Effondrement à l’école de Béziers : des experts judiciaires missionnés

Des experts judiciaires près la cour d’appel de Montpellier ont été missionnés ce mercredi par le parquet de Béziers pour établir les causes de l’effondrement d’une partie de la structure d’une classe de CM2 de l’école primaire Pélisson, 5, rue Pierre Curie, à Béziers, mardi à 14h15.

Selon un rapport du commissaire divisionnaire Benoît Desmartin, le commissaire central du commissariat de Sécurité publique de Béziers qui supervise l’enquête de la sûreté urbaine,  les sapeurs-pompiers du Sdis 34 ont été appelés par le directeur de l’école, après que le plafond d’une classe de CM2 se soit effondré sur les 20 élèves. L’institutrice, une Biterroise de 29 ans effectuait le ramassage de copies après un exercice, quand elle a entendu un bruit suspect provenant du plafond, lequel s’effondrait rapidement.

Briques, rails et isolants sur la tête

Le faux plafond était composé de rails et d’isolants, ainsi que des briques les séparant de la charpente, reçus sur la tête par les élèves assis à leur table. Certains écoliers présentaient des plaies au cuir chevelu et des suspicion de traumatisme crânien, selon le rapport du commissaire divisionnaire Benoît Desmartin. L’enseignante a fait preuve de sang-froid en faisant évacuer immédiatement les vingt enfants, tous nés entre 2006 et 2008, la majorité nés en 2007, mis à l’abri dans la cour.

Dans la foulée, le directeur évacuait et mettait également en sécurité deux classes de CP -19 élèves et un enseignant-, une classe de CE2-CM1 -19 élèves et un instituteur- dans une autre cour. Au total, 67 écoliers et 4 enseignants ont été évacués avant l’arrivée des premiers pompiers.

Gros moyens sur place

Rapidement, quelque 73 sapeurs-pompiers venus des casernes du Biterrois à bord de 22 véhicules, dont 12 ambulances, des infirmiers, des médecins du Sdis 34 et le Smur-Samu 34 intervenaient sur les lieux, ainsi que 50 policiers de la Sécurité publique des commissariats de Béziers et d’Agde, ainsi que la police municipale. Le maire, Robert Ménard, le sous-préfet, Christian Pouget, le procureur de la République, Yvon Calvet et l’inspecteur d’académie de l’arrondissement de Béziers étaient place.

Tandis que les services de secours faisaient un tri pour soigner les 14 enfants légèrement blessés, mais surtout très choqués, une cellule de renseignement était installée devant l’entrée, à destination des familles qui se sont présentées. La mère d’une fillette blessée a ainsi été victime d’un malaise à 16h30 et pris en charge par une des ambulances.

Hôpital et cliniques

Escortées par les motards de la police nationale, les ambulances des pompiers ont transporté les enfants pour des examens aux urgences de l’hôpital de Béziers et dans les cliniques Champeau, à Béziers et Saint-Privat, à Boujan-sur-Libron. Une noria de véhicules rouges qui a semé l’émoi dans les rues de la sous-préfecture. Sept élèves et deux adultes ont rejoint la cellule psychologique mise en place.

« On a entendu un bruit bizarre, on a tous levé les yeux vers le plafond, moi, j’ai cru que c’était un pigeon qui courait. La maîtresse aussi s’est un peu inquiétée de ce bruit. Puis, d’un coup, le plafond s’est écroulé sur nous. On a crié, on a pleuré, la maîtresse nous a fait vite sortir dans la cour, on a attendu les pompiers, j’ai eu la peur de ma vie », témoignait hier une fillette qui était dans la classe.

Après l’évacuation des enfants qui ont quitté hôpital et cliniques dès hier soir, les spécialistes de la police technique et scientifique de la Sécurité publique de l’Hérault ont inspecté la classe où le faux plafond s’est affaissé, brutalement. Ils ont réalisé des prélèvements et ont constitué des albums photographiques, avant que l’expert judiciaire ne vienne sur place.

L’école Pélisson est fermée jusqu’à nouvel ordre, au moins jusqu’à la fin de cette semaine. Un périmètre de sécurité a été installé.

« Aucun problème »

Reste désormais à déterminer pourquoi la structure de cette classe a cédé. Selon le maire de Béziers, Robert Ménard, « lors de sa dernière visite, la commission de sécurité avait inspecté les lieux et n’avait décelé aucun problème. Ce sont des faux plafonds qui ont été installé il y a une trentaine d’années. J’ai discuté avec l’institutrice, elle m’a dit qu’avant d’entendre les bruits suspects, puis l’effondrement, elle n’avait rien remarqué d’anormal, même pas une infime trace d’humidité, après les pluies de ces derniers jours ». Selon nos informations, toutes les écoles construites dans des bâtiments anciens vont être expertisées par précaution dans les prochaines semaines.

La parole est aux experts judiciaires et à l’enquête policière. Les investigations s’annoncent longues.

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