Noël : une tradition qui remonte à loin

DOSSIER. « Vive le vent, vive le vent, vive le vent d’hiver qui s’en va sifflant, soufflant dans les grands sapins verts »… Nous sommes en plein dans les fêtes de fin d’année et cela se ressent partout où l’on va. Villes et villages, magasins et chaumières décorés de mille lumières, décorations, paquets cadeaux, aux exhalaisons de marrons grillés et de vins chauds… La tradition de Noël est sans doute la plus belle fête de l’année : c’est à la fois une fête familiale et une fête communautaire… Mais au fait d’où vient exactement la tradition de Noël ? 

Noël est la fête de la Nativité, qui commémore dans la liturgie chrétienne la naissance de Jésus-Christ, dans la nuit du 24 au 25 décembre. Avant le christianisme, les fêtes païennes et religieuses étaient nombreuses autour du 25 décembre. Les plus connues étaient les Saturnales, le culte de Mithra célébré le 25 décembre et la fête des sigillaires à la fin du mois de décembre :

– À l’époque romaine, les Saturnales, fête religieuse, étaient fêtées à Rome et dans les provinces romaines du 17 au 24 décembre. Elles célébraient le règne de Saturne, dieu des semailles et de l’agriculture. Elles étaient la manifestation de la fête de la liberté (libertas decembris) et du monde à l’envers. Jour de liberté des esclaves à Rome, ces derniers devenaient les maîtres et les maîtres obéissaient aux esclaves. Les Saturnales ont laissé des traces au Moyen Âge dans la fête des fous.

– Venu de Perse, le culte de Mithra s’est répandu aux IIIe et IVe siècles avant Jésus-Christ. Ce culte présentait de nombreuses similitudes avec des cérémonies et des rites chrétiens : baptême, hostie, repos du dimanche. Le 25 décembre, on fêtait, par le sacrifice d’un taureau, le Sol invictus (Soleil invaincu) correspondant à la naissance de ce jeune dieu solaire, qui surgissait d’un rocher ou d’une grotte sous la forme d’un enfant nouveau-né. La fête des sigillaires, sceaux ou cachets de terre, était une fête romaine païenne.

À la fin des Saturnales, les Romains avaient l’habitude d’offrir des cadeaux, en particulier aux enfants : anneaux, cachets, et  menus objets. Cette fête des sigillaires donnait lieu à des festins pour lesquels les maisons étaient décorées de plantes vertes.

Au Moyen Âge, la célébration religieuse de Noël est accompagnée de diverses manifestations qui sont à l’origine de pratiques dont les développements successifs conduisent aux crèches modernes : les tropes, les drames liturgiques ou mystères et les chants de Noël.

Le Père Noël aurait pour origine Saint Nicolas. On retrouve dans sa représentation tout la symbolique de St Nicolas (barbe blanche, manteau rouge…). Le père Noël voyage dans un traîneau tiré par des rennes, Saint Nicolas voyageait sur le dos d’un âne.

Le personnage de Saint Nicolas provient de Nicolas de Myre appelé aussi Nicolas de Bari. Né à Patara au sud-ouest de l’actuelle Turquie (à l’époque Asie mineure) entre 250 et 270 après Jésus-Christ, il fut le successeur de son oncle l’évêque de Myre. De son vivant, Nicolas de Myre fut le protecteur des enfants, des veuves et des gens faibles. Il fut bienveillant et généreux. L’empereur Dioclétien régnant alors sur toute l’Asie Mineure poursuivit cruellement les chrétiens, entraînant ainsi l’emprisonnement de St Nicolas qui fut contraint de vivre, par la suite, un certain temps en exil. En 313, l’empereur Constantin rétablit la liberté religieuse, et Saint-Nicolas put alors reprendre sa place d’évêque.

Saint Nicolas serait décédé un 6 décembre 343, victime de persécutions sous l’Empire Romain. Il fut enterré à Myre, mais ses ossements furent volés en 1087 par des marchands italiens qui les emportèrent à Bari en Italie. Les miracles attribués à Saint-Nicolas sont si nombreux qu’il est aujourd’hui le Saint patron de nombreuses corporations ou groupes tels que les enfants, les  navigateurs, les prisonniers, les avocats ou les célibataires.

St Nicolas fut vénéré en Allemagne dès le Xe Siècle et la journée du 6 décembre fut ainsi choisie comme le jour de la fête des commerçants, des boulangers et des marins. Malgré la réforme protestante du XVIe siècle qui supprima la fête de St Nicolas dans des pays d’Europe, les Hollandais gardèrent leur Sinter Klaas (nom hollandais pour Saint Nicolas) et sa distribution de jouets. Lorsqu’ils s’installèrent aux États-Unis,  Sinter Klaas devint Santa Claus. Santa Claus subit des transformations vestimentaires et culturelles pour se transformer en un Père Noël plus convivial.

Clement Clarke Moore écrivit en 1821 un conte de Noël pour ses enfants intitulé « The night before Christmas » (La nuit d’avant Noël) dans lequel le Père Noël apparaît dans son traîneau tiré par des rennes. Ce même auteur rédigea un texte intitulé « A Visit from St Nicholas » (la visite de St Nicolas) qui parut dans le journal  « Sentinel » de New York le 23 décembre 1823. Ce texte parlait de lutins qui distribuaient des cadeaux aux enfants par la cheminée et se déplaçaient dans une carriole tirée par 8 rennes (répondant aux noms de Blitzen, Dasher, Dancer, Comet, Cupid,  Donder, Prancer et Vixen). Un neuvième renne fut rajouté en 1939 : Rudolf, qui fut chargé d’éclairer le chemin du Père Noël grâce à son « nez rouge lumineux ». Le récit fut traduit en plusieurs langues et diffusé dans le monde entier.

En 1863 « Harper’s Illustrated weekly », le journal New-Yorkais, revêtit Santa Claus d’un costume garni de fourrure blanche et portant un large ceinturon de cuir. Le dessinateur Thomas Nast en fut l’auteur. Pendant près de 30 ans, Thomas Nast représenta, dans ce journal, Santa Claus ventru et jovial, à la barbe blanche et accompagné de rennes.

C’est en 1885 que l’illustrateur de ce journal dessina le parcours du Santa Claus qui va du pôle Nord aux États-Unis ; sa résidence était ainsi officiellement établie… Un an plus tard, l’écrivain Georges P. Webster précisa que la manufacture de jouets ainsi que la maison du Père Noël « étaient cachées dans la glace et la neige du Pôle Nord » confirmant par cette affirmation les dessins de Nast.

Il aura fallu attendre 1931… et Coca Cola pour que le père Noël soit représenté en rouge et blanc. La firme Américaine a eu le génie de demander à Haddon Sundblom de dessiner ce vieux bonhomme (dont la renommée grandissait) en train de boire du Coca Cola pour reprendre des forces pendant la distribution de jouets. Ainsi les enfants seraient incités à en boire durant l’hiver.

Le dessinateur l’habilla aux couleurs de la célèbre bouteille de Coca Cola  : rouge et blanc. Ce nouveau look et la renommée que lui valut la publicité, firent du vieux bonhomme le maître planétaire de la nuit magique : le Père Noël.

Il y eut bien quelques mouvements de protestation de la part des catholiques contre cette envahissante popularité, la nuit du 24 au 25 décembre étant à l’origine celle de l’enfant Jésus. Certaines manifestations allèrent même jusqu’à brûler l’effigie du Père Noël, mais tout rentra dans l’ordre au fil du temps… aujourd’hui Noël est avant tout une fête familiale.

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