Coups de feu à Montpellier : c’était un différend commercial

Métropolitain a révélé lundi dernier l’intrusion, dans la soirée, d’un inconnu dans une entreprise de communication installée dans le quartier de Garosud, au sud-ouest de Montpellier. Vêtu d’une combinaison de paintball, gantés, un masque de peinture dissimulant son visage, porteur de grosses lunettes, il avait braqué des dirigeants et des salariés, neuf personnes au total, qu’il avait contraint de se mettre à plat ventre, avant de tirer deux coups de feu.

Dans un premier temps, une source proche de l’enquête avait indiqué que les coups de feu avaient été tirés en l’air. Il était ressorti lors des investigations de la police technique et scientifique du Service régional d’identification judiciaire -SRIJ- du commissariat central de Montpellier, que l’agresseur avait, en fait tiré vers le sol et qu’un ricochet d’un ou des projectiles auraient pu atteindre les deux employés, terrorisés.

Un indice sur le fourgon

Après cette rocambolesque attaque digne d’un polar, l’inconnu avait grimpé dans un fourgon blanc garé sur le parking et avait pris la fuite vers Saint-Jean-de-Védas. Un des salariés braqués a eu la présence d’esprit de relever des inscriptions intéressantes et notamment une adresse sur le véhicule, à défaut de la plaque d’immatriculation, ce qui a permis aux policiers de la Sécurité publique de Montpellier d’alerter le groupement de gendarmerie de l’Hérault pour se rendre illico à cette adresse, dans un village situé au sud de Lodève.

Les gendarmes de la compagnie de Lodève sont arrivés avant le retour chez lui du suspect, qui a été cueilli sans incident. Sur le moment, gendarmes et policiers ont été saisis d’un gros doute, car le propriétaire du fourgon, un auto-entrepreneur de 48 ans, n’était porteur ni d’une arme à feu, ni d’une combinaison de paintball et qu’un masque, ni de grosses lunettes n’ont été retrouvés…

Un fusil de chase à canon scié

Le quadragénaire était cependant placé en garde à vue et l’arme utilisée lors de son irruption spectaculaire et pétaradante dans la société de Garosud, à Montpellier était découverte, lors d’une perquisition. Il avait utilisé un fusil de chasse de calibre 12 à canon scié. Les policiers ont également saisi un brouilleur d’ondes de téléphones mobiles.

Un différend commercial est à l’origine de cet excès de violence. Selon l’enquête des policiers de la sûreté départementale de l’Hérault, le quadragénaire avait été démarché par cette société à laquelle il a rendu visite lundi dernier vers 19h. Elle crée des sites Internet et permet aux entreprises d’être référencées. Mais, il avait souscrit un contrat qui ne le satisfaisait pas et avait donc fait des démarches pour se rétracter.
14’000 € de dette à payer

La société n’avait rien voulu savoir et le litige n’avait pu se résoudre par les voies classiques. La société avait engagé une procédure judiciaire. Quelques semaines avant les faits, sa condamnation par le tribunal de commerce de Montpellier à verser 14’000 € d’arriérés à la société, jugée injuste, l’a rendu furieux.

Une colère aggravée par la récente saisie sur salaire de 3’000 €. Lundi dernier, cet auto-entrepreneur aurait alors décidé de se venger. Il a expliqué avoir tiré à terre pour soulager sa colère.

 

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