Médias : vers un nouveau sursis pour la Marseillaise

Le quotidien régional La Marseillaise qui est en redressement judiciaire depuis novembre 2016, a obtenu mercredi devant le tribunal de commerce de Marseille un avis favorable du parquet de la ville pour la poursuite de sa période d’observation, qui se terminera le 28 mai. Les juges du tribunal de commerce ont mis en délibéré leur jugement au 15 mars.

 « La dynamique est là, nous avons bon espoir, réagit Audrey Garino, directrice du quotidien, fondé le 1er décembre 1943, mais, le combat n’est pas terminé, ce journal c’est la prunelle de nos yeux ».  La Marseillaise qui comptait 210 salariés en 2014 n’en compte plus que 85 à ce jour, et un nouveau plan social visant 44 emplois supplémentaires, dont 28 postes de journalistes, a été présenté en janvier.

1,07 million d’euros injectés

Le journal, communiste à ses débuts avant de s’ouvrir à la fin des années 1990, avait été placé une première fois en redressement judiciaire en novembre 2014, jusqu’à son rachat en avril 2015 par les éditions des Fédérés, dirigées par le député communiste des Bouches-du-Rhône Pierre Dharéville. Dans le cadre du plan de redressement, La Marseillaise met en avant la recapitalisation de l’entreprise, avec 700’000 euros du groupe Media, spécialisé dans la communication des entreprises et des collectivités, 300’000 euros du promoteur immobilier Quartus, qui s’est adossé à Nice Matin, et 70’000 euros des Amis de la Marseillaise, qui avaient déjà injecté 600’000 euros, soit 1,07 M€.

Toutefois, l’arrivée de Quartus, qui a repris le contrat de crédit bail des éditions des Fédérés sur le siège du journal situé au coeur de Marseille est loin de faire l’unanimité. « Les Fédérés versaient 48’000 euros par trimestre dans le cadre de ce contrat, mais nous étions propriétaires, maintenant nous ne verserons plus qu’un loyer de 60’000 euros par an à Quartus, mais nous ne sommes plus chez nous. Pourtant, le bâtiment coûte 6 ou 7 M€ », déplore Jean-Marie Dinh, journaliste et délégué SNJ-CGT de la Marsellaise.

L’arrivée de Nice-Matin au capital, à hauteur de 25%, via Quartus est critiquée : « Nous avons fait entrer le loup dans la bergerie », relève Jean-Marie Dinh, évoquant un risque de  » future vente à la découpe pour ne conserver que les événements rentables de la Marseillaise, comme le Mondial de la pétanque ou le Grand Prix cycliste ».

La Marseillaise est en crise : les ventes ne dépasseraient pas les 15’000 exemplaires. Actuellement diffusé dans six départements -Bouches-du-Rhône, Var, Alpes-de-Haute-Provence, Vaucluse, Gard et Hérault-, le titre ne compte que deux éditions quotidiennes, Provence et Languedoc, ainsi qu’un supplément week-end.

2 Comments

  1. Drôle de prunelle pour tant de licenciements ! Quelle tristesse de voir disparaître lentement mais surement un bon journal.

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