Code général des collectivités territoriales, le maire doit veiller, à travers ses POUVOIRS DE POLICE, à assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publique dans sa commune.Le bon ordre rassemble les trois notions de SECURITE PUBLIQUE, de SALUBRITE et de TRANQUILITE PUBLIQUE.
    Le maire est chargé, sous l’autorité du représentant de l’État dans le département, de l’exécution des mesures de SURETE GENERALE et des fonctions spéciales qui lui sont attribuées par les lois. Ses attributions sont multiples : état-civil, urbanisme et logement, écoles et équipements, activités culturelles, santé et aide sociale, police …
    À ce titre, il concourt par son POUVOIR DE POLICE à l’exercice des missions de SECURITE PUBLIQUE. Il peut, en particulier sur les instructions du procureur de la République ou du juge d’instruction, être amené à diligenter des enquêtes sur la personnalité des personnes poursuivies ainsi que sur leur situation matérielle, familiale ou sociale.

  8. J’habité à côté de l’Eglise Réformée de la rue Brueys, et ce lieu est devenu un véritable marché de la drogue où les traffics se font en plein jour et aux yeux de tous. Vers qui peut on se tourner afin de controller et enrailler cette situation ?
    De plus même si « la sécurité, le maintien de l’ordre et la lutte contre le trouble public est du domaine de l’État, donc du préfet et donc de la police nationale, la Sécurité publique ici » comme se plait à le répéter à qui veut bien l’entendre monsieur Saurel, il est bon de rappeler qu’en vertu de l’articleL2212-1 du Code général des collectivités territoriales, le maire doit veiller, à travers ses POUVOIRS DE POLICE, à assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publique dans sa commune.Le bon ordre rassemble les trois notions de SECURITE PUBLIQUE, de SALUBRITE et de TRANQUILITE PUBLIQUE.
    Le maire est chargé, sous l’autorité du représentant de l’État dans le département, de l’exécution des mesures de SURETE GENERALE et des fonctions spéciales qui lui sont attribuées par les lois. Ses attributions sont multiples : état-civil, urbanisme et logement, écoles et équipements, activités culturelles, santé et aide sociale, police …
    À ce titre, il concourt par son POUVOIR DE POLICE à l’exercice des missions de SECURITE PUBLIQUE. Il peut, en particulier sur les instructions du procureur de la République ou du juge d’instruction, être amené à diligenter des enquêtes sur la personnalité des personnes poursuivies ainsi que sur leur situation matérielle, familiale ou sociale.

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