Montpellier : le sosie de Ronaldo tâcle les collectivités

À bien regarder, il n’y a aucun doute, il y ressemble comme deux gouttes d’eau : plus jeune de deux années que la star brésilienne du ballon rond, Bachir Abbassa, un Montpelliérain de 39 ans est incontestablement LE sosie officiel du footballeur légendaire brésilien Ronaldo. À ne pas confondre bien sûr avec le Portugais Cristiano Ronaldo, l’attaquant vedette du Réal de Madrid, qui vient de remporter sa troisième Ligue des Champions…

Le trentenaire montpelliérain le confirme : régulièrement, dans son quartier, quand il se ballade dans l’Écusson, sur la Comédie, quand il est attablé à la terrasse d’un bar, ou encore dans les gradins du stade de la Mosson, nombreux sont ceux qui, sur le coup, croient reconnaître Ronaldo. Actuellement, l’ancien attaquant brésilien du Real Madrid -41 ans- serait en passe de racheter le club espagnol de Valladolid, sixième de deuxième division espagnole et plus que jamais dans la course aux play-offs de montée. La transaction serait presque bouclée, à hauteur de 30M€.

Pas de champagne

Ronaldo, alias « Il Fenomeno » vit actuellement à Madrid et aurait négocié avec deux autres clubs espagnols, Getafe, qui a terminé huitième de Liga, et Tenerife, 11e de Liga Adelante. Des discussions vaines selon le quotidien brésilien. Ronaldo avait arrêté sa carrière en 2011, alors qu’il évoluait sous les couleurs des Corinthians (Brésil), après avoir marqué l’histoire du football au Real Madrid, au FC Barcelone ou encore à l’Inter Milan.

À chaque coup d’éclat du Brésilien Ronaldo, le sosie montpelliérain arrose ça. Il aimerait bien faire « péter » le champagne, comme le joueur millionnaire, mais, Bachir Abbassa n’a pas les moyens et pour cause, il est « à la rue ». Il doit quémander, par exemple, pour pouvoir venir supporter le MHSC à la Mosson. Dans sa course à l’emploi depuis ces dernières années, Bachir a tapé à toutes les portes pour être embauché et notamment à celles des collectivités : le conseil régional, le conseil départemental, la Ville et la métropole de Montpellier.

Carton rouge aux collectivités

Lettres et réponses négatives à ses courriers à l’appui, lassé d’être exclu du terrain de l’emploi, Bachir Abbassa a décidé de se tourner vers Métropolitain, en désespoir de cause. Pour décerner un carton rouge : « Je suis allé à l’école jusqu’à l’âge de 19 ans, j’ai suivi avec succès des formations, je possède une expérience professionnelle dans des domaines précis qui me permet d’occuper certains postes. Ainsi, j’ai postulé à la cuisine centrale de la Ville de Montpellier, mais, depuis plus d’un an, j’attends un retour. La même situation se pose à la Région Occitanie et au Département de l’Hérault. On ne veut pas de moi, c’est désespérant ».

Ce lundi, le trentenaire nous montre le dernier courrier en date reçu du cabinet de Carole Delga, la présidente du conseil régional Occitanie -Pyrénées-Méditerranée-, essuyant une fin de non recevoir. Il ressort la lettre signée le 17 juin 2014 par feu Christian Bourquin, alors à la tête de la Région LR : « vous voyez, je sollicitais la collectivité pour obtenir un poste pour faire le ménage ou aide-cuisinier dans des établissements scolaires. Déjà, on m’a dit non ».

Discrimination

Bachir Abbassa qui vit dans la cité de la Mosson-la Paillade, « je suis Pailladin à cent pour cent », parle de discrimination : « Depuis mes 18 ans, je vote régulièrement, je multiplie les stages et les formations pour espérer trouver un boulot, en vain. J’ai un casier judiciaire vierge. Je me sens un citoyen montpelliérain complètement rejeté et abandonné à mon triste sort ».

Le sosie officiel de Ronaldo s’est également adressé à la Caisse d’allocations familiales -CAF- de l’Hérault, à Montpellier : « J’ai postulé pour un poste d’ouvrier polyvalent d’entretien du bâtiment en CDD, j’avais répondu à des demandes de candidatures. J’ai été écarté, on m’a répondu qu’il y avait eu plus de 40 candidatures et que les autres postulants correspondaient mieux aux attentes en matière d’expériences et/ou de qualifications professionnelles. Bref, toujours le même refrain, quand on ne me répète pas, dans les lettres reçues, qu’il n’y a pas de poste vacant ».

Contre-attaque

Bachir Abbassa a vécu des moments formidables, notamment quand il a pu approcher une Miss France, au début des années 2000. Le fait qu’il soit le sosie officiel de Ronaldo lui procure beaucoup de joie. Mais, son quotidien est triste et sombre. Il est au bout du rouleau. À l’aube de ses quarante ans, il a l’impression d’avoir gâcher sa vie : il n’en peut plus de se lever sans pouvoir partir travailler comme beaucoup de Français, de passer des heures à répondre à des annonces, à écrire aux uns et aux autres, à errer dans son agence de Pôle Emploi, bref, à tourner en rond sans atteindre son but. Ou plutôt sans marquer de but, au contraire de Ronaldo, deux fois Ballon d’Or.

Le Montpelliérain ne compte pas rester longtemps sur le banc de touche. Il a décidé de réagir fermement. Il promet une contre-attaque spectaculaire, un coup de pied dans la fourmillière. Un tâcle dont il garde pour l’heure, le secret.

Bachir Abbassa toujours bien entouré. Photo D.R.
Le sosie de Ronaldo en bonne compagnie…d’autres sosies célèbres !

1 Comment

  1. Pourquoi ne postuler qu’aux collectivités !? Pourquoi après 19 ans d’école on ne vise qu’à « aide-cuisinier » ou « auxiliaire d’entretien » ? Voilà l’exemple qu’a donné le clientélisme des précédents politiques à nos jeunes locaux : inhiber tout esprit d’entreprise, toute projection sociale, toute mobilité géographique pour faire miroiter un boulot semi-factice et un logement tombé du ciel à deux pas de leur famille en récompense de « bons et loyaux services », c’est à dire un vote et un semblant de soutien au parti en poste. Quel gâchis! Quel assommoir de masse ! Quelle extinction de l’ambition et du progrès ! Au niveau national, la transition semble engagée, au niveau de certaines villes comme Montpellier, on est encore au jeu de pouvoir niveau collège.
    Il y a encore beaucoup de métiers où l’on manque de bras: restauration, hôtellerie, BTP, vergers, garages… Certes c’est précaire et dur, mais c’est aussi un moyen de trouver sa voie, de faire rentrer un peu d’argent tout en préparant mieux. A 39 ans et en bonne forme physique, c’est encore possible. Sinon, effectivement, jeune, il vaut mieux faire des études dans des domaines recruteurs et les réussir avec motivation. Et c’est là où des politiques responsables doivent faire passer les bons messages quand les parents ne sont pas compétents pour orienter et l’éducation nationale encore moins.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *