Montpellier : quand le yoga s’invite au lycée Jules Ferry

En 2016, deux enseignants d’éco-gestion du lycée professionnel montpelliérain Jules Ferry, Catherine Sauvage et Thomas Zwilling, ont introduit le yoga dans l’établissement. Leurs élèves ont pu acquérir des techniques favorisant la relaxation et la concentration en classe (et en dehors de la classe) pour, notamment, mieux préparer les examens. Après un premier bilan convaincant, le dispositif a été renforcé cette année. Alors que le yoga au lycée se développe en France, à Montpellier, Jules Ferry montre l’exemple.

Pour proposer des cours de yoga, Catherine et Thomas (respectivement 13 et 7 ans de pratique) ont du suivre la chemin tracé par le ministère de l’Education Nationale : les deux yogis ont été formés aux techniques du yoga dans l’éducation par l’association RYE (Recherche Yoga et Education), agréée par le Ministère depuis 2013. “Tout d’abord, un grand merci au proviseur qui nous a écouté et a donné son aval pour réaliser ce projet“, rappelle Catherine Savage pour qui l’année scolaire 2016-2017 fut une phase de test, “très positive et très satisfaisante“.

« Les élèves sont plus calmes »

Pour preuve, le constat du proviseur, Jean-Marc Cazilhac : “Nous avons clairement perçu les effets bénéfiques du yoga sur le comportement scolaire“, confirme-t-il, “Les élèves qui en bénéficient sont plus calmes et leurs enseignants constatent une amélioration notable de l’attention en cours“.

Les deux yogis ont saisi la balle au bond : “Ce bilan positif nous a permis de renforcer le dispositif pour 2017-2018“, précise Catherine : “Actuellement, trois de nos classes (terminales BAC Pro, CAP Vente et 3ème Prépa Pro) bénéficient d’une heure de pratique de yoga hebdomadaire“.

Le yoga pour améliorer ses performances

Il ne s’agit pas de transformer les élèves en futurs yogis, mais bien de leur permettre, par des exercices sur la respiration, l’équilibre et la relaxation, de mieux lutter contre le stress et la fatigue, d’apprendre à se concentrer et, au final, d’améliorer les apprentissages. “Nos élèves, pendant l’heure hebdomadaire, s’entraînent, à travers les exercices sur la posture, la respiration et la relaxation, à reconnecter le corps et le mental“, explique Thomas, “Ensuite, dans la journée, ils peuvent faire de petites pauses yoga de 5 mn en début ou en fin de cours“.

Pour Catherine, qui rappelle qu’un élève doit passer au moins 6 heures assis derrière une table, le yoga s’impose comme une évidence : “Un exercice sur la respiration de 5 min avant l’heure de cours ou l’examen peut suffire pour évacuer le stress et se concentrer“, décrit-elle, Pour cela, nos élèves apprennent des techniques pour réguler leur souffle : le diaphragme se détend, la respiration s’allonge, le stress retombe. Le yoga permet de se maîtriser, de prendre confiance en soi et donc de devenir plus performant“.

Jules Ferry, le précurseur montpelliérain

Pour les plus sceptiques, le Ministère confirme les bienfaits du yoga à l’école. Et l’hebdomadaire Le Point a publié une enquête début janvier sur le développement du yoga dans les établissements scolaires. En région parisienne par exemple, le RYE intervient désormais dans 18 collèges : “Nous formons 500 éducateurs par an, dont 80 % sont des enseignants“, précise Sophie Flak, présidente du RYE, “Nous sommes appelés par un nombre croissant d’établissements pour former des enseignants… Chaque année, 270 000 enfants bénéficient du yoga en classe, de la maternelle à l’université“.

À Montpellier, le lycée Jules Ferry, très en pointe sur les approches nouvelles (voir aussi l’opération “Silence, on lit“) se pose en précurseur avec son heure de yoga hebdomadaire intégrée dans l’Accompagnement Personnalisé (AP) des élèves. Une initiative identifiée clairement comme un critère de performance dans le travail scolaire.

“Nos élèves développent d’autant plus leurs facultés de concentration que nous travaillons aussi sur la méditation en concluant nos séances par du yoga Nidra“, décrivent Catherine et Thomas, qui espèrent aller plus loin encore en 2018-2019.

Un projet reconnu comme innovant par le Rectorat

“Nous prévoyons de développer le yoga en atelier en ouvrant de plus en plus l’activité à tous les élèves“, confirment les deux enseignants yogis, évoquant d’autres axes de leur projet retenu comme “projet innovant“ par le Rectorat et son département de R&D en innovation et en expérimentation, la CARDIE : développer aussi le “yoga des colles“ et le “yoga des examens“.

Le premier se tiendra une fois toutes les deux semaines : “Les élèves volontaires participeront à cet atelier qui les aidera à entreprendre une remédiation“, explique Catherine, “Pour le second, trois classes de terminales Bac Pro bénéficieront d’une préparation sur l’année“.

Les deux yogis ont aussi sollicité la Région Occitanie pour financer un autre volet de leur projet : le yoga en extérieur pour préparer le BAC. Thomas et Catherine aimeraient organiser, avant cet examen, un stage de nautisme à Marseillan. Au programme pour les élèves : voile, révisions et yoga. “Ce projet global autour du yoga à Jules Ferry est une belle aventure“, conclut Catherine, “Tout le monde constate le bénéfice des nouvelles approches et du yoga au lycée. Notre plus grand plaisir est de voir que les élèves s’y retrouvent“.

>> Texte : Gil Martin / Vidéo : Arnaud Boularand.

2 Comments

  1. Merci à l’équipe de Metropolitain pour s’être intéressée aux pratiques pédagogiques qui ont lieu au sein de l’Education Nationale et en lycée professionnel. Catherine Sauvage

  2. Bonjour
    Je souhaite enseigner le yoga à l’ecole Mais je ne suis pas enseignante académie
    Ai je des chances que les écoles acceptent ?

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