Drame de Millas : autopsie des cinq collégiens au CHU de Montpellier

Les dépouilles des cinq collégiens et collégiennes âgés de 11 à 13 ans décédés dans la terrible collision survenue entre leur bus scolaire et un TER, au passage à niveau de la route de Saint-Féliu-d’Amont, à la sortie de Millas, jeudi à 16h10 ont été autopsiées vendredi et samedi à l’institut médico-légal du CHU Lapeyronie, à Montpellier, selon une source proche de l’enquête, jointe ce lundi par Métropolitain.

Ces autopsies étaient incontournables dans le cadre de la procédure judiciaire très complexe et qui s’annonce longue, qui est ouverte pour les délits présumés de homicides et blessures involontaires aggravés, sous la direction du pôle spécialisé dans les catastrophes collectives du parquet de Marseille. Le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux s’est déplacé le week-end dernier dans les Pyrénées-Orientales, où il a lui même procédé à l’audition de la conductrice du car scolaire, une Catalane de 48 ans.

Versions contradictoires

Grièvement blessée, mais hors de danger, elle a confirmé au procureur, en présence de gendarmes de la section de recherches de Montpellier chargés de l’enquête, que les barrières du passage à niveau étaient levées et que le signal d’alerte clignotant en rouge en principe annonçant l’arrivée imminente d’un train ne fonctionnait pas…Une version, qu’elle avait déjà livrée au patron de la société de transports de Toulouse qui est contraire à de nombreux autres témoignages, notamment celui d’un automobiliste arrêté dans l’autre sens de circulation, à cause de la barrière baissée.

Pourtant, le père d’un élève et un collégien présent dans le deuxième car scolaire qui suivait celui qui a été coupé en deux par le train exprès régional avaient, dès jeudi soir, affirmé que les barrières étaient levées, incitant la conductrice à s’engager.

Bataille d’experts

Pour l’heure, la SNCF refuse d’entrer dans la polémique qui va donner lieu à une bataille d’experts qui s’annonce longue et qui va être pénible à gérer pour les familles des victimes, toutes domiciliées à Saint-Féliu-d’Avall, endeuillée. Un rassemblement silencieux a réuni la population, abattue, ce dimanche, en attendant la préparation des obsèques, dont la date n’est pas encore fixée.

Le TER et le car scolaire placés sous scellés judiciaires sont déjà aux mains d’experts, tandis que d’autres se penchent sur l’éventuel dysfonctionnement du système d’alerte de l’arrivée d’un train à ce passage à niveau. Les barrières n’étaient-elles baissées que d’un seul côté ? Cette hypothèse n’est pas exclue, ce lundi.

Le procureur de la République de Marseille devrait ouvrir une information judiciaire dans la semaine. Dès lors, c’est un juge d’instruction de la Juridiction interrégionale spécialisée -Jirs- qui dirigera les investigations des gendarmes montpelliérains.

>> Le bilan s’est alourdit ce lundi soir avec le décès d’une sixième victime qui était dans le car scolaire.

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