Femme carbonisée : une scie pour extraire la balle de sa tête !

Quatre mois après la macabre découverte du corps calciné d’une femme, dans un fossé en contrebas de la RD 221, entre Lavalette et Roullens, au sud-ouest de Carcassonne, dans l’Aude, les gendarmes de la section de recherches de Montpellier ont interpellé six suspects faisant partie de l’entourage de la victime. Quatre d’entre-eux ont avoué les faits, en garde à vue à la compagnie de gendarmerie de Limoux, les deux autres sont hors de cause. Une affaire criminelle digne d’un polar. Récit.

Cette enquête rocambolesque a commencé le 24 septembre dernier, quand un automobiliste a aperçu, à l’aube, des flammes qui s’élèvaient des broussailles, en contrebas de la RD 221, entre Lavalette et Roullens. Il a appellé les pompiers pour un feu de végétation. Horreur à leur arrivée : un corps était en feu. La gendarmerie était alertée, un homicide volontaire ne faisait aucun doute.

Quelques semaines plus tard, l’identification de la victime grâce à une broche médicale placée lors d’une opération chirurgicale à Marseille établissait que Myriam Fedou-Bonsirven était une mère de famille de 38 ans menant une vie marginale, fréquentant des SDF et autres routards : « La victime était mère de deux enfants âgés de 11 et 14 ans, elle était née à Albi en 1979. Elle vivait à Puylaurens, à 60 km de Castres, dans le Tarn, était sans domicile fixe et n’exerçait pas de profession. Elle fréquentait des marginaux”, a précisé David Charmatz, le procureur de la République de Narbonne et du pôle criminel de l’Aude.

Pour un vol de voiture

L’instruction vise les chefs criminels d’enlèvement et de séquestration suivis de mort, de recel de cadavre et de modification de scène de crime, passibles de la cour d’assises. Les quatre suspects ont plaidé un tir mortel accidentel, alors qu’ils séquestraient la trentenaire dans une ferme isolée, après avoir été accusée d’avoir volé la voiture d’une de ses amies.

C’est cette femme qui aurait d’ailleurs monté cette expédition punitive avec des complices tarnais, destinée à la contraindre à restituer le véhicule.

Faire croire à un accident

L’instigatrice de ce qui allait tourner au drame a ainsi révélé qu’avec son compagnon et un second ami, ils étaient allés chercher la victime pour la forcer à s’expliquer sur sa responsabilité dans le vol du véhicule. Munis d’une arme, ils l’avaient conduite dans une maison abandonnée près de Cambon-les-Lavaur -Tarn-, afin de lui «mettre la pression». Mais, l’homme qui accompagnait le couple avait placé son pistolet chargé à bout touchant sur le front pour qu’elle parle, avant que le coup de feu ne parte, selon eux involontairement. C’était la veille de la découverte macabre de la trentenaire dans l’Aude.

Les trois auteurs présumés ont alors eu l’idée de modifier la scène de crime, en maquillant ce décès en accident, d’abord en nettoyant les lieux où la victime avait été séquestrée, ensuite en sciant la base du crâne de la mère de famille pour tenter d’extraire le projectile, fiché dans un coin interne de la tête ! En vain, ils n’ont pas pu le prélever. Leur objectif était de faire disparaître toutes les traces, y compris le cadavre en le transportant jusqu’au bord de cette route audoise, de l’arroser de carburant et d’y mettre le feu.

Alcool et drogue

Le jour de l’autopsie à l’institut médico-légal du CHU de Montpellier, les légistes avaient pu prélever la balle dans le crâne en partie coupée à la scie, balle qui correspond bien au pistolet utilisé pour braquer la trentenaire dans le but de lui faire avouer qu’elle avait dérobé la voiture de son amie. On ignore si la trentenaire avait bien dérobé cette voiture, l’instruction va s’attacher à faire la lumière sur cet aspect de ce drame.

Les quatre mis en examen qui ont tous reconnu leur participation aux faits présumés sont âgés de 19 ans à 34 ans et évoluent dans un milieu marqué par l’alcool et la toxicomanie. Ils ont été écroués.

C’est l’issue d’une enquête criminelle exemplaire menée par les gendarmes du groupe homicide de la section de recherches de Montpellier, car, au départ, le mystère de ce cadavre carbonisé, celui d’une inconnue, en contrebas d’une route isolée de l’Aude n’était pas évident à élucider.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *