Rockstore : découvrez le son cold wave du groupe Trisomie 21

Ne vous fiez pas au nom, un peu fantasque, de ce trio musical. Rares sont, en effet, les groupes qui peuvent se targuer d’une carrière aussi riche et passionnante, que celle de Trisomie 21. Ce combo de musique industrielle formé en 1980 près de Valenciennes est une référence de la new wave et cold wave, qu’ils réinventent depuis plus de trente ans. Elegance Never Dies, leur 11ème album, est sorti en novembre dernier et offre au groupe une nouvelle tournée mondiale, qui s’arrête à Montpellier le jeudi 25 janvier.

Durant les années 1980-90, les frères Lomprez participent à l’émergence d’un courant qu’on appellera plus tard la cold wave. En quelques opus, « Le repos des enfants heureux », « Million Light » ou « Chapter IV », dont le titre « The Last Song » devient rapidement un standard international, leur aura s’étend aux quatre coins de l’Europe, États-Unis, Australie, Japon compris. Nous sommes à l’orée des années 1980 à Manchester, Ian Curtis s’en est allé après avoir posé les fondations de l’ère post-punk.

De l’autre côté de La Manche, à Denain (près de Valenciennes), les frères Lomprez ne savent encore rien de Joy Division, mais sont habités par la même envie de « créer une musique différente ».  «On n’a jamais avoué d’influences. Avec le recul on conviendra qu’on faisait partie de ce mouvement mais, sur le coup, on n’en avait pas conscience », indiquent-ils.  Philippe et Hervé n’ont pas 20 ans, « pas d’idoles » et bricolent dans leur coin ce qu’ils peuvent trouver de machines : « Des ordinateurs Atari, des vieux magnétos dont on utilisait les chambres d’échos… ».

Un univers destroy

Leur son est glacial, électronique, la voix sépulcrale de Philippe traverse des textes désabusés chantés en « anglais bizarre ». Et capture parfaitement leur univers immédiat, totalement sinistré. « C’était post-industriel, apocalypque, se souvient Philippe Lomprez. En réaction, il nous fallait inventer un autre monde, musical certes, mais qui serait au moins un refuge ».

L’art, cet éternelle échappatoire face à une réalité qui déraille. Il se traduit ici par la mélancolie synthétique de La Fête Triste, ode funèbre des machines à la disparition programmée de l’Homme, ou encore à travers le nihilisme et l’urgence de The Last Song, écrite comme « la dernière chanson avant la fin du monde ». Mais qui, paradoxalement, s’avère être un immortel tube dance floor. « Logique : si on annonçait la fin du monde, les gens s’amuseraient comme jamais, non ? », interrogent les musiciens de Trisomie 21.

Pour découvrir ce groupe hors du commun, le mieux demeure de jeter un oeil sur youtube. Voici « La fête triste ».

 

>> Rockstore, rue de Verdun, à Montpellier. TRISOMIE 21(+ My Great Blue Cadillac)

JEUDI 25 JANVIER - 19H30

Tarifs : 23 € sur place, 20€ (+dl) en prévente

Réservations : rockstore.fr, Digitick, fnac.com, Crous et points de vente habituels

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