Montpellier : Saurel veut redonner de la lumière au domaine Bonnier de la Mosson

Longeant la Mosson entre Juvignac et les quartiers de Celleneuve et de la Paillade, le domaine Bonnier de la Mosson va faire l’objet d’une analyse par la Métropole en vue de sa réhabilitation. Entreprise irréalisable sans l’aide de l’État. C’est pourquoi Philippe Saurel compte faire appel au ministère de la Culture par le biais d’une loterie nationale pour redonner du lustre à ce bijou architectural du siècle des Lumières.

Une « Folie » du XVIIIe tombée dans l’abandon

Construite entre 1723 et 1727, cette « Folie » du XVIIIe siècle était la propriété de Joseph Bonnier, issu d’une riche famille de marchand drapier également trésorier de la Bourse des États du Languedoc. Philippe Saurel présente également cette illustre personnage intéressé par la culture et les sciences comme « le père de la franc maçonnerie montpelliéraine » (ndlr : voir également l’interview de Philippe Saurel paru dans L’Express en 2004 sur La Saga des franc-maçons de Montpellier). Acquis par la Ville en 1983, le domaine Bonnier de la Mosson, est classé au monument historique en 2003. Mais depuis, les regards se sont détournés du lieu qui « est utilisé chaque été et depuis de très nombreuses années comme terrain accordé aux gens du voyage » précise Philippe Saurel.

Georges Frêche a bien fait opérer à quelques restaurations, mais l’état actuel des bâtisses, des statues et des allées témoignent de l’abandon des lieux. D’autant que la propriété n’a pas connu un destin comme d’autres Folies de Montpellier. Croulant sous les dettes dues au rythme de vie fastueux et aux excès de son mari, la veuve de Joseph Bonnier la vend et plusieurs éléments sont éparpillés comme le raconte Philippe Saurel : « Les toiles qui ornaient le salon de musique sont aujourd’hui dans celui du château d’Assas appartenant à la famille Demangel. Les statues qui se trouvaient devant ont été exportées dans les allées de la Fontaine à Nîmes ou au Domaine d’O. Les grilles sont cédées au domaine de l’Engaran ».

40 M € à investir dans la réhabilitation

Le président de la Métropole l’avoue : « Il y a une semaine je ne connaissais pas Bonnier de la Mosson et je me suis dit il faut vraiment que tu le vois ». Il récupère donc les clés du domaine et part le visiter en soirée : « Quelle émotion ! C’est peut être l’un des plus beaux chefs d’oeuvre du XVIIIe en terme d’architecture que nous possédons à Montpellier ». Le coup de coeur est évident : « Ce lieu est une énigme, une interrogation depuis une dizaine d’années et qui mérite que l’on s’y intéresse ». Cela passera donc par une réhabilitation du domaine de 18 hectares, en comprenant 16 pour le parc, dont « inondable à70 % ».

Philippe Saurel avance un investissement de 40 M € : « Cela demande une analyse très fine en terme d’urbanisme à faire avec les Monuments Historiques et la DRAC ». C’est pourquoi il lancera une étude en précisant : « Il est bien évident que seule, la Métropole ne pourra pas restaurer le lieu ». Il compte donc solliciter l’aide de l’État : « J’ai noté que dans les propositions du ministère de la Culture, il y en avait une qui pouvait être adaptée. C’est celle que certains tirages de la loterie nationale de la Française des Jeux soit utilisés pour restaurer les bâtiments historiques ». Le président de la métropole écrira donc à Françoise Nyssen dans ce sens. En novembre, la ministre de la Culture a proposé que soit organisé, comme c’est le cas au Royaume-Uni, un tirage spécial du Loto et un nouveau jeu de grattage lors des journées du patrimoine afin de compléter le budget consacré à la restauration du patrimoine. L’État consacre un budget de 326 M€ par an aux monuments historiques et ces jeux pourraient rapporter 20 M€.

Tandis qu’il l’a découvert il y a une semaine, Philippe Saurel ne cache pas son amour pour le lieu : « Ce bâtiment est historique, ce lieu est très connoté siècle des Lumières. Ce domaine nous ne le vendrons pas tant que je serai au commande parce qu’il est l’âme de Montpellier. Bonnier de la Mosson est un grand personnage de Montpellier, c’est un homme des Lumières ». Quand à l’usage qu’il lui destine, s’il est encore trop tôt pour le savoir, le président de la Métropole imagine : « Si j’avais totalement la liberté, je créerai ici le Temple de la Raison qui avait été envisagé par l’architecte Dartain au XVIIIe siècle et qui n’a jamais été construit à Montpellier. Le Temple de la raison et de la République sous les auspices de l’Être suprême, symbole de notre Première république ».

4 Comments

  1. charmante cohabitation à venir avec la population qui campe à côté et sur ce domaine .. .. Je demande à voir pour en rire

  2. Voilà une super initiative si cela se réalise.
    J’adore ce lieu mais mais je n’y vais plus car c’est à chaque fois plus déprimant de voir comment il continue de se dégrader. Surtout depuis que les magnifiques grilles de l’entrée ont été cédées au domaine de l’Engaran et remplacées par un portail mécanique (c’est une blague? ), des rangées d arbres rasés, les escaliers et statues saccagés…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *