Violences à Montpellier : deux casseurs déférés au parquet

Sur les 51 personnes interpellées samedi en fin d’après-midi, après la dislocation du cortège d’un millier de manifestants anti-Macron, dans les rues de Montpellier, où de violents affrontements ont opposé des policiers -Sécurité publique et CRS- à environ 200 casseurs, 43 avaient vu leur garde à vue prolongée ce dimanche, avant que nombre d’entre-eux soient remis en liberté.

À 15h, ils n’étaient plus que 17 à être entendus par les policiers, avant que la majorité d’entre-eux ne quittent à leur tour l’hôtel de police, libres, en fin d’après-midi. À 23h, il ne reste quatre suspects, dont le sort -libération ou présentation au parquet en vue d’une comparution immédiate devant le tribunal correctionnel lundi après-midi- est entre les mains de Christophe Barret, le procureur de la République de Montpellier, qui supervise l’enquête.

Les quatre jeunes suspects auraient été identifiés comme ayant fait partie des 200 jeunes encagoulés et vêtus de noir qui ont tendu un guet-apens aux forces de l’ordre, samedi, alors que le cortège des manifestants allaient quitter les Jardins du Peyrou et descendre le boulevard du Jeu-de-Paume. Policiers de la Sécurité publique et CRS ont été bombardés de pavés et autres projectiles lourds.

On apprend que deux ont été libérés et qu’ils seront donc deux à être déférés ce lundi après-midi au parquet de Montpellier, puis jugés en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel.

Comme Métropolitain l’a révélé ce matin ici, on déplore sept blessés légers dans les rangs des forces de police. Ils ont porté plante contre X.

« Il y avait bien des casseurs »

« Il faut distinguer les manifestants des casseurs, c’est très important, témoigne un policier montpelliérain, cité par nos confrères de 20 Minutes, ce samedi, il n’y avait pas que des manifestants, il y avait bien des casseurs, des individus de la mouvance anarchiste, qui ne viennent dans les manifestations que pour causer du grabuge et des dégradations. Toutes les interpellations, ce sont des individus identifiés comme des casseurs ou des personnes ayant commis des violences. Dans aucune manifestation, nous n’interpellons de personnes qui n’y sont pour rien ».

Ce témoignage recoupe ceux obtenus par Métropolitain, indiquant que les interpellations opérées samedi soir en haut du quartier de Boutonnet, sur la route de Mende, n’ont été décidées, ni réalisées au hasard. Des casseurs immortalisés par des films vidéos de policiers en civil exclusivement affectés à des surveillances et à des filatures discrètes ont été identifiés et ont fait partie des 51 interpellés et amenés à l’hôtel de police à bord de deux bus de la TaM 3M, réquisitionnés par la police nationale.

Identifications formelles difficiles

Problème important, toutefois : la plupart des casseurs étaient donc encagoulés, ce qui a rendu leur identification formelle très difficile, voire impossible pour la plupart d’entre-eux. D’où ces remises en liberté sans qu’aucune charge ne soit retenue contre eux, notamment le délit présumé de violences volontaires sur personnes dépositaires de l’ordre public.

Ce dimanche soir, l’avocate Sophie Mazas de la Ligue des droits de l’Homme -LDH- dénonce des violences policières pratiquées pour les spectaculaires arrestations sur le parking d’un supermarché de la route de Mende, à l’intersection de l’avenue de la Justice-de-Castelnau, Selon elle, « Certaines interpellations ont été très violentes, il y a eu une répression policière inhabituelle à Montpellier, avec plusieurs dizaines de blessés ».

Cependant, ce soir, aucune plainte n’avait été encore déposée de la part de victimes de violences policières et, selon une source officielle, aucun blessé n’a été admis aux urgences des hôpitaux et des cliniques de la ville depuis la fin de la manifestation. Commentaire d’un étudiant qui assure avoir été jeté à terre, frappé avec une matraque et gazé avec une grenade de gaz lacrymogène : « Est-ce que vous croyez vraiment que je vais débarquer au commissariat pour déposer une plainte contre des CRS ? ».

Condamnations unanimes

Les commerçants du Jeu-de-Paume, de la Grand’rue Jean-Moulin et de la place de l’Observatoire, dont les vitrines ont été brisées et les façades taguées par les casseurs ne décolèrent pas. Ils sont en train de dresser l’inventaire des dommages et de les chiffrer.

Muriel Ressiguier, députée de la France Insoumise -LFI- de la deuxième circonscription de l’Hérault et donc des secteurs Centre et Ouest de Montpellier et Philippe Saurel, maire de Montpellier et président de la métropole ont fermement condamné le saccage des biens privés et publics en marge de la manifestation antigouvernementale. Philippe Saurel a annoncé qu’il allait déposer plainte contre X, dès ce lundi.

Patricia Miralles, députée de la 1ère circonscription de l’Hérault, condamne à son tour, ce soir, « avec la plus grande fermeté les dégradations inqualifiables ainsi que les actes de violence commis en marge de la manifestation qui s’est tenue à Montpellier ce samedi. Si chacun peut user de son droit de manifester, celui ne peut s’exercer que dans le respect des droits d’autrui et de l’ordre public. Commissaire à la défense et aux forces armées, j’appelle chacun à l’apaisement, à la responsabilité et apporte tout son soutien aux forces de l’ordre, aux commerçants, ainsi qu’aux montpelliéraines et montpelliérains victimes de ces actes inacceptables ».

>> À LIRE demain ici : la réaction virulente de commerçants du Jeu-de-Paume.

Un document : l’intervention des forces de police sur la route de Mende samedi soir pour encercler et arrêter 51 personnes. Photo Métropolitain.

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