Décoration : la fourragère au corps des pompiers de l’Hérault

Un événement dans l’histoire des pompiers de l’Hérault sera célébré avec faste, samedi 17 mars à 11h sur le site du conseil départemental du Château d’O, à Montpellier, en présence notamment de Pierre Pouëssel, le préfet de l’Hérault, de Kléber Mesquida, président du Département de l’Hérault et bien sûr du colonel Éric Florès, directeur du service départemental d’incendie et de secours -Sdis 34- de l’Hérault : la remise officielle de la fourragère tricolore au corps départemental des sapeurs-pompiers, la distinction suprême dont rêve chaque directeur de Sdis.

« La fourragère est une décoration collective récompensant une unité militaire, comme un régiment, un navire, etc, ou civile, comme certains corps départementaux de sapeurs-pompiers pour faits de guerre ou de bravoure exemplaires. Elle est portée par ses membres en uniforme exclusivement durant leur temps de service en son sein, le caractère collectif de son attribution fait qu’elle est rarement portée à titre individuel », explique un historien à Métropolitain.

Une cordelette tressée

La fourragère vient du nom des cordelettes à fourrage que portaient autour de l’épaule les dragons autrichiens au XVIIIe siècle. Employée par Napoléon 1er pour distinguer les hussards des artilleurs, elle ne fut introduite dans l’armée française, à titre honorifique qu’à partir de 1916. Elle était accordée aux soldats des régiments dont les drapeaux avaient été décorés pour faits de guerre. Elles étaient à la couleur de la médaille discernée.

La fourragère est une cordelette tressée comportant un trèfle à l’une des extrémités et un ferret à l’autre ainsi qu’une olive au-dessus du ferret avec les dates gravées, pour laquelle elle a été accordée. Elle se porte sur l’épaule gauche, plus rarement en bataille accrochée au premier bouton du plastron.

Selon nos informations, les sapeurs-pompiers professionnels et volontaires de tous les grades de seulement une cinquantaine de Sdis en France -sur une centaine- ont l’honneur de porter la fourragère. La décision de l’attribuer au corps départemental des sapeurs-pompiers de l’Hérault est basée sur les nombreux sauvetages de personnes en péril assurés ces dernières années, notamment lors de crues importantes, de violents incendies de forêt l’été et pas plus tard que la semaine dernière pour l’épisode neigeux.

Cette décoration va donc récompenser les actes de courage et de bravoure des casqués héraultais, qui au moment de la remise de la distinction auront une pensée à ceux « morts au feu ». Impossible pour ceux et celles qui ont choisi de servir, devise oblige, d’oublier ces disparitions tragiques injustes et la terrible douleur éternelle des familles.

Le Sdis 34 en catégorie A

Le Sdis est soumis à une double autorité. La première est une autorité opérationnelle gérée par le préfet et le maire, en collaboration dans leur pouvoir de police respectif. La seconde est une autorité administrative gérée par un conseil d’administration, le conseil d’administration du Sdis -le CASDIS- qui comprend des conseillers départementaux, des maires et des élus des établissements publics de coopération intercommunaux, EPCI. Le président du conseil départemental est, de droit, président du CASDIS, comme c’est le cas ici, avec Kléber Mesquida.

Les Sdis sont classés en trois catégories, suivant la taille de la population qu’ils défendent :

  • en catégorie A lorsque la population est supérieure ou égale à 900’000 habitants ;
  • en catégorie B lorsque la population est supérieure ou égale à 400’000 habitants et inférieure à 900’000 habitants ;
  • en catégorie C lorsque la population est inférieure à 400’000 habitants.

Le Sdis de l’Hérault est classé en catégorie A. Les Sdis de catégorie A sont les plus importants sur le territoire. À la fin de l’année dernière, on comptait 20 Sdis en catégorie A, 37 Sdis en catégorie B et 40 Sdis en catégorie C.

71 casernes, plus de 4 600 hommes et femmes

Le Sdis 34 dispose d’un budget de 126 M€ cette année -il a été voté hier par le CASDIS-, un financement assuré par les contributions du Département, des intercommunalités et des communes. Le Sdis 34 veille 24h sur 24, toute l’année, sur la sécurité de la population du département, soit 1,2 millions d’habitants. Ils étaient au début de cette année 4 616 hommes et femmes dans les 71 centres se secours, à savoir 764 professionnels, 3 383 volontaires, 222 personnels administratifs et techniques, 134 médecins sapeurs-pompiers, 112 infirmiers et 4 pharmaciens, avec des unités spécialisées, en risque chimique et NRBC, dans les domaines du secours nautique, du sauvetage déblaiement, en montagne et en milieu périlleux, des commandos feux de forêt, des recherches de personnes par la cellule cynophile départementale.

Une sortie toutes les 6 minutes et 51 secondes

Un centre technique est installé sur le site départemental de Vailhauquès, à une dizaine de kilomètres à l’ouest de Montpellier, où se trouve la plateforme commune des appels d’urgence -18-15-112- pompiers-Samu 34, coeur de la gestion des interventions. Un véhicule des pompiers de l’Hérault sort chaque jour toutes les 6 minutes et 51 secondes. Les stationnaires de la plateforme reçoivent plus de 400’000 appels par an, en moyenne 400 à 500 l’été, 200 le reste de l’année.

Ces stationnaires ont géré des milliers d’appels d’urgence pendant les 48 heures du fort épisode neigeux de la semaine dernière. Hier, lors d’une réunion du conseil d’administration du Sdis 34 en présence du préfet de l’Hérault, le président du Département et du CASDIS, Kléber Mesquida a tenu à féliciter les pompiers pour leur mobilisation et pour la parfaite gestion des secours. Le maire de Montpellier et président de la métropole, Philippe Saurel a reconnu publiquement dimanche que, « heureusement que les sapeurs-pompiers de l’Hérault ont été présents et ont réagi formidablement bien sur l’autoroute A9, où ils ont assuré l’assistance des naufragés bloqués dans leurs voitures ».

Plus de 80’000 interventions en 2017

Hier, Kléber Mesquida a également tenu à féliciter les pompiers de garde à la caserne Est du Millénaire, à Montaubérou pour avoir fait preuve de sang-froid et parfaitement géré la fusillade qui a opposé deux bandes rivales sur le chemin du lotissement de la communauté des gitans sédentaires,à proximité de l’entrée principale, dimanche entre 5h30 et 6h. Les pompiers et le personnel médical du Sdis 34 de garde ont prodigué les premiers d’urgence aux deux blessés graves, l’un atteint par des projectiles de calibre 7.65, l’autre lardé de coups de couteau.

L’année dernière, les pompiers de l’Hérault ont passé le cap des 80’000 interventions. Le Département de l’Hérault, conscient du rôle majeur que jouent les « soldats du feu » au quotidien a mis en route des chantiers de construction, de réfection ou d’agrandissement de casernes -dont celles des petits villages de Cassagnoles dans le Minervois et d’Alignan-du-Vent, près de Pézenas- et l’achat de véhicules neufs, modernes et adaptés, notamment dans la lutte contre les feux urbains, à l’image de fourgons pompe-tonne de nouvelle génération très performants et contre les feux de forêt, avec des camions-citernes sécurisés récemment livrés dans des centres de secours.

L’attribution de la fourragère -peu de Sdis de la région Occitanie la possède- lors de la cérémonie du 17 mars prochain constitue la confirmation que le Sdis 34 est tout feu, tout flamme.

Le président du CASDIS, Kléber Mesquida a chaleureusement félicité hier les pompiers. À gauche, le préfet, à droite le directeur du Sdis 34. Photo Sdis 34.
Un fourgon pompe-tonne nouvelle génération qui va équiper des casernes de pompiers de l’Hérault. Photo D.R.
Des CCF sécurisés pour lutter contre les feux de forêt récemment livrés dans des casernes. Photo JMA. Métropolitain.
Fourragère porté par un pompier.

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