Voeux : Pierre Pouëssel présente la feuille de route de la préfecture pour l’Hérault

Le préfet de l’Hérault a présenté les traditionnels voeux à la presse, lundi. L’occasion pour Pierre Pouëssel d’esquisser les premières tendances des chiffres de la délinquance et de la sécurité routière pour l’année 2017, et de présenter les grands axes de l’action de l’État sur le département.

Délinquance et sécurité routière

Les chiffres détaillés de la délinquance seront annoncés prochainement par le ministre de l’Intérieur. Pierre Pouëssel, qui les déclinera pour le département, a tout même donné la grande tendance dans l’Hérault : « Elle a été contenue en 2017 avec une légère baisse de la délinquance d’appropriation et toujours une augmentation des violences aux personnes. Globalement on est sur une stabilisation des faits constatés par rapport à l’année 2016 ».

Autre sujet important pour la préfecture avec la sécurité routière. Là aussi, un point sera fait prochainement mais « globalement on est sur des chiffres qui ne sont pas satisfaisants » a résumé Pierre Pouëssel. En 2015, 93 personnes avaient perdu la vie sur les routes de l’Hérault, 79 en 2016 et 78 en 2017. Ce dernier chiffre pouvant malheureusement s’alourdir encore en fonction de l’évolution de l’état des blessés graves.

Point négatif également avec l’augmentation de 4,5 % du nombre d’accidents et de 24 % du nombre de blessés : « Sur la sécurité routière, il faudra renouveler nos efforts pour obtenir en 2018 des résultats plus satisfaisants ».

Les orientations

Pierre Pouëssel a ensuite détaillé les orientations pour l’année des trois autres priorités de l’État que sont l’emploi et le développement économique, la cohésion sociale et l’aménagement du territoire. « Cela structure ce que l’on appelle pour le département notre feuille de route. C’est une démarche collective de l’ensemble des services de l’État autour de ces trois priorités ».

Le chômage, un combat toujours difficile

« La reprise est là mais elle n’a pas encore un effet significatif sur le taux de chômage » reconnait Pierre Pouëssel. Après avoir terminé l’année 2016 avec près de 14 % de taux de chômage, « on sera au dessus de 13 % sur l’année 2017. On voit qu’il y a une décrue mais qui n’est pas suffisamment significative » s’avance t-il avant de connaître le résultat définitif du dernier trimestre. Avec un taux largement supérieur au niveau national de 9,4 %, la situation du département ne peut être satisfaisante.

Pierre Pouëssel avance un paradoxe : « Avec la Haute-Garonne, nous sommes les deux départements leaders en Occitanie en termes de créations d’emploi. Selon, les chiffres de l’URSSAF portant sur le troisième trimestre, on est sur un rythme de 7 000 créations d’emploi sur l’année dans l’Hérault. C’est un chiffre fort pour un département qui en avait créés 5 000 en 2016 ». Une vitalité qui se heurte à une autre réalité : « La pression démographique est très forte. Sur la période 2010 à 2015 cela représentait pratiquement 15 000 habitants de plus par an dans la département ».

Des dispositifs pour les jeunes

Pour agir sur l’emploi, le préfet de l’Hérault a notamment mis en avant « l’effort considérable du gouvernement engagé, sur toute la durée du quinquennat, pour la formation qualifiante avec 15 milliards d’euros d’investissement afin de sortir de cette spirale infernale du chômage ».

Au niveau local sera poursuivi le programme Garantie Jeune « qui donne de bons résultats ». De 1 700 jeunes aidés en 2016, le dispositif est passé à 2 001 cette année. Avec l’objectif pour 2018 d’en accueillir 2 500 « et en particulier des jeunes des quartiers populaires. Nous sommes à 30 % et nous entendons augmenter ce pourcentage ».

Tout comme le parrainage pour l’emploi, dont les résultats sont aussi positifs avec 560 jeunes accompagnés, dont 40 % de jeunes de quartiers populaires : 44 % ont trouvé un emploi, plus de 14 % ont été orientés vers des formations qualifiantes et 3 % dans la création d’entreprise. La préfecture de l’Hérault avait d’ailleurs lancé l’été dernier un dispositif de parrainage similaire dédié aux jeunes de quartiers populaires rappela Pierre Pouëssel : « Dix neuf haut-fonctionnaires ont parrainé 21 jeunes avec des résultats plutôt satisfaisants puisque 14 ont trouvé un emploi durable, 3 sont en service civique et 2 en formation qualifiante ».

Miser sur l’économie numérique

« On va continuer à miser plus que jamais sur l’essor de l’économie numérique qui prospère dans l’écosystème montpelliérain ». Deux secteurs seront particulièrement soutenus. Tout d’abord, l’e-santé avec Montpellier Capitale Santé. Métropole, État et acteurs du secteur participent activement au développement du mouvement « dans lequel l’État met 8,2 M € en soutien d’investissements particulièrement emblématiques de l’excellence montpelliéraine en matière de santé ». Le deuxième soutien fort concernera l’agronomie et notamment l’agriculture numérique : « Montpellier devient un pôle d’excellence sur le plan académique mais également par ses entreprises ».

L’Hérault comble progressivement son retard de logements sociaux

La loi SRU vise comme objectif 25 % de logements sociaux par communes à l’horizon 2025. 2017 a été l’occasion d’un bilan triennal (2014-2016). 8 600 logements sociaux étaient au programme, 10 927 ont été réalisés. « Soit 25 % de plus que l’objectif c’est assez dire que la loi SRU produit de vrais effets dans un département qui est très en retard en matière de logement social ». Pierre Pouëssel précise que « 13 communes étaient en carence. Douze sortent, seule Saint-Georges-d’Orques reste. Parallèlement on a 10 communes nouvelles qui entrent en carence ».

Hausse des places en hébergement d’urgence

En matière d’hébergement d’urgence, Pierre Pouëssel se félicite de leur augmentation : « Quand je suis arrivé (ndlr : janvier 2016) on était à 894 places à la fois pérennes et de CHRS. Aujourd’hui, on est à 1 124 places au titre de l’hébergement d’urgence, des CHRS et de l’intermédiation locative ». Cinquante places supplémentaires seront créées au printemps. Quarante place à Montpellier à travers des abris de nuit et dix à Béziers pour des femmes victimes de violence.

Par ailleurs, le préfet annonce la candidature de la métropole de Montpellier au plan gouvernemental Le Logement d’abord. « Le gouvernement souhaite, non plus se contenter d’hébergement d’urgence, mais véritablement permettre à des personnes mal-logés ou sans logement d’accéder à un vrai parcours résidentiel à travers des places en intermédiation locative et aussi des places dans des pensions de famille ». Le gouvernement annoncera d’ici deux mois les 15 territoires (département, métropole, EPCI) qui bénéficieront de la mise en oeuvre accéléré du plan. Au niveau national, sur la durée du quinquennat, ce dispositif comprendra 10 000 places en pension de famille et 40 000 en intermédiation locative.

Des logements pérennes pour les réfugiés

« S’agissant de l’accueil des migrants et des demandeurs d’asile, on a quasiment doublé le nombre de place en l’espace de deux ans. On est aujourd’hui à 1 176 places dont 651 places en CADA » a indiqué Pierre Pouëssel qui ajoute « Ce dispositif il faut le rendre fluide car il y a des demandeurs d’asile qui sont en CADA et qui ont leur statut de réfugié. Ils n’ont plus vocation à rester dans un CADA puisqu’ils ont l’asile. Il faut donc leur trouver un logement pérenne » L’objectif désormais pour le gouvernement est « d’ici la fin de l’année 2018 au niveau national de 20 000 logements pour les réfugiés statutaires ». Dont 295 places dans l’Hérault précise Pierre Pouëssel qui entend mobiliser les petites communes, cadre favorable à une meilleure intégration des personnes selon lui.

Des actions pour la ruralité

De manière globale, les efforts seront poursuivis en faveur du développement des énergies renouvelables. Après avoir effectué un travail de concertation et d’étude, sera mis en oeuvre le Schéma départemental d’amélioration de l’accessibilité des services au public dont l’application sera conduite conjointement avec le Conseil départemental et Kleber Mesquida son président.

Un autre effort sera fait en direction des territoires ruraux avec l’application des contrats de ruralité. Quatre ont été financés par l’État sur le département à hauteur de 5,4 M € avec pour objectif de fédérer les territoires en répondant à leurs besoins via un fort soutien afin de dynamiser ou développer de nouvelles actions.

Par ailleurs, Pierre Pouëssel a salué la création de la Communauté d’agglomérations du Bassin de Thau et s’est réjoui du projet de création d’une nouvelle commune, dont le nom n’a pas encore été choisi, regroupant Saint-Christol, Saint-Séries, Vérargues et Saturargues, dans le pays de Lunel.

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