Crise dans les prisons : les policiers refusent de remplacer les gardiens

Les prisons de la région Occitanie -Pyrénées-Méditerranée- sont de nouveau paralysées depuis ce lundi matin, avec un blocage par les surveillants, à l’appel des syndicats de la pénitentiaire. C’est le cas à Villeneuve-lès-Maguelone, au sud de Montpellier, à Nîmes, à Toulouse.

À la maison d’arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone, 60 gardiens étaient en arrêt-maladie ce lundi, tous en burn out. Les actions sont plus dures à Béziers et à Perpignan : tous les gardiens sont rassemblés sur le parking et ont « déposé les clés », c’est à dire qu’ils refusent de prendre leur service jusqu’à nouvel ordre.

Les policiers à la rescousse ?

L’absence du personnel pénitentiaire dans les établissements pose un problème d’organisation et risque d’aggraver les tensions, via la colère des détenus, privés notamment d’activités. Ce lundi, il est question de remplacer l’absence des surveillants par des policiers de la Sécurité publique, prélevés dans les commissariats de Montpellier, Béziers, Sète et Agde, s’il le faut. Mais, les syndicats sont contre.

« Les policiers ne pourront assurer le remplacement des gardiens de prison, c’est au gouvernement de prendre des mesures immédiates », déclare ainsi Yves Lefebvre, secrétaire général d’Unité SGP Police-FO. Il a pris acte du mouvement de contestation engagé par les gardiens de prison, à la suite de l’agression de plusieurs d’entre eux dans diverses prisons et ne peux que s’associer à cette colère des personnels.

« Carences gouvernementales »

« Si l’action des personnels pénitentiaires est légitime, Unité SGP Police-FO condamne l’absence de réponse du ministère de la Justice. La garde et la surveillance des détenus devront être assurées par les forces de l’ordre et cela se fera obligatoirement au détriment de la sécurité de nos concitoyens. La charge missionnelle assurée par les gradés et gardiens de la paix a atteint un niveau déjà insupportable sans que nous soyons contraints de pallier aux carences gouvernementales », déplore Yves Lefebvre.

Pour le délégué régional, Bruno Bartoccetti, en poste à Montpellier,  » il est urgent que le Premier ministre prenne la pleine mesure de ce conflit social et engage, sans délai, des discussions avec tous les représentants des personnels de la pénitentiaire. Confrontés à des agressions de plus en plus nombreuses et de plus en plus violentes, les policiers attendent des mesures à la hauteur de leur colère et certainement pas un alourdissement des tâches indues. Nos concitoyens ont besoin de leur police ailleurs que dans les prisons. Les premières propositions annoncées en matière de réforme pénale doivent aller plus loin et des mesures doivent être prises pour que cessent ces agressions contre les policiers et les gardiens de prison ».

La garde des Sceaux reçoit les syndicats

La crise va t-elle se terminer dans les prochaines 24h ? On apprend à 8h30 que la ministre de la Justice Nicole Belloubet recevra ce lundi l’ensemble des organisations syndicales, pour reprendre le dialogue après le rejet des propositions du gouvernement et alors que les surveillants sont appelés au « blocage total » des 188 prisons. Elle est prête à donner une suite favorable aux principales revendications.

Nicole Belloubet ne cache pas qu’elle regrette vivement le blocage total des établissements pénitentiaires.

1 Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *