Sète Agglopôle Méditerranée : 64,3 M€ pour mieux traiter les eaux usées

Le territoire de Thau devrait inaugurer une nouvelle station d’épuration en 2022. Elle traitera plus de 5 millions de m3 d’eaux usées et 2 millions de m3 d’eaux pluviales. Présentée par François Commeinhes, président de Sète Agglopôle Méditerranée et maire de Sète, en présence des représentants de Suez, concessionnaire de service public et de la Step -station d’épuration des eaux usées- des Eaux-Blanches, à Sète, ce projet, appelé  »Thau Maritime », est présenté comme une « future station d’épuration unique et performante pour le territoire ». 

Les épisodes pluviaux décennaux et les ruissellements conséquents de rivières et ruisseaux  de ces dernières semaines ont montré clairement les limites de l’actuelle Step des Eaux-Blanches, à Sète. Une visite officielle sur le site a permis de mesurer la situation et de déclarer la grande utilité du projet de reconstruction de l’équipement.

«Cette situation montre la nécessité des investissements de SAM avec Thau Maritima. En 2022, cette nouvelle station traitera 5,3 millions de m3 d’eaux usées et 2 millions de m3 d’eaux pluviales lors de pluies d’intensité modérée», explique François Commeinhes.

S’inscrivant sur le périmètre des communes de Balaruc-les-Bains, Balaruc-le-Vieux, Bouzigues, Frontignan, Gigean, Poussan et Sète, ce projet est aujourd’hui une priorité pour l’agglomération : « Thau Maritima est le plus gros investissement de Sète Agglopôle Méditerranée. Ce dossier me tient à coeur compte tenu de la fragilité du Bassin. Avec ce nouvel outil on pourra absorber les variations saisonnières de population », complète le président.

C’est donc Thau Maritima, une entreprise biterroise spécialement créée par le groupe Suez qui va entièrement reconstruire d’ici 2021 cet équipement, aujourd’hui sous dimensionné. Un marché total de 225 M€ et des travaux qui s’élèvent à 64,3 M€, soit le plus gros chantier porté à l’avenir par Sète Agglopôle Méditerranée.

Protéger la ressource en eau et les milieux naturels

Objectif : même en situation de crise, protéger la ressource en eau et les milieux naturels, notamment les eaux de l’étang de Thau contre la totalité des bactéries et la moitié des virus identifiés à ce jour.

19 M€ de travaux seront d’ailleurs investis sur les réseaux autour de la lagune, afin de respecter les flux admissibles microbiologiques -FAM-, en sachant que l’étang bénéficie d’une surveillance permanente de sa bactériologie.

La technologie qui a été choisie est la filtration membranaire. Grâce à des membranes organiques avec des pores inférieurs à 0,05 μm, le réacteur filtrera les boues activées en remplacement de l’étape de clarification des traitements classiques.

Cette «ultrafiltration» se fera par passage de l’eau de l’extérieur vers l’intérieur de la membrane. L’eau épurée avant rejet aura ainsi la qualité d’une eau de baignade et pourra même être utilisée pour l’arrosage.

Le chantier lancé cet automne

La continuité du service sera assurée pendant les quatre années de travaux. Actuellement, la capacité de traitement structure est de 135’000 EH, équivalents habitants,. Elle sera portée à 165’000 EH, avec une possibilité de montée en puissance jusqu’à 190’000 EH.

Les rejets de la future Step permettront de produire du méthane. Ce gaz pourra être réinjecté dans le réseau de la ville avec GRDF ou fournira assez de carburant pour permettre chaque année à 30 bus de rouler. Les boues ne seront plus incinérées mais traitées sur place.

L’eau clarifiée sera rejetée à 7km du rivage. En outre, cette station sera pratiquement «carbo-neutre» : elle produira 90% de l’énergie nécessaire à son fonctionnement. «C’est un modèle d’économie circulaire, a déclaré François Commeinhes, l’économie circulaire doit être notre nouveau mode de vie si nous voulons offrir un avenir à nos enfants. Nous devons passer d’un mode de vie linéaire : je prends des ressources, je les consomme, je les rejette, à un mode de vie circulaire : plutôt que de les rejeter, mes déchets sont peut-être des ressources».

Enfin, lors d’épisodes exceptionnels, les eaux pluviales seront collectées dans un bassin d’orage de 6 000 m3, avant d’être traitées puis restituées au milieu naturel.

Exploitation sur sept communes

Thau Maritime exploite depuis le 1er janvier 2018 le patrimoine de l’assainissement sur sept communes -Balaruc-les-Bains, Balaruc-le-Vieux, Bouzigues, Frontignan, Gigean, Poussan et Sète-, soit 29’000 abonnés avec 20 collaborateurs, qui exploitent deux stations de traitement des eaux usées, 330 km de réseaux, les postes de relèvement et une direction clientèle régionale de 120 personnes pour la facturation « assainissement ».

L’avenir écologique et, du coup, économique du bassin de Thau se joue dès cette année.

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