Renfe-SNCF vers l’Espagne : Montpellier « étoile montante » du TGV

« Montpellier est l’étoile montante de nos destinations en Espagne et notamment à Barcelone et la Costa Brava », a révélé Yann Monod, le directeur général de la coopération Renfe-SNCF, lors d’une conférence de presse, mardi en mairie de Montpellier, ce qui n’a pas manqué d’éveiller l’attention de Philippe Saurel, maire et président de la métropole. Avec son constat dans la foulée : « Étoile montante, mais avec encore un fort potentiel à développer ». Sourire malicieux en sus…

Depuis le lancement du TGV entre la France et l’Espagne en décembre 2013, le nombre de trajets entre Montpellier, Barcelone, Girone, Figueres, Madrid et Saragosse s’élève à plus de 480’000, avec jusqu’à six fréquences par jour l’été. « Montpellier s’est positionné depuis l’année dernière comme la deuxième ville émettrice et réceptrice en France, après Paris. L’an dernier, le nombre de trajets vers l’Espagne a connu une croissance de 14% », a relevé Yann Monod, entouré de Philippe Saurel et de Jean-Luc Cousquer, le président de l’office du tourisme et des congrès de Montpellier Méditerranée Métropole.

Ils ont présenté ce mardi l’étroite coopération autour de l’axe ferroviaire Montpellier-Espagne, « véritable facteur de développement touristique pour la destination de Montpellier et des 31 communes de la métropole », s’est réjouit Philippe Saurel. Jean-Luc Cousquer a comparé Montpellier et Barcelone, « jumelées en fait et en droit, grâce à leur patrimoine qui se rapproche, leur richesse culturelle, artistique, architecturale, économique et à leur dynamisme », notant que le délai du trajet entre Montpellier et Barcelone est de 2h52, moins de 2h pour la Costa Brava,à bord de trains confortables.

Barcelone, la préférée

Renfe-SNCF a mené 11’000 enquêtes l’année dernière -7 000 à bord des trains et 4 000 online- et a passé au crible les statistiques de la ligne à grande vitesse vers l’Espagne : pour 80% des Français, dont de nombreux Montpelliérains, Barcelone reste la première destination. La capitale de la Catalogne est largement préférée, devant la région de Girone et de la Costa Brava.

Un constat : la destination vers Madrid connaît une belle progression depuis son lancement. 75% des voyageurs des TGV en provenance d’Espagne et qui débarquent en gare SNCF Saint-Roch, à Montpellier viennent de Barcelone, « pour essentiellement des séjours privés », selon Yann Monod. En clair : pour rendre visite à la famille et des amis, « 60% de la population de Montpellier à une descendance espagnole et catalane », a rappelé Philippe Saurel et pour faire la fête, surtout l’été.

La place de la Comédie a la cote

Cette grande enquête de Renfe-SNCF et l’analyse des commentaires postés sur les réseaux sociaux permettent même d’établir que la célèbre place de la Comédie a plus que jamais la cote : elle arrive largement en tête des lieux d’ici visités par les Catalans, devant la place Royale des Jardins du Peyrou et la cathédrale Saint-Pierre. Ils n’hésitent pas à faire un tour dans le quartier d’Antigone signé du Catalan Ricardo Bofill. Les Catalans sont, par ailleurs friands des visites guidées de l’office du tourisme, notamment celles de « Montpellier por la noche » -pour la nuit- en 2017.

Sinon, à part les Français et les Espagnols qui préfèrent le rail, quelle est la nationalité des autres voyageurs ? « 38% sont Français, 26% sont Espagnols et, c’est une vraie surprise pour nous, 36% du reste des touristes dans les TGV vers l’Espagne viennent de l’Amérique du Nord, les USA et le Canada, devant le Royaume-Uni. On découvre que 3% arrivent d’Australie, c’est loin », constate Yann Monod.

Forte fréquentation hôtelière

Les chiffres sont incontournables : l’Espagne reste la première clientèle étrangère pour la métropole de Montpellier. Avec ce boom de la fréquentation hôtelière : de 28’749 nuitées en 2012 à 54’108 nuitées en 2017, « soit une évolution de 88% en six ans », se félicite Jean-Luc Cousquer. L’accueil touristique a suivi : à l’office du tourisme, tous les conseillers en séjour parlent l’espagnol. Les outils de communication sont également disponibles en langue hispanique.

À l’office du tourisme, il existe un site Web 100% espagnol : ainsi, 19% des connexions étrangères sur le site Internet sont signées de la clientèle espagnole, soit plus de 66’000 visites l’année dernière.

« Un tronçon LGV Montpellier-Béziers urgent »

Philippe Saurel a souligné, ce mardi, que « les nouvelles lignes et gares TGV de Montpellier, à la Mogère et de Manduel, dans le Gard, que j’ai défendues avec ardeur représentent un formidable atout pour l’attractivité de nos territoires et pour booster le commerce, l’économie, le tourisme etc. Le tronçon manquant Montpellier-Perpignan de la ligne Paris-Barcelone viendra compléter le corridor méditerranéen, dont la pertinence s’étend d’Amsterdam à Séville. L’utilité de cette LGV existe, incontestablement, le potentiel existe aussi donc, mais on attend la réponse depuis trente ans. Ça ne peut plus attendre encore une éternité, l’urgence est la réalisation d’un premier tronçon entre les gares SNCF de Montpellier et de Béziers ».

Le maire de Montpellier et président de la métropole a annoncé qu’il allait réunir, « dans le mois qui vient à Montpellier », les maires des villes françaises et espagnoles directement concernés pour donner un coup de fouet à la mise en oeuvre du chantier Montpellier-Béziers, qu’il juge prioritaire, en attendant que le gouvernement se prononce officiellement sur la réalisation de la LGV Montpellier-Perpignan, en misant sur le fameux fort potentiel évoqué par Philippe Saurel. CQFD.

L’élu va, une nouvelle alerté la ministre des Transports, Élisabeth Borne pour que le projet ne soit pas mis durablement en sommeil. La ministre sera t-elle présente début juillet pour l’inauguration de la gare LGV Sud de France à la Mogère ? Pour l’heure, c’est prévu. Selon Philippe Saurel, 30 TGV feront une halte, à terme, c’est à dire en 2020, dans cette seconde gare TGV de Montpellier, qui a mis du temps à sortir de terre…

« L’importance du fret »

Quelques jours après l’épisode neigeux historique qui a paralysé Montpellier et la métropole pendant 48 heures, Philippe Saurel n’a pas manqué de regretter que, « 14’000 poids-lourds et camions de moindre gabarit ont bloqué les entrées et les sorties de Montpellier par l’A9, par l’A750 et par la Liaison intercantonale d’évitement nord, le Lien, parce que les autoroutes n’avaient pas été fermées jusqu’à l’alerte rouge. Du coup, tous les camions se sont retrouvés aux portes de Montpellier, créant une énorme pagaille. Eh bien, si ces 14’000 camions avaient été transportés par le fret, il n’y aurait pas de problèmes de circulation, c’est clair et net. D’où l’importance du fret, qui devient urgent. On ne peut plus tolérer que des milliers de camions empruntent chaque jour l’A9 au sud de Montpellier ».

Ventes Flash en France

En attendant que les chauffeurs-routiers soient invités à choisir le train, Renfe-SNCF ont choisi de le faire d’ores et déjà préféré aux Français attirés par les destinations espagnoles. Dans le cadre d’un partenariat avec l’office du tourisme et des congrès de la métropole de Montpellier, des promotions sont régulièrement proposées. Ainsi, depuis hier et jusqu’au mercredi 14 mars prochain inclus, une vente Flash est proposée en France, avec l’objectif de booster les ventes de printemps. Ainsi, un billet Montpellier-Catalogne est à 25€ pour des voyages entre le 20 mars et le 21 juin. Le trajet Montpellier-Barcelone en TGV de centre-ville à centre-ville en 2h52 est proposé à 29€.

Le rail représente véritablement un véritable trésor pour le développement à l’avenir de Montpellier et de sa métropole.

>> Pratique : http://www.renfe-sncf.com

Philippe Saurel, entouré de Yann Monod et de Jean-Luc Cousquer. Photo JMA. Métropolitain.
Jean-Pierre Rico, maire de Pérols et vice-président de Montpellier Méditerranée Métropole était présent à la conférence de presse. Photo JMA. Métropolitain.

2 Comments

  1. Une LGV qui s’arrête à Perpignan, Narbonne, Beziers, Montpellier, Nîmes, cela s’appelle un omnibus.
    Une vraie LGV s’arrêterait seulement en deux points.
    A Narbonne (patte d’oie vers Toulouse) et à Orange (embranchement sur Lyon, le nord de l’Europe, et sur Marseille-Nice au sud)
    Le reste est une affaire de TER, d’Intercités.

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