Cercle Mozart : un débat sur le modèle social de demain

Mardi soir, se tenait dans l’amphithéâtre de la Montpellier Business School, une conférence économique sur les réformes Macron. Angle du débat: la fin du conflit des logiques. Question sous-jacente : allons-nous vers un nouveau modèle social? 

Pour tenter de répondre à cette question et d’apporter des éléments de pensée dans cette réflexion « qui doit être collective », comme l’a indiqué en ouverture du colloque le président du Cercle Mozart, Michel Fromont, plusieurs intervenants étaient invités à prendre la parole. À commencer par maître Romain Geoffroy, le président de la Commission Entreprise du Cercle, initiatrice de cette rencontre annuelle. Avocat spécialisé en droit social, il sera le premier à évoquer lors de cette soirée, le terme de « souplesse » repris par la suite par l’ensemble des intervenants. « Code du travail inadapté », « Manque de marge de manoeuvre », « acharnement juridique sur les entreprises »…

Dans son intervention, il n’épargnera aucun sujet, saluant les avancées progressives et prochaines sur le terrain miné du code du travail. « Le réformer est devenu nécessaire », expliquera-t-il, saluant les grandes lignes des lois El Khomry et leur impact sur la réduction des contentieux prudhommaux : « À Montpellier, ils ont été réduits de 40% », précise l’avocat. Sa réponse à la question « Allons-nous vers un nouveau modèle social? » : un oui franc, assorti d’un précision: ce sera aussi la fin du modèle de la lutte des classes.

Le député Philippe Huppé, membre de la Commission des affaires économiques, lui succèdera sur l’estrade. Sa prise de parole s’orientera sur l’impact des réformes sur la politique française et sur la société. Il n’ira pas par quatre chemins : « La mondialisation a changé la donne. Le regard est devenu ultra-financier. Les actionnaires d’aujourd’hui ne sont plus des investisseurs qui font le pari de l’avenir de telle ou telle entreprise, mais des financeurs en quête de profit, de rentabilité rapide ».

Conséquence de quoi, l’entreprise et la loi doivent évoluer vers ce qu’il nomme « l’entreprise à mission », celle qui au-delà de sa propre croissance et de son seul développement, doit intégrer la notion de « communauté humaine au service d’un projet » et doit montrer plus d’égard à ses salariés, à ses partenaires, mais aussi à la société dans son ensemble. Sa réponse à la question posée en introduction sera elle aussi positive : un nouveau modèle social émerge, « émergera quoiqu’il en soit ».

« La mondialisation a changé la donne »

André Deljarry, président de la CCI Hérault et premier vice-président de la CCI Occitanie, apportera au débat une dimension pragmatique et locale : « 5 500 entreprises se créent chaque année dans l’Hérault, qui demeure le département avec le plus d’entreprises de toute la région Occitanie. Le réaménagement du modèle social et du droit du travail, les concerne au premier plan ».

Très clair sur un point, il estime que « le travail doit payer », que « la confiance doit primer », que seule cette dernière achèvera de convaincre des entreprises étrangères de s’installer chez nous, quand elles sont encore trop frileuses aujourd’hui, apeurées par un manque de lisibilité des réformes et un système trop contraignant pour l’entreprise. « Raison pour laquelle je pense que ces réformes vont dans le bon sens, indique André Deljarry, L’enjeu qui concerne toutes les entreprises, c’est la compétitivité. Innovation, créativité, formation, audace, nous devons actionner tous les leviers ». La messe est dite.

… Pas tout à fait, cependant pour le député Romain Grau, invité également à débattre. Souplesse, flexisécurité, confiance… Il partage les priorités évoquée par tous, mais se montre ferme sur un point : il faut envoyer un signal de rigueur. « Sans une France forte, nous ne pourrons pas rebâtir l’Europe. Que pensent de nous des pays comme l’Allemagne et le Royaume-Uni, avec un taux de chômage inférieur à 5%. Le coût du travail en France ne doit-il pas baisser ? », interroge-t-il.

En cela, les réformes Macron sont, pour lui, « intéressantes », car elles vont vers une meilleure compréhension des entreprises, celles qui, pour le citer « amènent l’argent et le travail ».

Un point, cité par tous, sera enfin rappelé par Bernard Serrou, président délégué du Cercle Mozart, en charge de clôturer ce colloque: la solidarité envers ceux qui n’ont pas d’emploi. Si chacun dispose d’un avis sur ce point, du nécessaire soutien à l’impératif contrôle des abus en passant par l’accompagnement, la formation, la question de l’auto-entreprise, leur conclusion sera unanime : le nouveau modèle social à naître se doit d’être « plus humain ».

 

 

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