Montpellier : pourquoi la Maison des étudiants a été occupée à Paul Valéry

Agitation sur le campus de Montpellier, après l’expulsion du local syndical du Syndicat de combat universitaire de Montpellier -Scum- ces derniers jours. Ainsi, depuis mercredi dernier, afin de protester contre cette expulsion, « planifiée par la direction de l’université Paul Valéry – Paul Valéry, Université Montpellier 3, nous avons organisé une « raclette party » dans notre local », indiquent les responsables du Scum.

Sous l’impulsion de nombreux soutiens étudiants et associatifs, présents à ce qui n’était qu’une soirée raclette s’est muée en une occupation de l’intégralité de la Maison des étudiants sur le site. La « Maison à défendre », la MAD était née, en référence à la ZAD -zone à défendre- de Notre-Dame-Des-Landes, proche de Nantes.

« Gestion difficile à vivre »

« Ici, pas d’aéroport à combattre, mais une gestion de la Maison des étudiants, par le Service de la vie étudiante et le vice-président délégué à la vie de campus, de plus en plus difficile à vivre pour les bénévoles associatifs. La MAD est alors imaginée comme une future maison des étudiants gérée par et pour les étudiants et leurs associations, loin de toute censure et de toute velléité autoritaire de la direction de l’université. En tant que syndicat universitaire défendant concrètement les étudiants, le projet ne pouvait qu’être soutenu », explique t-on au Scum, ce lundi.

Huissier de justice

Face à la présence constante de nombreux agents de sécurité envoyés par la direction aux abords de la Maison des étudiants, puis de la directrice générale des services, avec un huissier de justice pour constater cette occupation, les syndicalistes s’étaient s’organisés, week-end compris, pour éviter une violente expulsion.

« De nombreux militants de squats et centres culturels autogérés montpelliérains sont venus prêter main forte, et faire de cet espace occupé une imprenable citadelle à l’aide de quelques petits travaux. Ce vaste mouvement d’occupation, au départ contre la répression anti-syndicale, s’est mué en espace indépendant du Scum avec son identité propre, le « collectif MAD », ou convergent une volonté farouche de défendre le tissu associatif et syndical étudiant et la volonté de faire de ce lieu l’épicentre de futures mobilisations contre la sélection et la précarité », relate le Scum.

Occupation levée ce lundi

Les militants du Scum dénoncent « la grotesque tentative de la direction de dresser, à coups de mensonges, la communauté universitaire contre l’émergence d’une Maison des étudiants directement gérée par les étudiants. La communication répétée de la présidence de l’université et du Service de la vie étudiante, qui prétendaient, sans avoir pris aucun contact avec le collectif MAD, que ce mouvement allait empêcher la tenue des événements associatifs et culturels prévus au cours de la semaine, a suscité doutes et incompréhensions. De plus, la présence de soutiens provenant des des milieux squats, si elle était voulue et bien accueillie, a contribué à brouiller le message défendu par le collectif MAD auprès des étudiants et de leurs associations ». 

Et d’annoncer que, « le projet original de Maison des étudiants gérée par et pour les étudiants et leurs associations ne peut émerger que si une confiance totale liait les différents acteurs. Or, les propos de la direction de l’université, poussant à la défiance et à l’affrontement, ne permettaient pas d’envisager un climat de sérénité nécessaire à la construction du projet. L’unanimité des étudiants, qu’ils soient associatifs, syndicalistes ou indépendants, a donc décidé, en accord avec les nombreux soutiens, de mettre fin à l’expérience de la MAD, et de lever l’occupation des lieux dès ce lundi ».

« Émergence d’un mouvement étudiant »

Les militants du « collectif MAD » analysent cette action : « Les cinq jours d’occupation de la Maison des étudiants ont permis l’émergence d’un mouvement étudiant qui aura vocation à se renforcer et à s’affirmer à la faveur des luttes contre la précarité, contre la sélection et pour la défense de la vie associative et syndicale. À l’université Paul Valéry, le mouvement des occupations n’en est qu’à ses prémisses, et en tant qu’organisation étudiante de défense des étudiants, le Scum continuera à l’encourager, malgré la répression et la désinformation pratiquée par la direction ».

Le « collectif MAD » de l’Université de Paul Valéry à Montpellier a donc mis fin à son action spectaculaire, mais n’est cependant pas en sommeil…

La cour de la Maison des étudiants libérée ce lundi.

5 Comments

  1. Ce que vous ne dites pas, c’est que l’université permet aux associations étudiantes d’utiliser ses locaux sous condition du respect du contrat de vie étudiante. Sequestrer l’administration et distribuer des cigarettes sur le CAMPUS, c’est ce qui a fait que le local du SCUM leur a été retiré en décembre dernier. Au début, pas une soirée raclette donc, mais un refus de respecter les règles de l’université : refuser d’accepter la décision du CEVU de leur retirer le local en décembre et de le donner en janvier à une association qui respecte, elle, les règles de vie étudiante ; refuser de rendre les clefs du local puis bloquer le bâtiment pour ne pas être délogé ; prétendre être expulsé alors que rien ne les empêche d’être actif sur le campus sans local ; empêcher les étudiants d’utiliser la MDE. Cette fiction d’utopie n’est arrivée qu’après la libération de la MDE, lorsqu’il a fallu justifier cette merde.

    1. L’expulsion du SCUM c’est une décision du président de la fac datant du 20 décembre et pas du CEVU, c’est lui meme qui le dit dans son communiqué.
      Et cette distribution de cigarettes n’est pas prouvée, d’ailleurs le SCUM a le soutien des syndicats de profs et le fait que cette accusation arrive au moment ou la fac est accusée d’étouffer les cas de harcelement sexuels laisse songeur.

    2. Le SCUM, des révolutionnaires d’Opérette, leur débandade est une preuve flagrante de leur incapacité a gérer, a organiser, a réfléchir, a agir….Vols, Dégradations de la salle, et du matériel de TOUS les étudiants, blocage des activités des autres associations, vandalisme des système de sécurité (alarmes, extincteurs) Une soirée mousse surement organiser par un gourou Ubuesque ! Bref, les étudiants méritent mieux pour défendre leur droit qu’une pseudo brigade autoproclamée !(10% seulement de votant, ils peuvent bien critiquer Macron…MDR)
      Etudiants reprends le chemin des urnes et fait toi représenter par des personnes qui correspondent a l’image que tu as de toi! Tu mérites mieux que ça ! VOTEZ BIEN ! #lescumnepasserapasparmoi!

  2. La plupart des associations souffrent du manque de dialogue dont fait preuve la direction de l’université. Que ce soit au sujet du SCUM comme sur pleins d’autres sujets. Une université qui se construit en écrasant ses étudiants, c’est une université qui court a sa perte.

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