Meurtre de Montpellier : le suspect portait les baskets de la victime

Il n’aura fallu qu’un mois et demi aux policiers de la sûreté départementale de l’Hérault pour remonter à un suspect dans l’enquête sur le meurtre d’un SDF roumain de 45 ans, dont le cadavre avait été découvert sur un petit terrain vague, entre la ligne ferroviaire Montpellier-Nîmes et l’avenue François Delmas, la route de Nîmes, dans le prolongement du faubourg du Corum, dans le quartier des Aubes, à Montpellier.

Un SDF de nationalité algérienne de 40 ans, en situation irrégulière en France, a été interpellé la semaine dernière, placé en garde à vue, puis mis en examen par un juge d’instruction pour le crime présumé d’homicide volontaire et écroué à la maison d’arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone.

Grâce aux prélèvements scientifiques

S’il a bien convenu s’être trouvé sur les lieux du meurtre, il a nié avoir tué le quadragénaire, tant en garde à vue, que chez le juge d’instruction. « Il existe dans le dossier des indices graves et concordants contre le mis en examen et il n’y à pour l’instant aucun autre suspect », a indiqué ce lundi matin Christophe Barret, le procureur de la République de Montpellier, qui a salué, « l’enquête exemplaire des policiers de la Sécurité publique de la sûreté départementale de l’Hérault et des spécialistes de la police technique et scientifique du Service interrrégional d’identification judiciaire, le SRIJ, dont les prélèvements d’indices importants sur place, où la scène de crime et une vaste zone alentour avaient été gelés pendant 48 heures ont permis de remonter au suspect ».

Deux sangs différents

Assistés des experts de l’antenne de Marseille du Laboratoire nationale de police scientifique, les policiers du SRIJ de Montpellier avaient récupéré à quelques mètres de la tente et du cadavre du SDF roumain, dans un sac en plastique, un vêtement maculé de sang.

L’analyse scientifique a montré que deux sangs différents se trouvaient sur le tissu, celui de la victime et celui d’un inconnu. Cet ADN a été inscrit dans le fichier national automatisé des empreintes génétiques -FNAEG- qui, quelques jours plus tard a rendu son verdict : le sang sur ce vêtement était celui d’un Algérien de 40 ans, déjà condamné dans le passé pour un petit délit. « Les policiers étaient donc en possession d’une identité, il ne restait plus qu’à le localiser », a souligné le procureur de la République.

En rétention à Sète

Un avis de recherche national a été diffusé à tous les services de police, de gendarmerie et des douanes et la réponse est rapidement venue du centre de rétention administratif de Sète. Le suspect activement recherché avait été contrôlé en situation irrégulière en France et placé à Sète depuis quelques jours. Ce SDF séjournait à Montpellier depuis le mois de novembre dernier. Il fréquentait les foyers et les associations caritatives d’ici qui gèrent le quotidien des sans-abri, à l’instar de la victime.

Se connaissaient-ils ? Pour l’heure, l’enquête n’a pas permis de l’établir, les investigations sont en cours sur ce point. Le mis en examen, s’il nie être le meurtrier présumé, possédait les baskets du SDF roumain dans ses affaires saisies au centre de rétention de Sète. Chaussures qu’il avait même porté à l’époque du meurtre…

Le visionnage des bandes vidéos de la Ville de Montpellier postérieurement au meurtre commis en bordure de la route de Nîmes a permis d’établir que le suspect avait chaussé les baskets du Roumain. En effet, on distinguait le SDF algérien sur des caméras en train de se déplacer à pied avec ces chaussures, distribuées quelques semaines plus tôt à la victime par une association. Or, le jour de la découverte de son corps, le 24 janvier dernier en fin d’après-midi, le SDF ne portait que ses chaussettes, les fameuses baskets avaient disparu…

Il revient trois heures après

Interrogé sur ces indices, le mis en examen a indiqué qu’il s’était affolé en venant rendre visite au SDF roumain : il l’avait trouvé mort devant sa tente, il avait quitté les lieux, sans appeler police-secours, car il se trouve en situation irrégulière, avant de revenir trois heures plus tard pour lui voler son sac de couchage et les baskets, qu’il portait depuis pour se déplacer.

À propos de son sang retrouvé sur le vêtement, le quadragénaire aurait donné une version qui n’a pas convaincu le juge d’instruction, ni le juge de la liberté et de la détention -JLD- qui ont ordonné son incarcération : il assure s’être blessé aux mains en s’accrochant à des buissons et de s’être essuyé sur ce tissu. Sans pouvoir expliquer pourquoi ce vêtement ensanglanté se trouvait dans un sac en plastique, que la victime n’a pas pu déposer puisqu’elle était décédée. Sac et tissu maculé de sang récupéré à plusieurs mètres du cadavre.

Sans aveux du suspect, il est impossible d’établir un mobile. Cependant, le vol pourrait être à l’origine d’une dispute violente entre les deux SDF. Le Roumain a eu le crâne fracassé à coups de deux objets contondants lourds, qui n’ont pas été retrouvés.

Le procureur de la République de Montpellier, Christophe Barret, lors de la conférence de presse de ce matin. Photo JMA. Métropolitain.

2 Comments

    1. Bonjour, pour Montaubérou, c’est tout frais, ça date d’hier matin. L’enquête suit son cours activement.

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