Cancer colorectal : le rôle majeur des cellules tumorales circulantes

Dans le cas d’un cancer colorectal, la survie des patients ayant déjà développé des métastases est dramatique. Seul 3% survivent après 5 ans. Comme pour beaucoup de cancer, les métastases sont fatales pour les patients et il devient dont évident que l’étape clé pour augmenter cette espérance de vie est de mieux comprendre la dissémination pour l’empêcher.
Les connaissances sur la tumeur initiale ou primaire ont beaucoup progressé, un peu moins sur les métastases et très peu sur les cellules tumorales circulantes (CTC) dont le rôle premier est de coloniser le foie ou les poumons dans le cas du cancer colorectal.

Ces cellules cancéreuses, qui se sont échappées de la tumeur primaire, doivent survivre dans la circulation sanguine ou lymphatique. Elles doivent ensuite sortir de la circulation, puis réussir à s’installer dans un nouvel organe pour initier plus tard une nouvelle tumeur. Le nombre de CTC étant très faible, toutes les étapes à franchir font que l’apparition d’une métastase reste un événement rare statistiquement. Cependant, l’entrée en circulation de manière quotidienne d’un nouvel effectif de CTC accroit la probabilité qu’une cellule parvienne à s’établir dans un organe distant. On parle d’une population très infime qu’il faut malgré tout isoler du sang et faire proliférer en culture In Vitro, si l’on veut mieux les comprendre et éliminer.

Une première mondiale à Montpellier

C’est ce que notre laboratoire est parvenu à faire ces cinq dernières années, non sans grandes difficultés. C’était la première fois qu’une population de cellules cancéreuses circulantes était isolée et établie en culture à partir d’un cancer colorectal. Aujourd’hui, trois population de CTC ont été établie, chacune depuis le sang d’un patient différent. Le challenge reste d’augmenter notre taux de réussite puisque sur plus d’une centaine de patients participant à l’étude, nous n’avons isolé et maintenue que trois populations de CTC.
Pour cela, nous posons l’hypothèse qu’une protéine présente à la surface de nos trois populations de CTC serait un marqueur spécifique des CTC issues d’un cancer colorectal. Combiné à différentes technologies que nous vendent les entreprises de biotechnologies, nous tentons de définir le moyen le plus efficace et surtout le plus rapide pour isoler et établir ces cellules. Avec une de ces technologies, une nouvelle population a été établie cette année.

Car le but ultime de cette recherche, est de pouvoir le plus vite possible, tester un panel de molécules anti-cancéreuses et définir celle qui éliminerait non seulement l’ensemble des cellules cancéreuses formant la tumeur primaire, mais aussi la population qui dissémine et forme donc les métastases. Ainsi, la dissémination et/ou la rechute pourraient être réduites, fournissant un outil de plus aux oncologues pour une thérapie personnalisée.

Financement des doctorants

Les thèses de sciences dites vulgairement « dures », sont sous condition d’un financement ministériel (par concours) ou associatif (fondation pour la recherche médicale ou La Ligue contre le cancer). Ceci dit, tout les candidats à une thèse n’obtiennent pas de financement et beaucoup de sujets n’avancent pas. Ce financement sert de salaire d’un peu plus de 1400€ mensuel durant trois ans. Avec la baisse des dépenses publiques, notamment dans la recherche, implique forcément une diminution du nombre de financement ministériel. La poursuite des projets de recherche pour payer les doctorants ou le matériel dépend donc de plus en plus des dons que vous faite à des associations de patient. Nous vous en remercions sincèrement. Sans vous, beaucoup de chose ne pourrait se faire.

>> PAR Guillaume Belthier, doctorant dans l’équipe Pannequin de l’Institut de génomique fonctionnelle à Montpellier (CNRS). Doctorat financé par La Ligue contre le cancer.

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