Rarissime : une hélice d’une éolienne arrachée à Dio-et-Valquières

EXCLUSIF. L’incident -car l’hypothèse d’un sabotage est exclue par les gendarmes chargés de l’enquête- est rarissime : une hélice -on dit aussi un rotor ou une pale- s’est complètement brisée sur l’une des sept éoliennes du parc implanté sur le site isolé de Lou Pioch, à Dio-et-Valquières, une petite commune rurale située au sud-ouest de Lodève, entre le lac du Salagou et Bédarieux, dans les hauts cantons de l’Hérault.

Selon nos informations, l’incident serait survenu ces derniers jours et n’aurait pas été repéré immédiatement, vu que ce parc éolien est implanté dans une zone montagneuse reculée. Un orage de pluie et de grêle avec de violentes rafales de vent ayant pu atteindre les 120 km/h, voire les 150 km/h aurait frappé cette zone, ce qui peut expliquer que cette hélice de 12 tonnes ait été tordue et brisée.

À moins qu’un impact de foudre ait eu raison de l’hélice. Les investigations techniques sont en cours, mais aucun impact de foudre n’a été relevé.

Ce type d’éolienne ne se construit plus

Reste qu’il n’est pas exclu que ce rotor ait subi une avarie technique, avant l’orage et le vent fort qui a entraîné la destruction a forte vitesse. L’enquête qui est ouverte devrait faire la lumière sur cet incident, qui n’arrive qu’une fois sur 10’000 cas. Avec une grande difficulté : aucune date de remplacement n’est pour l’heure prévue pour cette hélice endommagée et pour cause : ce type d’éoliennes -Ecotecina 74- ne se construit plus et leurs fabrications sont d’origine espagnole.

Ces sept machines alimentées par le vent sont en production depuis mars 2006, sur ce site des hauts cantons de l’Hérault. La durée de vie de ce modèle qui a été endommagé est de 20 à 23 ans maximum. Une confirmation : l’arrachage du rotor d’une éolienne est une première dans les parcs de l’Hérault. À Dio-et-Valquières, c’est la Holding Dio Énergie qui gère le parc, dont la maintenance est assurée par le groupe Alstom Energie.

Deux nouveaux permis de construire refusés

Cet incident rarissime sur des éoliennes survient alors que le tribunal administratif de Montpellier vient de refuser le projet d’implantation de deux nouveaux parcs dans la commune de Dio-et-Valquières. Par deux jugements du 5 avril dernier, le tribunal administratif de Montpellier a, en effet rejeté les recours dirigés contre deux arrêtés du 4 avril 2016 par lesquels le préfet de l’Hérault avait refusé de délivrer un permis de construire de deux parcs de cinq éoliennes et de quatre aéro-générateurs.

Les juges estiment que le préfet de l’Hérault a, de bon droit, refusé ce projet, en se fondant légalement sur l’article L.122-9 du code de l’urbanisme qui prévoit que, « les documents et décisions relatifs à l’occupation des sols comportent les dispositions propres à préserver les espaces, paysages et milieux caractéristiques du patrimoine naturel et culturel montagnard ».

Les juges relèvent ainsi que les zones d’implantation des deux projets sont incluses dans le territoire de chasse de l’aigle royal et font donc partie intégrante de son domaine vital, ainsi que de celui de l’aigle de Bonelli, qui est une espèce en danger et faisant l’objet d’une protection maximale. Il considère en outre que les projets portent une atteinte effective à plusieurs espèces de chauve-souris, avec un risque avéré de mortalité.

Le jugement retient également que les deux projets seraient visibles depuis le site classé du Salagou, la vallée de l’Orb et visibles simultanément avec la chapelle de Saint-Amans, inscrite à l’inventaire des monuments historiques.

>> Le reportage vidéo d’Anthony Montardy

Une des hélices de cette éolienne brisée : rarissime. Photo Léo Daniel pour Métropolitain.
Un des trois rotors a été arraché. Photo Anthony Montardy. Métropolitain.
Le chantier est interdit au public sur le site où l’incident s’est produit. Photo AM. Métropolitain.

5 Comments

  1. La statistique « moins d’une fois sur 10 000 » n’a pas de sens. Les accidents d’éoliennes sont très fréquents, et rien que ceux répertoriés en France sur les 7000 éoliennes installées sont sans commune mesure avec le ratio mentionné. Si on cherche sur internet à « accidents d’éoliennes » on a un panorama des accidents assez inquiétant, voire très inquiétant pour les riverains et les automobilistes.

  2. Un rotor est composé de 3 pales et d un moyeu (centre). Une helice sert a propulser (avion, navire…).
    Le fait rare est que la partie brisée soit resté solidaire, preuve que l eolienne etait en procédure d arrêt d urgence avant immobilisation (automatisme: détection de vibrations ou de balourds). Fait commun, toujours aucun blessé malgré un incident majeur.

  3. MERCI AU JOURNALISTE qui a documenté cette affaire
    des accidents il y en a de plusieurs types : bris d epales (vent très fort, elles s’emballent) , incendires (foudre) projection de glace sur > de 500m en hiver

    Comme toutes machines se n’est pas fiable à 100%
    le pire c’est qd les agents de maintenance meurent (2 électrocutions, une chute d’en haut)… ça on n’en parle pas non plus… faut donner une bonne image de l’éolien n’est ce pas?

  4. Bouin en Vendée, mat torsadé et rompu suite à défaillance du système de sécurité, Explosion du rotor suite à sur-vitesse au Portugal, Tunisie chute d’une éolienne pendant une tempête, Oklahoma incendie de la nacelle, tout ceci depuis janvier 2018 alors que la transparence sur ces accidents n’est pas exemplaire

  5. aussac en charente une pale detruite une nuit d’orage quelques temps après des morceaux important on continues de tomber de cette pale détruite. une petite chainette rouge et une jolie pancarte me semblent ridicules comme mise en sécurité d’un périmètre dont on est quelques fois loin dfe connaitre les dimensions en fonction des circonstances. les incidents sont nombreux je pense mais pas toyus visibles

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