Droits des femmes : non au harcèlement de rue à Montpellier

Le 8 mars, c’est la Journée internationale des droits des femmes. Le harcèlement de rue et les attitudes sexistes, notamment sur les lieux de travail perdurent. Deux associations sont actives à Montpellier, « Stop au harcèlement de rue » qui se mobilise depuis plusieurs années et, depuis peu, le collectif « Groupe F de Montpellier ». Et puis, cette information exclusive de Métropolitain qui tombe à pic : la direction centrale de la police nationale a annoncé hier, à la veille de cette journée du 8 mars, la création d’une plateforme de signalement en ligne des violences sexistes et sexuelles. Toutes les directions départementales de la Sécurité publique -DDSP- du territoire, dont la DDSP de l’Hérault ont été informées ce jeudi de cette initiative. Les appels à candidature internes aux commissariats de police sont lancés et seront clôturés le 25 mars prochain.

« Un mec qui sort d’un bâtiment quand je passe. Il me reluque et commence a s’approcher de moi en essayant de me bloquer le passage dans la rue. Je suis partie en courant ». C’est un des nombreux messages -une bonne trentaine déjà- postés sur la carte interactive mise en ligne par le collectif  » groupe F de Montpellier », un collectif composé à ce jour d’une quinzaine de femmes, mais pas que, puisqu’il  y a une poignée d’hommes, tous engagés dans la lutte quotidienne contre le harcèlement de rue .

Des femmes dénoncent des dragues très lourdes, des propositions sexuelles et des mains aux fesses. Sarah Rousseau, membre du collectif relève après analyse des témoignages que, « l’intérêt de visualiser le lieu et l’heure à laquelle cela s’est passé, c’est de montrer que cela touche notre vie quotidienne et que cela ne se passe pas  forcement  dans un angle de rue sombre et la nuit. »

Selon elle, « l’objectif n’est pas de créer une carte des lieux ou des quartiers  a éviter, même si on sait que les gares SNCF par exemple sont des lieux plus sensibles que d’autres ».

>> Mode d’emploi de cette carte interactive :

  • Zoomer sur l’endroit
  • cliquer sur l’icône « activer l’édition »en haut à droite
  • puis sur l’icone marqueur en haut du menu
  • placer le marqueur sur le lieu et écrire votre témoignage
  • ne pas oublier d’enregistrer en haut à droite.

Stop harcèlement de rue : « zone sans relou »

« Stop harcèlement de rue » a été créée comme un collectif militant en mars 2014, selon la loi d’association loi 1901. Cette association nationale dispose d’antennes en province, dont une à Montpellier.

« La lutte contre le harcèlement de rue soulève deux questions essentielles, l’accession à l’autonomie, dans tous les domaines de la vie, et l’éducation à la mixité réelle. Et le partage à égalité de tous les espaces, dans tous les rapports sociaux, notamment les rapports de séduction. Nous combattons le sexisme et l’homophobie en défendant le droit à l’autonomie et l’avènement d’une vraie mixité », explique une responsable de l’association.

En cette Journée internationale des droits des femmes, elle explique que, « pour réduire le harcèlement de rue, nous adoptons une démarche d’éducation populaire, avec un projet phare : le développement de « zone sans relou ». C’est à dire la mise en place dans des lieux existants tels que les bars, festivals, transports, etc,  des actions concrètes et une visibilité pour vivre réellement l’expérience d’un lieu sans harcèlement de rue, sans sexisme ordinaire. Et parallèlement, nous pratiquons des actions de sensibilisation pour rendre visible le problème et montrer la possibilité de le combattre. Avec l’idée qu’en allant au-devant des personnes, en leur donnant des conseils pour réagir, qu’elles soient harcelées ou bien témoins, nous pouvions inverser les rôles et permettre aux femmes de relever la tête ».

« Stop au harcèlement de rue » refuse que sa lutte soit instrumentalisée à des fins racistes, xénophobes et islamophobes, avec ce message : on ne peut pas combattre une discrimination aux dépens d’une autre. Les propos tenus visant à stigmatiser une partie de la population sont condamnés systématiquement.

Sensibiliser les femmes et les hommes

Le but est aussi de sensibiliser les gens, surtout les hommes, à cette cause. « Quelques-uns commencent à comprendre l’ampleur du problème, d’autres pensent que c’est un phénomène de mode, qu’un petit commentaire déplacé, c’est pas grave… ça c’est terrible ! », ont constaté deux jeunes femmes de Montpellier qui ont rejoint le collectif car, selon elles, «la coupe est pleine», mais aussi par conviction féministe, comme elles l’ont dit à notre consoeur Amélie Goursaud, journaliste à la Marseillaise-Languedoc.

Elles recommandent de rester calme si le harceleur se montre insistant ou dangereux, puis d’envoyer un texto au numéro national le 114 – initialement prévu pour les sourds et muets-, afin de signaler leur position pour qu’on leur envoie des renforts. Elles attribuent également des badges « Zone sans Relous » aux bars qui respectent la ligne de conduite du collectif et qui s’engagent à « dégager les clients relous avec les femmes », quitte à perdre de la clientèle et des consommations. On en compte pour l’instant trois à Montpellier, selon la Marseillaise Languedoc.

En cette journée du 8 mars, Métropolitain a décidé d’évoquer cette réalité, très mal vécue par les femmes. Un petit coup de projecteur sur un phénomène qu’il ne faut plus prendre à la légère.

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