Black Blocs à Montpellier : un étudiant d’UM3 devant les juges

palais justice montpellier

Le 14 avril dernier, une manifestation avait dégénéré à Montpellier. 200 Black Blocs gantés, le visage dissimulé et armés de pierres et autres projectiles ont brisé des vitrines, tagué les murs de l’Écusson, avant que la police n’arrête une cinquantaine de personnes, embarquées dans des bus de voyageurs. La mairie de Montpellier avait estimé les dégâts dans l’Ecusson à plus de 400’000 euros.

Un étudiant a été jugé devant le tribunal correctionnel, lundi. Il sera fixé sur son sort le 18 juin. Faisait-il partie de ce commando ultra-violent des Black Blocs ? La plupart des suspects avaient été relâchés quelques heures après leur spectaculaire arrestation groupée sur la route de Mende.. Deux d’entre-eux seulement avaient été renvoyés en correctionnelle. Quelques jours plus tard, jugé en comparution immédiate, l’un d’eux était condamné à trois mois de prison ferme.

« Peine d’avertissement » requise

Ce lundi, c’est donc un étudiant en lettres modernes de Paul-Valéry -UM3- qui était à la barre du tribunal correctionnel. Une « peine d’avertissement » de six mois de prison avec sursis a été requise à son encontre par le procureur de la République de Montpellier, selon nos confrères du journal gratuit 20 Minutes.

Placé sous contrôle judiciaire à l’issue de sa garde à vue le 16 avril, cet étudiant  de 24 ans, né à Montpellier, comparaissait pour les délits présumés de violence et outrage sur une personne dépositaire de l’autorité publique, pour participation à un groupement en vue de la préparation de violences, de destructions ou de dégradations de biens, et pour rébellion.

« Violente résistance »

Le jeune prévenu est notamment soupçonné d’avoir commis des violences sur deux policiers, en leur opposant une « résistance violente ». L’un d’eux sera transporté en urgence à l’hôpital, blessé lors de l’interpellation. Le prévenu sera ce jour-là « extrait » de la foule, mis au sol et neutralisé. Il aurait, selon le rapport d’enquête lu par le président du tribunal, insulté les deux policiers, et incité les manifestants à venir à sa rescousse.

« Un manifestant pacifique »

Lui, au contraire, a assuré qu’il n’a pas commis de dégradation, ni jeté de projectile, ne s’est jamais rebellé et n’a jamais insulté, ni outragé quelqu’un. Le prévenu s’est présenté comme « un manifestant pacifique : il n’y avait aucune débordement au moment des interpellations, au casier judiciaire vierge. Selon lui, les policiers se « trompent », et les faits qui lui sont reprochés « sont faux ».

Citée comme témoin lors du procès, une étudiante, qui assure avoir vu l’interpellation du prévenu, qu’elle « ne connaissait pas », indique que ce dernier « ne s’est pas débattu ». « J’ai vu deux policiers s’approcher d’un jeune homme qui ne faisait rien à part avancer comme tout le monde », a souligné la jeune femme. Un autre étudiant expliquera à la barre être « très étonné » de voir son « meilleur ami » cité dans une telle affaire.

Une pierre ?

Le procureur de la république, Dominique Sié a livré une explication : il a souligné que l’un des policiers aurait indiqué que le prévenu aurait sorti une pierre de sa poche et l’aurait armé en leur direction. Le jeune homme a contesté cette version, indiquant, selon 20 Minutes, qu’il avait un simple briquet dans la main, lors de son interpellation.

« Il n’y a pas de caillou, il n’y a aucun pavé, ni dans ses mains, ni  à proximité, a plaidé son avocat, Me Sébastien Etcheverrigaray, Et, ça ressort de la procédure, les policiers n’ont pas saisi de pavé,  ni de caillou. ». Quelques secondes de vidéo à l’appui, il assure qu’il n’insulte pas, ni n’outrage les policiers, et ne « se rebelle pas du tout. Dans le dossier, il n’y a que du doute. »

Le jugement du tribunal a été mis en délibéré au 18 juin, à 14h.

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