FOCUS. CHU de Montpellier : la plate-forme logistique sort de l’ombre

Le CHU de Montpellier célèbre ce vendredi les vingt ans de sa plate-forme logistique d’approvisionnement, implantée sur le site d’Euromédecine. Incontournable dans le bon fonctionnement des cinq hôpitaux principaux -Lapeyronie, Arnaud-de-Villeneuve,Saint-Éloi, Gui-de-Chauliac et la Colombière-, elle est pourtant totalement méconnue des Montpelliérains. Coup de projecteur sur 

Cette plate-forme d’approvisionnement a été la première à voir le jour au sein des hôpitaux publics français, suscitant l’intérêt à l’époque, en 1997, de l’Assistance publique de Paris. Vingt ans après, la direction générale du CHU de Lyon sera à Montpellier en janvier prochain pour s’inspirer de cette unité, véritable fierté locale sur 5 000 m2 de surface au sol et de 9 m de haut, abritant quelque 10’000 produits référencés, dont 2 000 médicaments et 2 000 dispositifs médicaux stériles.

Les 60 agents -magasiniers, préparateurs, transporteurs, pharmaciens- affectés à la plate-forme, auxquels s’ajoutent leurs 50 collègues répartis dans les cinq hôpitaux d’ici ne chôment pas : ils alimentent au quotidien les 630 points de livraison via 20 tournées quotidiennes, ils gèrent chaque jour 1 500 bacs, 200 armoires et 50 contenants isothermes.

7 000 lignes par opérateur par jour

« Il y a un autre chiffre à retenir et pas des moindres : 7 000 lignes de préparation sont réalisées chaque jour par chaque opérateur, ce qui donne une idée de l’activité ici. Une ligne de préparation signifie un acte pratiqué, comme aller chercher un carton de seringues. Imaginez ce que représentent 7 000 actes par agent et par jour », révèle Marc Dillies, le responsable de la logistique au CHU de Montpellier.

Ce vendredi matin, lors d’une visite des lieux, Métropolitain a pu constater combien l’entrepôt du parc Euromédecine ressemble à une ruche, avec un personnel qui s’agite devant le bâtiment, à la réception, devant les tapis roulants, dans le « blockhaus » qui recèle 1 800 produits stérilisés sensibles et dans les immenses et hautes travées où sont posés les armoires. On se croirait chez Ikéa, dans les allées de réception des colis, mais en dimension dix fois plus importantes ici.

Modernisations et projets

Depuis 1997, des améliorations ont été sans cesse apportées pour le bon fonctionnement de cette unité logistique indispensable : ajout d’une traçabilité logistique des livraisons, réorganisation de la fonction transport, logiciel de gestion des stocks, modernisation de l’automate du convoyeur, avec un transport automatisé pour augmenter le déplacement des magasiniers.

Deux projets sont sur les rails : la construction qui débutera l’année prochaine de deux quais supplémentaires dédiés à la réception, séparés des quatre quais existants, avec une livraison prévue en 2019. Et la démolition du « blockhaus » dans la zone de préparation des dispositifs médicaux stériles, en les transférant dans cinq tours de stockage hautes de 9 mètres.

Deux années de travail

Flash-back : le projet de construction de cette plate-forme logistique intégrant un process dit « intelligent » est né bien avant la fermeture fin 1996, de l’hôpital général et de l’hôpital Saint-Charles à Montpellier. La pharmacie principale et la plupart des magasins des services économiques étaient installés sur un site précaire, devenu trop petit.

Le choix s’est donc porté sur la réalisation de cette plate-forme logistique de haut niveau et performante dans le parc Euromédecine, à deux pas de la route de Ganges, à proximité du CHU Lapeyronie et des quatre autres hôpitaux principaux, la première du genre du territoire français, grâce à une mécanisation et à une automatisation poussée. Deux années de travail ont été nécessaires, le dossier ayant été préparé dès 1994 pour que la plate-forme puisse être opérationnelle en 1997.

Près de 2 millions de repas

« Cette plate-forme regroupe la direction des services économiques, les services pharmaceutiques qui fonctionnent 24h sur 24, via une astreinte en dehors des jours ouvrés du lundi au vendredi de 6h à 18h, les consommables médicaux et également le service hôtelier et de la restauration », souligne Marc Dillies.

Dans des hangars voisins de la plate-forme logistique, d’autres salariés du CHU s’affairent, mais pas autour de bacs et d’armoires, mais dans des cuisines : c’est de là que sont préparés et livrés les plats mitonnés chaque jour pour les repas des malades et du personnel. Un chiffre, encore, donne une idée de l’activité déployée autour des fourneaux : près de 2 millions de repas ont été servis en 2016, très exactement, 1’911’364.

Une certitude à la lecture de ces statistiques qui donnent le vertige : avec 11’500 salariés, le CHU de Montpellier reste de loin le premier employeur de l’Hérault, voire de l’ex-région Languedoc-Roussillon.

Marc Dillies, responsable de la logistique au CHU de Montpellier. Photo JMA. Métropolitain.
Dans les travées du bâtiment de 5 000 m2. Photo JMA. Métropolitain.
Des agents s’activent dans la plate-forme logistique du CHU de Montpellier. Photo JMA. Métropolitain.

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