Drame ferroviaire de Millas : l’enquête est menée de Marseille

Le pôle spécialisé dans les accidents et les catastrophes collectifs au sein de la Juridiction interrégionale spécialisée -JIRS- du parquet de Marseille, le plus important de l’arc méditerranée englobant les juridictions d’Occitanie, dont les tribunaux de grande instance de Montpellier et de Perpignan, a été saisi ce vendredi de l’enquête judiciaire sur le drame ferroviaire d’hier, à un passage à niveau de Millas : un TER et un car scolaire sont entrés en collision.

Le bilan officiel fait état à 13h45 de cinq décès -quatre élèves- et de vingt blessés, dont dix graves, dont la conductrice du véhicule âgée de 48 ans et dix légers. Mais, il n’est que provisoire, deux des blessés dont le pronostic vital est engagé étant depuis 10h ce vendredi en état de mort cérébrale.

L’enquête judiciaire qui ne fait que commencer a été confiée aux gendarmes de la section de recherches de Montpellier et du groupement de gendarmerie des Pyrénées-Orientales. Trente enquêteurs de la gendarmerie sont engagés actuellement, a indiqué ce vendredi le colonel Jean-Valéry Lettermann, commandant de la région de gendarmerie du Languedoc et du Roussillon, commandant en second de la région de gendarmerie Occitanie.

Le colonel Lettermann a souligné que, « au stade actuel des constatations et des témoignages recueillis, il était prématuré de dire si les barrières au passage à niveau de la route de Saint-Féliu-d’Amont, à Millas étaient baissées ou relevées au moment de l’accident ». Le conducteur du TER, indemne, mais choqué a pu être entendu, toutefois. Pas la conductrice du car scolaire âgée de 48 ans, qui est grièvement blessée.

Deux pôles similaires en France

En vertu d’un décret publié lundi au « Journal officiel », du 13 décembre 2011, deux pôles judiciaires spécialisés dans les accidents collectifs ont vu le jour, à Paris et à Marseille. Le principe est de regrouper dans ces deux structures, « la poursuite, l’instruction et le jugement des délits d’homicides ou de blessures involontaires dans les affaires qui comportent une pluralité de victimes et apparaîtraient d’une grande complexité ».

Dans une circulaire, le ministère de la Justice définit les deux principaux champs d’application : les « accidents collectifs de transport de personnes, notamment en matière aérienne ou ferroviaire », et les « catastrophes liées aux risques technologiques », tels que les enquêtes sur le crash du Concorde, sur la catastrophe d’AZF ou sur l’accident de train de Brétigny-sur-Orge auraient.

L’objectif est de confier à des magistrats dédiés ces enquêtes particulièrement techniques. Un mouvement de spécialisation que la justice a déjà entamé avec la mise en place d’un pôle antiterroriste, de deux pôles santé publique et d’un parquet national financier.  La centralisation des dossiers doit aussi éviter d’étouffer des petites juridictions, pas préparées à absorber des enquêtes de ce type, comme le parquet de Perpignan.

Dans l’ensemble, la naissance de ces pôles avait été bien accueillie à l’époque par les victimes, comme par les magistrats. Le pôle des accidents collectifs du paquet et de la JIRS de Marseille a notamment traité la catastrophe aérienne de l’Airbus précipité par le pilote dans une montagne des Alpes du Sud, au sud de Grenoble.

Le procureur de Marseille livre des informations

Ce vendredi à 18h, le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux a déclaré, lors d’une conférence de presse que, « sur les 14 témoins déjà entendus par les gendarmes, ils ont une majorité à dire que les barrières du passage à niveau étaient fermées. Mais, des investigations techniques se poursuivent ». Il a précisé que le conducteur du TER a été entendu : « Il se souvient d’avoir vu le car scolaire s’engager alors que les barrières étaient fermées ».

Curieusement, la conductrice du car n’a pas pu être interrogée, car elle est grièvement blessée, dixit le procureur, mais le directeur général de la société de transports, dont le siège est à Toulouse assure ce soir avoir pu brièvement parler avec la conductrice du car sur son lit d’hôpital et affirme qu’en toute lucidité, elle à le souvenir des barrières levées et du signal d’alarme qui doit clignoter en rouge pour annoncer l’arrivée imminente d’un train ne fonctionnait pas…

Enfin, Xavier Tarabeux a ajouté que six des blessés graves étaient en pronostic vital engagé. La plupart sont hospitalisés au département anesthésie réanimation -DAR- au CHU de Montpellier.

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