Montpellier : l’AIPALS propose au gouvernement son livre blanc sur la santé

Tandis que les effets de la loi El Khomri seront ressentis pleinement en 2019 et qu’une nouvelle mission interministérielle sur la santé au travail doit rendre un rapport le 30 mai avec pour objectif d’améliorer le système de prévention des risques professionnels, l’AIPALS a rédigé un livre blanc pour apporter huit propositions.

Fort de ses 60 ans au service de la prévention et des 3 778 entreprises adhérentes dans la région de Montpellier, l’association espère bien être entendue pour le bien des travailleurs et l’amélioration du système.

Un constat difficile

Depuis 1946 et l’obligation d’une médecine du travail dans les entreprises, les services de santé ont connu de profondes mutations au grès des multiples réformes. La dernière en date a d’ailleurs été mise en place il y a moins de deux ans. Autant de pansements répondant à des urgences mais qui aboutissent aujourd’hui à un constat sévère. Les acteurs de la santé sont très nombreux et constituent un millefeuille peu lisible notamment pour les chefs d’entreprise.

Le nombre de médecins du travail est en baisse (-14,6 % en 2016). Les accidents et situations de mal-être ne diminuent pas avec chaque année en France près de 620 000 accidents et plus de 500 décès au travail en France. Des journées non travaillées avec des conséquences économiques immédiates. Or, selon l’AIPALS, 1 € investi dans la prévention apporte un retour sur investissement pour l’entreprise d’au moins 2 €.

Un laboratoire d’idées

En février, l’AIPALS a organisé à Montpellier un laboratoire d’idées réunissant 70 participants, acteurs du travail et de la santé (chefs d’entreprise, salariés du secteur privé, universitaires, professionnels de la santé au travail, mutuelles, DIRECCTE, startup…). L’objectif était d’apporter à la mission interministérielle des propositions par la rédaction d’un livre blanc. Ce dernier a été remis en mains propres à la députée Charlotte Lecocq, qui mène la mission, et aux députés de l’Hérault. « Nous avons la volonté d’être acteurs de ces changements », explique Pierre-François Canet, « On veut avoir des regrets et pas des remords ».

Par ses propositions, le président de l’AIPALS souhaite que la nouvelle réforme soit « une vraie politique d’agrément pour une vraie prise en charge des salariés » avec la volonté dans un premier temps de réorganiser le millefeuille actuel des acteurs du travail et de la santé pour gagner en efficacité.

Les huit propositions :

1/ Intégrer le chef d’entreprise dans le suivi de la santé au travail.
2/ Former les dirigeants, dès la création de l’entreprise, pour intégrer les questions de santé au travail dans leur quotidien.
3/ Déployer un portail « santé et sécurité en entreprise » pour simplifier les démarches.
4/ Avoir un « dossier médical en santé au travail » unique tout au long de sa carrière.
5/ Former les salariés dès le cursus scolaire pour le rendre acteur de la santé au travail.
6/ Uniformiser les politiques locales d’agrément des services de santé au travail pour une qualité de service uniforme.
7/ Développer de véritables collaborations entre les acteurs de la prévention pour mieux accompagner l’entreprise.
8/ Exploiter et consolider les données médicotechniques pour définir des actions plus pertinentes.

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