Violences à la fac de droit de Montpellier : le commando identifié, mais…

Très curieuse cette affaire de violences volontaires à la faculté de droit de Montpellier en mars dernier : des étudiants sont formels : ils disent croiser régulièrement des agresseurs, membres du commando encagoulé et armé ayant investi l’amphi et les identifient comme étant des enseignants, alors qu’aucun d’entre-eux n’est allé les dénoncer aux enquêteurs du commissariat central. Pour les policiers et le juge d’instruction, ces agresseurs restent des inconnus.
Ces témoins importants sont invités à se manifester dès demain au commissariat central…
Dans un rapport de 28 pages qui accable l’ex-doyen de la faculté de droit et de sciences politiques, Philippe Pétel et un enseignant, Jean-Luc Coronel, les deux inspecteurs de l’Éducation nationale dépêchés par Paris à Montpellier, après la violente intrusion au soir du 22 mars dernier dans un amphi -neuf étudiants blessés- préconisent la mise en oeuvre d’une procédure disciplinaire. Le président de l’Université de Montpellier, Philippe Augé a annoncé hier qu’elle allait être déclenchée, parallèlement à l’instruction judiciaire. L’ex-doyen et l’enseignant sont mis en examen.

« La plus parfaite impunité »

Dans leur rapport, les inspecteurs évoquent les inconnus encagoulés et armés qui composaient le commando, qui ont pu pénétrer brusquement dans l’ampli, grâce à un portillon volontairement ouvert. Pour de nombreux étudiants de la faculté de droit et surtout pour deux qui étaient présents et qui ont été bastonnés aveuglément, les agresseurs sont formellement identifiés.
C’est du moins ce qu’assure le Syndicat de combat universitaire de Montpellier -SCUM-, qui écrit ce mardi : « Le 22 mars dernier, une douzaine d’individus encagoulés et armés de lattes de bois et de tasers faisaient irruption dans l’amphithéâtre de la faculté de droit et de sciences politiques, occupé par des étudiants mobilisés contre la loi ORE. Le déferlement de violence qui a suivi, documenté dans de nombreuses photos et vidéos, a conduit plusieurs étudiants à l’hôpital. Plus de deux mois après les faits, certaines victimes sont encore affectées de syndrome post-traumatique. Dès le lendemain de cette agression milicienne, nous avons pointé la responsabilité active du doyen Philippe Pétel. En effet, ce dernier a ouvert la une porte par laquelle le commando est entré.
Pire, il apparaît clairement que ce commando, composé d’hommes n’étant visiblement plus étudiants depuis plusieurs dizaines d’années, a agi en concertation avec le doyen, lorsque la police est arrivée, elle n’est pas entrée dans la faculté et n’a même pas cherché a appréhender le commando. La plupart des agresseurs encagoulés ont été identifiés de longue date par les étudiants en droit présents, et certains sont enseignants. Pour le moment un seul, qui n’était pas encagoulé, a été suspendu (NDLR : Jean-Luc Coronel). Depuis deux mois, les étudiants sauvagement agressés se trouvent contraints de côtoyer au quotidien leurs agresseurs au sein de la faculté de droit, qui dans la plus parfaite impunité continuent d’enseigner ».

La police attend des témoignages

Ce mardi, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier écrit qu’« il se tient aux côtés des victimes et demande la suspension immédiate et la radiation de tous les membres du personnel de la faculté de droit qui ont participé aux violences du 22 mars. Nous demandons aussi que toute la lumière soit faite sur les pressions et intimidations subies par les victimes au sein de la faculté depuis la nuit du 22 mars. Nous restons vigilants sur les suites de cette affaire et réaffirmons avec force notre détermination à continuer, malgré les violences et la répression, à lutter pour notre droit à un avenir ».
Reste, et c’est particulièrement paradoxal, qu’au stade actuel des investigations supervisées par un juge d’instruction, les policiers de la sûreté départementale de l’Hérault n’ont reçu aucun témoignage d’étudiants présents le soir de l’irruption du commando, assurant avoir identifié des enseignants de la faculté de droit parmi les agresseurs. Pourquoi ces témoins qui, de plus ont été frappés, ne se manifestent-ils pas auprès des services de police ? Ou, quand ils sont entendus, répètent ne pas avoir reconnus les auteurs ?! Ces témoignages permettraient sans doute de faire progresser les investigations.
Les policiers ont visionné les bandes des vidéos d’amateurs, où apparaît notamment une jeune femme qui est aux côtés des agresseurs, sans pour l’heure pouvoir mettre un ou des noms…

Le rapport joint à l’instruction

« Bien sûr, ni l’ex-doyen, ni M.Coronel ne vont balancer les identités des membres du commando, car, au moins l’un des deux les connaît, c’est une évidence. Du moins, en connaît la plupart. Mais, pourquoi ceux et celles qui ont reconnu ces enseignants et qui les croisent depuis deux mois, tous les jours observent cette omerta ? Vont-ils enfin se décider à parler ? », indique un responsable syndical à Métropolitain. L’hypothèse qu’ils craignent des représailles n’est pas exclue.
L’instruction se poursuit activement pour faire toute la lumière sur les participants à cette expédition punitive violente dans l’amphi de la faculté de droit. Les policiers et le juge ont demandé à être destinataires du fameux rapport de l’inspection de l’Éducation nationale, qui va être rapidement joint à la procédure.

Les témoins invités à se manifester

À la lecture de notre article, ce mardi, l’état-major de la direction départementale de la Sécurité publique de l’Hérault -DDSP 34- à Montpellier, a réagi : « La sûreté départementale de l’Hérault qui est en charge de l’enquête a reçu la commission rogatoire de la juge d’instruction et, est en mesure désormais de procéder à l’audition de tous les témoins, notamment les étudiants, qui ont des informations, des identités, des photos et des vidéos à nous fournir pour permettre la manifestation de la vérité. Ils sont invités à se présenter dès ce mercredi à l’hôtel de police ».
Affaire à suivre.

2 Comments

  1. Euh… Les forces de polices ne souhaitent surtout entendre personne et ralentissent l’affaire depuis son commencement. Pour les représailles, la ligue du midi filment les manifestations pour ficher les étudiants sous les yeux des forces de l’ordre qui connaissent les agissements peu conventionnels de cette milice. Certains élèves ont même été menacés au commissariat, d’autres se voient refuser leur témoignage par manque de temps/personnel/convictions… Pour l’identification il existe une vidéo les recensant qui tourne depuis le lendemain des violences… Va falloir s’y mettre dans l’investigation les licornes.

  2. Et les étudiants qui ont laissé des centaines de milliers d euros de dégâts et qui croisent sans vergogne leur professeur et collègues étudiants, on en parle ???

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