MRC. Serge Blancher : « Pour nous, entraîneurs, c’est un plaisir d’avoir les filles sur le terrain »

Serge Blancher entraîne l’équipe féminines espoirs du MRC. Le club voulant faire émerger les talents du cru, son regard sur les jeunes joueuses est important. Il témoigne ici de cette démarche et de son plaisir à entraîner celles qui deviendront peut-être les futures pépites du MRC dans le Top 8.

Que représente le MRC dans le rugby féminin pour les jeunes joueuses ?
Par rapport aux résultats que l’on a depuis 5 ans en étant championnes de France quatre fois, on fait office de club phare du rugby féminin. Mais, la concurrence est de plus en plus rude car tous les clubs s’arment et se structurent. C’est intéressant aussi d’avoir de la concurrence.

Quel est le rôle de l’équipe espoirs au sein du MRC ?
Nous accompagnons les joueuses qui sortent de cadettes pour les faire accéder au plus haut niveau assez rapidement. On sert de tremplin à ces filles qui doivent se confronter aux seniors car il y a une grosse différence d’engagement par rapport aux cadettes.

La marche à franchir est importante ?
En seniors, cela va plus vite et cela tape un peu plus fort. Il y a des gabarits beaucoup plus imposants dans certaines équipes. Cette marche, il y en a qui la franchissent tout de suite. Elles sont déjà intégrées au Top 8 parce-que potentiellement elles en avaient les capacités mais s’aguerrissent quand même avec nous. Et il y en a d’autres qui ont une maturité un peu plus lente mais qui en s’entraînant et en jouant avec nous vont la franchir petit à petit. Toutes ces joueuses, on s’attèle à les faire monter au plus haut niveau possible. C’est la politique du club. S’il y a toute cette structure féminine avec les minimes, les cadettes, les espoirs et le Top 8, c’est pour faire émerger des talents et des joueuses au plus haut niveau. La fusée a été mise en place au fur et à mesure. Maintenant qu’il y a les quatre étages, on cherche vraiment à mettre des filles du cru au plus haut niveau.

Comment se fait la sélection des filles en espoirs ?
Pour les minimes et les cadettes, les parents les inscrivent au club de manière classique pour pratiquer un sport, en l’occurrence le rugby. En ce qui concerne l’équipe espoirs, on prend pas mal de filles qui sortent des cadettes du club. On fait également une journée de détection, chez les cadettes aussi, où les filles des clubs alentours qui souhaitent jouer à Montpellier ont leur chance sur une journée en fin de saison.

Qu’est ce que vous apporte la section rugby du lycée Jean Mermoz ?
La section est encadrée par des gens très compétents. On peut citer Olivier Clessienne, entraîneur des féminines en Top 8, Élodie Poublan, internationale et joueuse du club, ou encore Robin Delaître, Eric Vidal… Ces talents réunis font émerger des filles. Elles ont des entraînements supplémentaires dans la semaine, ce qui permet d’avoir un temps de pratique assez important par rapport aux « simples » deux entraînements spécifiquement rugby.`

Justement, quelle est la charge de travail pour ces filles ?
Sachant qu’il y a aussi la préparation physique, la musculation… certaines filles arrivent à 4-5 entraînements par semaine tout compris. Pour celles qui évoluent au plus haut niveau, cela représente entre 10 et 14 h par semaine. Le club met à disposition de ces filles-là, le maximum de structure pour les mettre dans un confort tel, que l’on essaie de faire éclore toutes les performances positives.

 

 

Comment préparez-vous les jeunes filles aux difficultés de leur future vie de sportive de haut niveau ?
Au club, on essaie de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour mettre les filles dans le confort le plus total. C’est vrai qu’il y a des filles qui ont un travail, qui vont à la fac, qui ont des enfants… Comme le rugby féminin n’est pas encore professionnel en France, comparé à l’Angleterre qui a pris de l’avance sur nous, cela reste compliqué. C’est au bon vouloir des employeurs, des emplois du temps à la fac… Tout ça, c’est difficile à mettre en œuvre. À part pour les entraînements rugby, on ouvre assez de créneaux pour la préparation physique ou la musculation qui peuvent correspondre aux besoins de chaque fille en fonction de leur travail ou de leurs études. Des fois, cela peut être ponctuellement compliqué : une réunion, une garde chez les pompiers… Mais les filles y mettent énormément d’envie et de motivation. Pour nous, entraîneurs, c’est un plaisir de les avoir sur le terrain. Elles nous le rendent au centuple.

Comment est structuré le championnat dans lequel évolue l’équipe espoirs ?
Cette année, on évolue en Fédérale 1. Le championnat est structuré en quatre poules régionalisées. Nous sommes dans une poule de huit équipes plutôt Sud-Est de la France où l’on retrouve aussi Chambéry, Grenoble ou Bourg-en-Bresse. C’est un championnat plus âpre que l’année dernière, plus dur. Les équipes sont mieux préparées. Pour l’instant, on est deuxième derrière Béziers. Après ces poules, viendront les phases finales où nous n’affronterons que les clubs ayant des réserves élite.

Quels sont les objectifs de l’équipe espoirs cette année ?
Il faut savoir que l’équipe espoirs a été lancée l’année dernière. On a évolué en Fédérale 2, le premier niveau en rugby féminin. On est allée jusqu’en quart de finale du championnat de France sur un championnat des réserves élite. On se fait sortir par Blagnac 10 à 7 sur, pas des coups du sort car les deux équipes se valaient, plutôt des mauvais choix de notre part. Cette année, ce que l’on voudrait, c’est de continuer dans l’optique d’aller le plus loin possible. Et si on a un objectif, nous, c’est d’être championnes de France. On sait que la route est longue et que cela va être très compliqué. Cela reste indécis et c’est ce qui fait la beauté du sport. Mais si on pouvait accrocher le bouclier à la fin de la saison, ce serait parfait.

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