Drame ferroviaire de Millas : cinq collégiens tués

Le préfet des Pyrénées-Orientales a démenti ce vendredi à la mi-journée le décès d’un des blessés graves, pourtant annoncé officiellement ce matin, après l’accident ferroviaire de Millas, jeudi : le bilan est donc de cinq morts et de dix-neuf blessés, dont dix en état d’urgence absolue. Le pronostic vital est engagé pour cinq d’entre-eux, tous des collégiens.

Deux des élèves se trouvaient ce matin en état de mort cérébrale, selon nos informations et l’un d’eux est mort, ce qui expliquerait ce dérapage dans le bilan officiel donné à la presse par les autorités.  Il s’agit d’une collégienne âgée de 11 ans.

Le drame s’est produit jeudi à 16h10, lors d’une collision entre un bus scolaire et un train exprès régional -TER- sur le passage à niveau de la route de Saint-Féliu-d’Amont, à Millas, à vingt kilomètres à l’ouest de Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales. La collision a fait aussi dix-neuf blessés : neuf étaient dans un état grave ce vendredi matin et les dix autres sont hors de danger. Le bilan est provisoire.

Toutes les victimes ont été identifiées au cours de la nuit. Le gouvernement a annoncé ce matin la nomination d’un coordinateur pour aider les familles « dans la durée ». Bouleversés, le Premier ministre, Édouard Philippe et la ministre des Transports, Élisabeth Borne se sont rendus sur place dès hier soir, avec Guillaume Pepy, le directeur de la SNCF et Carole Delga, la présidente du conseil régional Occitanie -Pyrénées-Méditarranée-, ainsi que le préfet du département.

Cellule d’urgence médico-psychologique

Le dernier communiqué officiel de la préfecture des Pyrénées-Orientales fait état de 24 personnes impliquées. Quatre sont décédées. Ce sont tous des collégiens. Vingt autres ont été blessées, dix en urgence absolue et dix en urgence relative. Elles ont été transportées vers les centres hospitaliers de Perpignan, Toulouse et Montpellier. L’hélicoptère de la Sécurité civile de l’Hérault, le Dragon 34 a été engagé ave à son bord un médecin du Sdis 34.

D’importants dispositifs de secours ont été mobilisés : 95 sapeurs pompiers, 52 gendarmes et 12 personnels du Samu. La prise en charge des victimes et leur évacuation ont aussi nécessité quatre hélicoptères de la sécurité civile et de la gendarmerie. Le plan blanc élargi, le plan Novi -pour Nombreuses victimes- et le plan rouge ont été activés.

Une cellule d’urgence médico-psychologique, composée de deux psychologues et quatre infirmiers psychologues, a été mise en place à 17 h 45, à la demande du Samu 66. Un accueil des familles a également été organisé au collège et à la halle sportive de Millas, en présence de l’équipe éducative du principal et de deux psychologues de l’éducation nationale.

La conductrice du car grièvement blessée

L’accident s’est produit à 16 h 10, au passage à niveau 25, sur l’axe Perpignan-Villefranche-de Conflent, à Millas. La collision entre le TER et le car qui transportait une vingtaine d’adolescents à destination de trois communes voisines a été d’une violence extrême, puisque le véhicule a été coupé en deux. La conductrice âgée de 48 ans fait partie des blessés graves. Elle n’a pas pu être encore entendu.

Le cheminot qui conduisait le TER est indemne, mais en état de choc et n’a pas pu être également auditionné par les gendarmes de la section de recherches de Montpellier chargés de l’enquête par le procureur de la République de Perpignan, Jean-Jacques Fagni sur place pour diriger l’enquête judiciaire. Le procureur a précisé que des prélèvements sanguins pour vérifier les taux d’alcoolémie et de stupéfiants ont été effectués. Les résultats ne sont pas encore connus.

« Une scène de guerre »

La prise en charge des victimes « a été réalisée dans des conditions difficiles avec l’obscurité tombante », a dit le préfet. Il a fallu que les pompiers procèdent à la désincarcération des collégiens, coincés dans le car disloqué et dans un état grave. Le préfet a évoqué hier soir,  « une véritable scène de guerre ». Une dizaine de voyageurs étaient à bord du TER. Tous indemnes, mais choqués, ils ont été pris en charge par la direction régionale de la SNCF de Montpellier

>> Deux numéros d’urgence et d’assistance psychologique sont en place : le 0800 120 821 pour la SNCF et le 04 68 57 35 03 pour la mairie de Millas. Le collège de la commune est ouvert ce vendredi « pour que les élèves puissent libérer leur parole ».

L’enquête judiciaire pour « homicides et blessures involontaires » se poursuivait ce vendredi matin. Trente enquêteurs sont mobilisés, indique ce vendredi le colonel Jean-Valéry Lettermann, qui commande la région de gendarmerie du Languedoc et du Roussillon, à Montpellier, entouré du lieutenant-colonel Thierry Duffau, l’officier de communication.

Les gendarmes de la section de recherches de Montpellier et de brigades de recherches du groupement des Pyrénées-Orientales s’attachent à déterminer les circonstances du drame ferroviaire, notamment en procédant à l’audition des conducteurs de cars scolaires et des élèves qui suivaient le bus scolaire percuté par le train. Le TER et le car scolaire ont été placés sous scellé judiciaire et vont être expertisés rapidement.
Des vérifications poussées portent sur l’état de fonctionnement des barrières et du système d’alerte d’un passage des trains, avec l’audition des conducteurs des TER qui ont emprunté cette ligne avant la catastrophe ferroviaire.

Les barrières baissées ou levées ?

Alors que le colonel Lettermann évoque qu’il « existe encore beaucoup d’incertitudes sur les circonstances de l’accident, notamment sur le fait de savoir si les barrières étaient baissées ou levées », des collégiens assurent ainsi avoir entendu pendant de longues secondes le puissant klaxon du TER, d’avoir aperçu la moitié du car devant eux bloqué sur les rails, avec les barrières du passage à niveau qui n’étaient pas baissées et l’alarme rouge annonçant l’arrivée imminente d’un train qui ne clignotait pas…Puis, ils ont entendu le choc, telle une explosion.
Un père d’un des collégien est formel : aucune des barrières n’a été brisée. Il s’interroge : dès lors, comment le car des élèves a-t-il pu s’engager sur les voies sans pulvériser les barrières. Il évoque un vol de batterie commis dans la journée, qui aurait entraîné le dysfonctionnement. Aucun signalement n’aurait été fait toutefois, ni à la SNCF, ni à la gendarmerie.
Un témoin direct de l’accident qui se trouvait au volant de sa voiture dément cette version, ce matin : il a vu les barrières baissées et le car s’engager…
Une enquête administrative est en cours, également, à la demande du préfet des Pyrénées-Orientales. Les investigations seront vraisemblablement très longues.
À quelques jours de Noël, Millas et des villages voisins sont en deuil.

1 Comment

  1. Si les barrières avaient été baissées le car n’aurait pu passer sans les casser car un car n’est pas une voiture !
    Donc attendons les conclusions de l’enquête mais c’est peut-être un problème de signalisation ferroviaire mais n’oublions pas les cols des batteries de secours fréquents dans nos régions….

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