MRC : des montpelliéraines championnes de France avec la sélection Grand Sud

RUGBY. Cinq jeunes montpelliéraines sont devenues, il y a quelques semaines, championnes de France avec la sélection Grand Sud U20 (entre 18 et 20 ans). Livia Girard, Léa Chazalette, Vanisa Assiam, Marion Pardaille et Stessy Pimpit évoluent au MRC sein des équipes féminines Cadettes, Fédérale 1 mais également en 1ère division Top 8. Représentatives d’une génération de joueuses ambitieuses et déterminées à faire évoluer le rugby féminin vers le plus haut niveau, Marion et Stessy se confient et parlent avec passion de leur sport.

Qu’est ce qui vous a donné envie de jouer au rugby ?

Stessy Pimpit (18 ans, depuis 4 ans à Montpellier) : J’ai commencé en Guadeloupe. C’est mon prof d’EPS en 5e qui m’a pris ma première licence en club avec des garçons. Mais j’avais commencé en loisirs à 7 ans avec mon frère.

Marion Pardaille (19 ans, depuis 2 ans à Montpellier) : Quand j’étais en Afrique, à Djibouti, mon petit frère jouait et j’ai voulu essayer. Cela ne m’a pas trop plu au début. À 9 ans, je m’y suis remis et cela m’a vraiment intéressé. Depuis je n’ai pas arrêté. Cela me permettait de me défouler et j’ai créé une réelle passion autour du rugby.

Comment avez-vous atterri à Montpellier ?

Stessy Pimpit : J’ai fait deux avec les garçons au CREPS en Guadeloupe. Cela a abouti à partir en France parce qu’aujourd’hui en Guadeloupe ce n’est pas encore trop développé et on en peut pas poursuivre à haut niveau. On m’a proposé de venir à Montpellier ou à Toulouse et j’ai préféré Montpellier car j’y connaissais déjà du monde.

Marion Pardaille : Mon papa étant militaire, on a dû déménager dans le Sud. Il est originaire de Montpellier et voyait que je m’épanouissais au rugby. Moi je voulais augmenter mon niveau. Je commençais à me « lasser » car je stagnais. J’avais réellement envie de progresser et mon père me parlait justement de la section rugby à Montpellier pour les filles au lycée. Je me suis dit si ça marche tant mieux et sinon tant pis. Au final cela a marché et j’en suis très contente.

Vous êtes dans un club très bien structuré, avec une équipe première dans le Top 8. Quelles sont vos ambitions ?

Stessy Pimpit : Ce serait d’ici un ou deux ans d’exceller avec les Espoirs pour voir les sensations que cela donne. Et pourquoi pas être championne de France. L’équipe l’a été plusieurs fois d’affilé, je ne vois pas pourquoi on y gouterait pas.

Marion Pardaille : Ce serait de pousser mon niveau au maximum et au moins jouer dans le Top 8. J’aimerai voir jusqu’où je peux aller. Et faire partie surtout de cette génération qui va peut être faire monter le rugby féminin au plus haut. On est une grosse génération qui arrive et qui pousse depuis que l’on est jeune.

Qu’a t-elle de particulier votre génération ?

Stessy Pimpit : Je suis arrivée à la section rugby de Mermoz on était 15. Maintenant on est 35. La coupe du Monde a permis que le rugby féminin se développe d’une façon incroyable. Au club, on est 40 alors qu’au début les filles étaient 12 à l’entraînement. En Guadeloupe, il y a 5 clubs de filles alors qu’au départ on jouait avec les garçons. Même dans les Antilles, je me rends compte que le rugby prend de la masse.

Marion Pardaille : À la base, je suis de Marseille. On était 5 filles à jouer avec les garçons. Grâce aux filles de mon âge, quelqu’un a pu monter un club avec une équipe cadette. C’est pour ça que je me dis que l’on fait partie de cette génération. On n’était pas beaucoup quand on a commencé le rugby et on voit que maintenant cela a tellement évolué.

Quand vous avez commencez, est-ce que l’on vous disait que vous faisiez un sport d’homme et est-ce que cela a évolué ?

Stessy Pimpit : Au début ma mère n’a pas du tout accepté que je fasse de rugby. Elle me disait que c’était un sport d’homme, que cela ne me convenait pas… Pourtant j’avais la carrure, j’affrontais des garçons de mon équipe qui étaient beaucoup plus petits que moi. Je m’y retrouvais, cela se compensait. Mais pour elle c’était un sport d’homme. Maintenant cela fait 11 ans que j’en fais et elle accepte beaucoup mieux.

Marion Pardaille : Mes parents ont toujours été très ouverts. Par rapport au physique moi, c’est complètement différent. Quand on me voit on me dit : « Ah tu fais du rugby toi ? (rire). Mais tu es une fille, tu es toute maigre, c’est bizarre ». Même des petits qui me disaient : « Quand tu es une fille tu ne fais pas du rugby ». Maintenant, suivant où on va, c’est beaucoup plus développé et accepté. Il y a quand même beaucoup de personnes qui disent que c’est un sport d’homme mais beaucoup moins qu’avant. Les mentalités changent et nous cela nous fait du bien.

Avec la sélection Grand Sud, c’était votre premier titre ?

Marion Pardaille : C’est vraiment le premier gros titre. Championne de France avec une sélection Grand Sud où la plupart des filles sont prises en équipe de France c’est génial. Cela faisait douze ans d’affilé qu’elles ont le titre. Avoir contribué à ça c’est une grosse expérience. Au départ, certaines filles se demandaient si elles n’allaient pas perdre pour la première fois avec nous. Tout simplement parce que l’on avait beaucoup moins de gabarit que les autres années. Nous étions une équipe beaucoup plus intelligente. Au final on s’est bien toutes entendues sur le terrain.

Stessy Pimpit : Cela nous a même étonnées que le deuxième soir quand on gagné les premier matchs c’était la folie. On ne se connait pas beaucoup mais l’ambiance était excellente. Je me suis même étonnée d’être comme ça avec des filles que je ne connaissais pas. C’était comme si on se connaissait depuis toujours. Et quand on s’est quittées c’était bizarre parce que cela laissait un vide.

Le regard de Serge Blancher, entraîneur des Féminines Espoirs : « Ce sont des joueuses à potentiel qui sont en train d’éclore petit à petit et qui se confrontent cette année au niveau senior. Stessy a un fort potentiel en devenir. Marion c’est sa deuxième année avec nous en Seniors. Pareil, un fort potentiel à un poste d’arrière qu’elle expérimente cette année. Vanessa monte de Cadettes et fait des supers matchs avec nous en étant meilleur marqueuse d’essai. Livia est montée de Cadettes et a intégré tout de suite le Top 8 parce qu’elle a des potentialités très intéressantes. Elle est très sérieuse, ultra appliquée et a l’objectif d’être au plus haut niveau. Léa a d’abord été formée à Béziers avant de nous rejoindre en Cadettes. Elle a intégré le groupe du Top 8 et fait des matchs à la fois avec elles et avec les Espoirs ».

Vous avez évolué avec des joueuses sélectionnées en équipe de France, cela vous donne envie ?

Ensemble : Carrément. C’est l’objectif de toute fille qui est dans un bon club de rugby comme ici.

Et vous sentez que vous en êtes proche ?

Ensemble : (rire) Non pas encore.

Marion Pardaille : Après, proche non mais sur la bonne voie pour évoluer à notre niveau. Avoir goûté le haut niveau, car on nous a clairement dit que ça l’été, cela nous a fait du bien. Personnellement cela m’a permis de savoir où j’en étais et à quel niveau je pouvais être. Et surtout qu’est ce que je dois encore travailler pour vraiment exploser. L’équipe de France pas aujourd’hui mais plus tard.

Au delà du titre qu’est ce que vous a apporté cette sélection ?

Stessy Pimpit : Les remarques que l’on m’a faites m’ont donné un déclic. Les choses positives qu’ils nous ont donné cela donne envie de travailler nos points faibles et d’aller plus loin.

Marion Pardaille : Cela m’a ouvert les yeux sur le niveau du club de Montpellier, sur les filles du Top 8 et les Espoirs. On s’est retrouvées avec des filles du Top 8 quand même. Je me suis dit que je pouvais jouer avec des filles de ce niveau alors qu’à l’entraînement quand on joue contre des filles du Top 8 c’est compliqué. Donc à Montpellier on a un bon niveau et on peut exploser à tout moment. Il ne faut jamais lâcher.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *