Nouveau Conservatoire à Boutonnet : la métropole donne le la

Le président de la métropole montpelliéraine a tenu ce mercredi à faire « un point d’étape » sur le projet du futur Conservatoire à Rayonnement Régional qui semble bouclé… Le budget de 41,5 M€ est ficelé, l’architecte a présenté sa maquette, et l’emplacement est confirmé : la friche de l’ancienne maternité Grasset, dans le quartier Boutonnet, accueillera l’établissement et ses 1 500 élèves en 2020. Début des travaux cet été sur ce site recouvert de tags.

Tout est calé, selon l’élu et l’architecte du projet, Marc Lehmann : l’emplacement, le budget, la maquette, jusqu’aux discussions avec les habitants du quartier Boutonnet qui avaient quelques exigences à faire valoir pour ce Conservatoire qui sera édifié sur l’ancienne maternité Grasset, fermée en 2002, « mais qui a vu naître 70% des Montpelliérains, comme moi », s’amuse Philippe Saurel.

Construction en septembre

Tout d’abord, le budget : « J’entends tout et n’importe quoi », tonne le maire : « Donc, je confirme que l’investissement pour cet équipement est de 41,5 M€, financés à hauteur de 36,25 M€ par la métropole ». Dans le détail, 2,5 M€ ont été consacré au rachat du terrain au CHU (« à un tarif fixé par les Domaines », précise l’élu) et des partenaires apportent également leurs contribution : la Région Occitanie et l’État, via la DRAC, pour 2,4 M€ chacun.

Les travaux débuteront dès cet été avec trois mois de démolition, entre juin et août : « La construction commencera en septembre et il faut compter sur un an ½ de travaux », précise l’élu.

700 élèves de plus en 2026

Voilà pour les finances. Côté pratique, le site a été pensé en anticipant les besoins futurs : « En effet, le Conservatoire accueille actuellement près de 1500 élèves et ils seront 700 de plus en 2026 », confirme l’élu qui avoue avoir retenu le projet qui proposait le plus de salles.

Pour apprendre la musique, la danse ou l’art dramatique, les élèves montpelliérains profiteront dès 2020 d’un Conservatoire moderne proposant 57 salles d’enseignement, 13 salles de formation musicale, 10 salles de pratique collective, 7 studios de danse, plus deux autres dédiés au théâtre et à l’éveil corporel et, au cœur de la machine de 1 000 m2, un amphithéâtre de 350 places, et 220 m2 d’espace scénique.

360 évènements par an

Outre l’enseignement, le nouvel équipement permettra aussi de valoriser les 360 évènements organisés chaque année par le Conservatoire dans ses (trop) étroits locaux du centre-ville, près de la place Sainte Anne. « Du coup, avec une salle de seulement 90 places, nous communiquons peu sur notre offre », commente le directeur du Conservatoire, Patrick Pouget : « Les choses vont changer avec notre arrivée sur le site de la maternité Grasset ». De quoi s’imposer, avec un budget annuel de fonctionnement de 6 M€, comme un acteur incontournable de la vie culturelle locale ?

C’est le vœux de Philippe Saurel, très sensible à l’enseignement de la musique, lui qui a tâté du violon dans sa jeunesse : « Nous menons trois grands projets pour la culture : le MOCO, le Conservatoire et les Archives Municipales, actuellement squattées. Ces projets sont sur des friches urbaines que nous rénovons pour les rendre à la population avec de nouveaux usages… Le Conservatoire à rayonnement régional est un très grand projet pour toute la métropole ».

Bien intégré au quartier

Pour le côté esthétique, Marc Lehmann affirme que le Conservatoire sera beau, fonctionnel, et surtout intégré dans le quartier avec, notamment, son parc et parvis accessibles à tous: « Le site sera organisé comme un village avec des maisons par spécialités pour le chant, la musique, la danse et des espaces communs », décrit l’architecte : « Ce bâtiment moderne, pour lequel nous avons privilégié le verre et la végétalisation comme matériaux majeurs, permet aussi le mariage entre modernité et tradition. À la demande du maire, nous avons pu préserver la façade centenaire de la maternité Grasset visible depuis le tramway et qui témoigne de l’architecture hospitalière ».

Pour intégrer au mieux ce Conservatoire, sur l’avenue du Professeur Grasset, dans le quartier Boutonnet, la Ville a écouté les habitants : « A l’arrière du Conservatoire, rue de Forcrand, la Ville a prévu un programme immobilier qui a été abaissé de 23 mètres à 17 mètres, soit la hauteur du Conservatoire… Nous avons entendu les riverains ».

Trouver un nom

Seule ombre au tableau : le nom du futur Conservatoire : « On le cherche encore même si j’ai ma petite idée », s’amuse Philippe Saurel : « J’en profite pour dire que j’aime beaucoup ce qu’a fait le maire de Sète qui a nommé son conservatoire Manitas de Plata, qui est né à Sète. C’est innovant et c’est une très belle chose ». L’élu ne s’interdit rien : « Nous pouvons surprendre ! Montpellier est une ville libre ».

>> L’ancien site reconverti
Lorsque le Conservatoire quittera la place Sainte Anne, les murs ne resteront pas vides longtemps et accueilleront une maison de quartier, un commissariat de proximité, une école et une Calandreta.

>> Rénovation du Théâtre du Hangar
Situé à Boutonnet, le théâtre de quartier va bénéficier lui-aussi d’une rénovation complète pour 2 M€. Il accueillera en journée les élèves en cours d’art dramatique.

>> Le problème des Archives
Philippe Saurel veut récupérer les archives du quartier des Beaux-Arts, transformées en squat : « Je prendrai ma décision en juin », annonce Philippe Saurel : « Si on ne peut pas, nous ferons les archives ailleurs ».

>> Un réseau métropolitain

Le Conservatoire, qui propose déjà une activité de musicothérapie, va s’ouvrir au handicap et veut aussi travailler en réseau avec les Maisons pour tous « et toutes les communes qui souhaitent s’investir sur apprentissage de la musique », confirme le directeur, précisant que l’on peut aujourd’hui, à Montpellier, suivre un cursus en musique de l’école primaire jusqu’à l’Université.

Le site de l’ex-maternité Grasset à Boutonnet. Photo JMA. Métropolitain.
Dès le mois de juin, tout va disparaître à Grasset. Photo JMA. Montpellier.
Le plan du futur Conservatoire placardé devant l’entrée de l’ex-maternité. Photo JMA. Métropolitain.

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