Casinos : le Groupe Partouche dénonce une orchestration policière

Le Groupe de casinos et de cercles de jeux Partouche contre-attaque, quelques semaines après des « descentes » de police, sous les caméras de télévision, notamment dans l’établissement de Cannes, dans les Alpes-Maritimes. Ce jeudi, la direction du Groupe Partouche annonce avoir déposé plainte pour les délits présumés de violation du secret de l’enquête et de l’instruction, ainsi que pour diffamation, auprès du procureur de la République de Nanterre, dans les Hauts-de-Seine.

« Dès le début de la perquisition effectuée le 11 mars dernier au casino 3.14 à Cannes, un caméraman était présent aux côtés des enquêteurs. Les images qualifiées d’« exclusives » par M6, qui a été le premier média à relayer des informations relatives à cette opération, n’ont pu être réalisées que sur une information émanant des services de police et avec leur assentiment. Quelques jours plus tard, le 19 mars 2018, le chef du service central des courses et jeux -SCCJ- donnait une interview sur France Bleu Azur, au sujet de l’enquête », dénonce la direction du Groupe Partouche, pointant « une campagne médiatique de discrédit qui a ainsi manifestement été orchestrée par les services de police, alors que le code de procédure pénale n’accorde qu’au seul procureur de la République le droit de s’exprimer sur une procédure en cours. On considère que cette attitude révèle une intention de nuire et, partant, un dysfonctionnement majeur au sein du Service de police chargé de l’enquête dont l’impartialité à l’égard du groupe Partouche est gravement mise en cause ».

« Le groupe Partouche est victime »

Le Groupe Partouche accuse : « Les médias, nourris par des fuites calculées, se sont largement faits l’écho de la perquisition du casino 3.14 et de l’enquête en général, évoquant de prétendus délits de blanchiment, de fraude fiscale et de tenue de maison de jeux de hasard illicite. Cela était sans rapport avec la réalité des faits. Comme l’a lui-même annoncé le procureur de la République dès le 12 avril dernier, les deux collaborateurs mis en cause sont exclusivement soupçonnés d’abus de biens sociaux, au préjudice éventuel du casino. Groupe Partouche SA et sa filiale, Casino 3.14 à Cannes, sont donc, pour la justice, des victimes de cette infraction potentielle d’abus de biens sociaux. Elles se sont d’ailleurs, à ce titre, constituées parties civiles ».

Le casino reste ouvert

La direction du Groupe Partouche assure que, « l’infraction d’abus de biens sociaux n’est nullement constituée. Un mois après ces annonces infondées, le casino reste ouvert. L’exploitation du Omaha Poker qui avait été suspendue par décision unilatérale du SCCJ a repris, avec l’accord exprès de la Direction des libertés publiques et des affaires juridiques, dans les mêmes conditions qu’auparavant. Le Casino 3.14 et Groupe Partouche entendent demander réparation intégrale du préjudice qu’ils ont respectivement subi, en raison notamment des informations malveillantes et orientées, divulguées dans les médias, qui ont accompagné cette prétendue « affaire » ».

Effondrement en Bourse

Et de conclure que, « ce battage médiatique a provoqué, dans les 48 heures, la chute du cours du titre en Bourse, de plus de 20%, représentant 65 millions d’euros amputés de sa capitalisation boursière ». Plus inquiétant pour le Groupe Partouche : après les articles de presse, les banques hésitent ou refusent de financer les projets en cours.

La guerre est donc déclarée entre les Partouche et la police. Celle-ci est spectaculairement intervenue dans la nuit du 10 au 11 mars dernier, un peu avant minuit, dans le casino-cercle de jeux du Groupe Partouche SA dans une artère proche de la Croisette, à Cannes. Environ 40 enquêteurs du SRPJ de Marseille, Montpellier et Nice ont investi le rez-de-chaussée, où se trouvent 75 machines à sous et l’étage abritant trois salons privés réservés au poker.

Caméras de M6 avec la police

Les policiers ont effectué une perquisition et des interpellations, avec saisie de documents et divers matériels. Les Partouche tombent des nues et sont consternés en découvrant que l’opération nocturne se déroule devant des caméras d’une équipe de M6, arrivée en compagnie de la police…

Dans la foulée de cette « descente » policière, deux dirigeants du casino de Cannes ont certes été mis en examen pour abus de biens sociaux, et deux autres personnes pour complicité et recel. Le président et le directeur général du 3.14 ont été placés sous contrôle judiciaire, assorti d’une interdiction de diriger ou de gérer l’établissement de jeux, selon le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux.

Commissaire nommément visé dans la plainte

Le Groupe Partouche met directement en cause le commissaire Philippe M., le patron du SCCJ, à qui il est reproché d’avoir donné une interview sur France Bleu Azur et dénonce sa « partialité » dans la conduite de cette affaire« Cette interview est inacceptable, alors que le code de procédure pénale accorde au seul procureur de la République le droit de s’exprimer sur une procédure en cours », relève Julia Minkowski, l’avocate du Groupe Partouche SA. La citation en diffamation vise nommément le commissaire de police.

Dans le quotidien Le Monde, un des dirigeants, Fabrice Paire évoque « des relations tendues d’assez longue date avec les policiers des jeux. Ils nous considèrent comme des agitateurs, peu fréquentables, parce qu’on ne se laisse pas faire. Chez Partouche, on ne se laissent pas marcher sur les pieds ». Cette plainte pénale inédite en constitue la preuve.

Mine de rien, c’est une bombe qui vient d’atterrir sur le bureau du procureur de la République de Nanterre. Elle risque d' »exploser » jusqu’au sein des ministères de l’Intérieur et de la Justice…

Casino Partouche.

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