Prison de Béziers : un détenu se faisait passer pour un commissaire de police !

Un détenu de la maison d’arrêt du Gasquinoy à Béziers qui se faisait passer pour « le commissaire de police Parent » et qui avec trois autres complices présumés, également incarcérés dans cette prison, sont soupçonnés d’avoir escroqué par rue quelque 150 personnes âgées, dont une majorité de femmes sur l’ensemble du territoire, en utilisant simplement leur téléphone portable depuis leur cellule ! Le préjudice est estimé à 80’000 euros.

Les victimes ont toutes reçu un appel d’un individu se présentant comme commissaire de police pour leur demander de lui communiquer, dans l’urgence toutes les coordonnées de leur cartes bleues -numéro, crytogramme de sécurité et code secret-, en les prévenant que leurs comptes bancaires venaient d’être la cible d’intrusions,notamment de « phishing ».

Prénoms anciens

Depuis leur cellule, les escrocs particulièrement audacieux avaient relevé, sur Internet des identités choisies au hasard en France avec des prénoms anciens, synonymes de proies fragiles et vulnérables. 150 victimes ont été piégées en quelques mois, mais les escrocs ont enregistré un taux d’échec très élevé, puisque de nombreuses personnes âgées ayant flairé une arnaque ont refusé de donner les coordonnées de leur carte bancaire.

Des centaines de tentatives d’escroqueries seraient imputables à cette équipe qui avait quatre complices en dehors de la maison d’arrêt. La division économique et financière du Service régional de police judiciaire -SRPJ- de Montpellier, chargée de l’enquête sous la direction du procureur de la République, Yvon Calvet dans un premier temps, puis d’un juge d’instruction ont procédé à l’interpellation des huit suspects par vague depuis le 28 novembre.

Petits achats

Sur les huit, quatre ont été retrouvés dans les prisons de Nîmes, de Toulouse et donc de Béziers, où a été retrouvé le faux commissaire de police Parent. Extrait mardi de sa cellule du Gasquinoy, il a été placé en garde à vue, avant d’être mis en examen ce jeudi et transféré dans une autre maison d’arrêt de la région. Les trois autres détenus ont également été mis en examen ces derniers jours.

Pour éviter d’attirer l’attention, ils passaient des commandes via Internet ou sur des jeux et des paris en ligne, mais pour de faibles achats, autour de 100 euros en moyenne. Mais, quand les personnes âgées recevaient leurs relevés bancaires mensuels, elles détectaient des retraits anormaux, comme cette mamie qui n’a jamais parié en ligne à des courses de PMU ou une autre qui n’a jamais joué au poker de sa vie.

Des plaintes étaient déposées contre X et les investigations conduisaient toutes à la maison d’arrêt de Béziers et à des détenus, dont le fameux faux commissaire de police Parent.

Vrais policiers

Les victimes s’étaient, en effet souvenu d’avoir reçu un appel d’un individu se présentant comme un policier, à qui elles avaient bien imprudemment communiqué les coordonnées complètes de leur carte blanc, ayant vraiment cru que leurs comptes bancaires avaient été piratés par des escrocs.

L’ensemble des 150 procédures ont été regroupées au parquet de Béziers qui a saisi les -vrais- policiers du SRPJ de Montpellier, qui ont rendu visite mardi à leur « collègue » Parent. Au total, ce mode opératoire astucieux de ces détenus ayant opéré en bande organisée avec un seul téléphone portable porte sur un préjudice de 80’000 euros. D’autres victimes pourraient se manifester, notamment dans la région. Pour l’anecdote, aucune personne âgée n’est tombée dans le piège dans l’Hérault.

Les mis en examen âgés de 23 ans à 36 ans se trouvaient déjà en détention dans les prisons de Béziers, Nîmes et Toulouse pour vols, cambriolages, menaces de mort et…escroqueries !

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