2018 : 66 M€ pour le CHU de Montpellier et l’hôpital du futur

Thomas Le Ludec, directeur général du CHU de Montpellier, n’a pas failli à la traditionnelle cérémonie des vœux. L’occasion pour lui d’évoquer une année 2018 riche en promesses, avec la mise en oeuvre du nouveau projet d’établissement 2018-2022 qui mise sur l’innovation et la recherche. 66 M€ d’investissement sont programmés pour moderniser le CHU qui prépare « l’hôpital de demain ».

Pour Thomas Le Ludec, l’année 2017 aura été marquée par plusieurs initiatives fortes : le lancement du projet Montpellier Université d’Excellence (MUSE) « qui génère une forte dynamique dans le domaine de la recherche », « les excellents résultats de nos équipes aux appels à projets de recherche », mais aussi par la poursuite de la modernisation de l’établissement qui se transforme.

Si le rêve -à long terme- du directeur est bien de regrouper les activités du CHU sur un site unique, l’établissement évolue progressivement comme le prouve la création d’un bâtiment modulaire pour les urgences obstétricales et l’ouverture de la nouveau faculté de médecine, à proximité immédiate de l’hôpital.

Un hôpital modernisé

En 2017, Le CHU a investi 36 M€ sur des opérations de modernisation. L’hôpital Arnaud de Villeneuve profité désormais d’un nouveau bâtiment modulaire pour les naissances (amélioration de l’accueil des patientes en urgences obstétricales), tandis que le département des urgences et post-urgences psychiatriques de Lapeyronie a été rénové, toujours dans l’optique d’améliorer le parcours des patients.

« Sans oublier la modernisation et la mise aux normes du service de médecine légale », rappelle le directeur qui précise que la modernisation du CHU passe également par le développement de nouveaux modes de prises en charge répondant aux besoins des patients : « dont, bien sûr, le médecine déambulatoire en forte progression à + 4,5% », précise Thomas le Ludec, ajoutant, « de plus en plus d’opérations peuvent être réalisée avec une seule journée d’hospitalisation. 35,4% des interventions chirurgicales sont désormais réalisées en ambulatoire ».

Prioriser la qualité des soins

Ce qui amène le directeur général du CHU à évoquer des enjeux cruciaux : sécurité et qualité des soins. « Plusieurs reconnaissances officielles sont venues saluer notre travail dans ce domaine en 2017 », annonce t-il, citant la labellisation GRACE : « Globalement, le CHU a obtenu en 2017 une amélioration de son niveau de certification grâce notamment à la nouvelle organisation et aux nouveaux locaux mis en place pour les urgences obstétricales et en salle de naissance », confirme Thomas le Ludec.

La dynamique de l’innovation

C’est désormais deux axes de développement majeurs pour le CHU : l’innovation et la recherche. L’établissement s’est distingué en 2017 dans le premier domaine avec une première mondiale : « À Saint-Eloi, une salle très innovante d’imagerie interventionnelle 4D a été installée. Elle permet de développer des techniques innovantes de traitement des tumeurs du foie… En partenariat avec la société Revinax, le CHU a aussi été le premier à tester l’apport de la réalité augmentée au bloc opératoire dans le cadre d’une intervention en neurochirurgie », rappelle le directeur qui a aussi lancé le fonds de dotation Guilhem, destiné aux mécènes souhaitant s’investir aux côtés des professionnels de santé.

La recherche en pointe

La passerelle avec la recherche est naturelle : « Le CHU à obtenu d’excellents résultats dans ce domaine comme le prouve un repère fort : le succès rencontré pour les appels à projet de recherche nationaux et interrégionaux », explique Thomas le Ludec : « Au total, 19 projets du CHU ont été retenus dans de multiples disciplines, témoignant ainsi de la qualité et de la compétence de nos équipes de recherche ». Pour le directeur, le CHU montpelliérain bénéficie incontestablement « du dynamisme de l’écosystème local très favorable à la recherche avec le lancement en 2017 du projet MUSE associant l’UM, les établissements de recherche et les CHU de Nîmes et Montpellier ».

Un écosystème renforcé par l’ouverture en octobre dernier de la nouvelle faculté de médecine de Montpellier à côté du CHU : « Un choix stratégique qui va permettre de renforcer la synergie entre le CHU et l’Université en faveur de l’innovation, de la recherche et de la formation des professionnels de santé », estime le directeur.

Créer la médecine de demain

Le CHU compte poursuivre l’effort en 2018 dans l’innovation et la recherche, même dans un contexte budgétaire contraint : « Nous avons fait le choix stratégique de poursuivre une politique de soutien actif aux équipes de recherche en fixant une grande ambition : que chacun des professionnels du CHU puisse, s’il le souhaite, participer aux activités de recherche pour inventer la médecine de demain », confirme Thomas le Ludec. En 2018, le CHU et l’UM sont candidats à la création d’un institut hospitalo-universitaire, le projet MOVE porté par le Pr. Jorgensen.

« Le projet MOVE s’articule sur la thématique de la préservation de la mobilité par le développement de techniques innovantes de prise en charge », détaille Thomas le Ludec : « Préparé avec de nombreux partenaires, MOVE vise à mettre en synergie les compétences en biologie, médecine, informatique et robotique pour faire de Montpellier un centre précurseur au plan international sur cette thématique ».

L’hôpital innovant

Mais 2018, c’est aussi le début des grands travaux avec la mise en oeuvre du nouveau projet d’établissement 2018-2022. Plusieurs bâtiments vont commencer à sortir de terre : « ceux du SMUR, de l’hélistation et du parking ont déjà commencé », confirme le directeur qui annonce la pose de la première pierre du pavillon des maladies infectieuses et tropicales pour février : « Et fin 2018, nous lancerons le grand chantier du bâtiment unique de biologie médicale ».

Cette année riche en promesses verra aussi la concrétisation des deux projets cofinancés par la Métropole de Montpellier et l’Etat dans le cadre du projet « Montpellier Capital Santé » : l’installation d’une salle d’angiographie cérébrale hybride unique pour soutenir le développement de la neuroradiologie interventionnelle ; et le projet « Cyborg », portant sur l’extension de l’Institut de Médecine Régénératives et Biothérapies qui accueillera un bio-incubateur favorisant l’implantation de start-ups…

Scanner, IRM : de nouveaux équipements

« Sur le plan des équipements biomédicaux, le CHU poursuivra son développement pour réduire les délais de prise en charge », précise Thomas le Ludec. Un scanner supplémentaire dédié aux patients externes a été installé fin 2017 à Saint-Eloi, tandis qu’une nouvelle IRM est prévue sur Lapeyronie : « Elle sera inaugurée en septembre 2018 », affirme le directeur : « Au total, le CHU a prévu d’investir plus de 66 M€ en 2018 ».

Pour Thomas le Ludec, ces travaux ne constituent toutefois qu’une première phase : « L’horizon reste le regroupement des activités du CHU sur un site unique à long terme ».

4 Comments

  1. Peut-être qu’un jour….. quelqu’un pensera a améliorer les conditions de travail des « petites mains » sans lesquelles l’hôpital ne pourrait fonctionner.

  2. Faudra aussi penser aux petits équipements car il arrive que l’on vous donne des couteaux en plastique pour manger vos yaourts ou compotes les week end car il n’y a plus de cuillères. …j’ ai vécu ceci il y a 20 jours !

  3. Dans les 66 M€ est-il prévu l’achat de couvertures pour que chaque lit en dispose ?
    Car à ADV ce n’est pas le cas.

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